Ma fille de 11 ans dit qu’elle est lesbienne, j’aimerais savoir comment l’aider


Bonjour Marie.

Je vous remercie de vous être confiée à nous.

Dans votre message, vous nous dites que votre fille de 11 ans s’affiche ouvertement comme lesbienne, mais qu’elle a été victime de rejet et de haine de la part des élèves de son école. Par conséquent, vous l’avez retiré de l’institution scolaire qu’elle fréquentait. Comme elle souffre beaucoup de cette situation, vous ne savez que faire…

Tout d’abord, permettez-moi de vous dire que je trouve admirable l’ouverture d’esprit que vous manifestez à l’égard de votre fille et tout l’amour que vous lui témoignez. Étant donné la situation qu’elle vit, elle a besoin de se sentir appuyé par sa famille. Il est donc important de ne pas la juger et de ne pas essayer de la « changer ». À mon humble avis, on naît homo, bi ou hétérosexuel; on ne le devient pas. Certaines personnes, pour toutes sortes de raisons, mettront plusieurs années à s’assumer; tandis que d’autres s’afficheront ouvertement comme homosexuel alors qu’elles sont très jeunes. J’imagine que si votre fille a décidé de s’assumer à l’âge de 11 ans, c’est sans doute parce qu’elle a senti que son milieu familial ne la jugerait pas, ce qui est un point très positif.

Par rapport à la question du coming-out, c’est-à-dire le fait d’accepter son homosexualité et d’en parler ouvertement, je pense qu’il n’est pas mauvais d’inciter votre fille à faire preuve d’une plus grande discrétion. Bien sûr, il ne s’agit pas de lui donner l’impression que ce qu’elle ressent pour les filles est mal, mais plutôt de lui faire comprendre que l’homosexualité est un sujet tabou lors de la préadolescence et de l’adolescence elle-même et qu’elle aurait intérêt, dans les circonstances, à bien choisir les personnes à qui elle décide d’en parler.

Comme vous ne nous avez pas indiqué de quel coin du monde vous provenez, il ne m’est pas facile de vous donner des références. Si jamais votre fille éprouve le besoin de parler de ce qu’elle vit avec quelqu’un de son âge, elle peut visiter la « Zone des AlterHéros » qui se trouve sur notre site. En s’y créant un profil, elle pourra facilement entrer en contact avec des ados gays et lesbiennes et se faire ainsi des alliés pour affronter les moments plus difficiles. Je vous recommande aussi de lui parler de l’organisme « Jeunesse, J’écoute » (www.jeunessejecoute.ca/fr). En allant sur leur site Internet, votre fille n’aura qu’à cliquer sur « Pose ta question », en haut, à gauche de l’écran, et écrire un commentaire auquel un intervenant pourra répondre. Si vous habitez le Québec, elle peut téléphoner à ce même organisme (tél : 1-800-668-6868), dans le cas où elle préférerait parler à quelqu’un.

Vous-même, si vous voulez en savoir davantage sur les problématiques liées à l’homosexualité, je vous conseille de contacter la ligne d’aide « Gai Écoute » (tél : 514-866-0103, pour Montréal, et 1-888-505-1010, pour le reste du Québec). Bien sûr, si vous décidez de réintégrer votre fille dans une école – et je pense bien qu’il faudra, tôt ou tard, passer par là -, je ne saurais trop vous recommandez de rencontrer au préalable la direction de ladite école, ainsi que le psychologue, afin que la situation de votre fille soit connue de gens compétents qui pourront lui apporter un support dans les moments difficiles. Si jamais vous avez d’autres questions à nous poser, ou si votre fille elle-même éprouve le besoin de se confier, n’hésitez surtout pas à nous contacter à nouveau : nous serons toujours là pour vous aider!

L’un des éléments-clefs du bonheur de votre fille réside très certainement dans cet amour que vous lui témoignez, de même que dans le respect que semblez avoir pour son orientation sexuelle. Cependant, soyez vigilante : votre fille est à un âge où la personnalité se forme et s’affirme; mais c’est aussi un âge où l’on est vulnérable et très fragile. Sans chercher à vous alarmer, je me dois de vous dire que le taux de suicide est particulièrement élevé chez les jeunes personnes homosexuelles qui vivent des situations de stress et d’angoisse. Par conséquent, n’hésitez jamais à aller chercher de l’aide si vous sentez que la situation vous dépasse.

En espérant que mes commentaires pourront vous aider, je souhaite à votre fille, Marie, de trouver la paix intérieure et je prie pour qu’elle vive dans la joie.

Bon courage!

Benoît

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