Le coming-out d’un Québécois à Paris


Témoignage

Bonjour à
tous!

En premier
lieu, félicitations pour le site qui, ma foi, en a aidé plus d’un. Je tenais
après avoir lu quelques témoignages à vous raconter mon histoire qui ma foi,
sort un peu de l’ordinaire. À première vue, je dois passer pour un prétentieux,
mais je vous assure que ce n’est pas le cas. Tout a commencé il y a à peine
deux ans de cela, en secondaire III (âge crucial où tout bon ado se pose mille
questions…) Je voyais bien que je n’étais pas comme les autres. À vrai dire,
on peut dire que tout le monde s’en doutait, parce que mon problème, c’est que
je n’étais pas trop discret, ou “subtile” comme le dirait certains.
Enfin bref, il est vrai que mes manies me trahissaient quelque peu, sans plus.
Depuis mon arrivée au secondaire, on m’avait étiqueté comme une
tapette…enfin, vous connaissez sûrement tous la chanson. Ça me blessait
beaucoup, parce qu’à l’époque je ne m’avouais pas trop, ou plutôt je me
reniais. En effet, comme pour plaire à la majorité, on aurait dit que j’ai
longtemps été porté à m’obstiner pour essayer de contrecarrer cette idée qui me
possédait totalement. Celle que les garçons m’attiraient davantage que les
filles. Aussi, habitant en région (Portneuf, près de Québec) il était évident
et clair que c’était mal perçu. C’est d’ailleurs une grande problématique
puisqu’une grande partie (près de la ½ au Qc) des gens vivent en région. Et
malgré ce que certains pourront nier, la conception de l’homosexualité dans les
régions n’est pas la même qu’en ville. C’est très mal perçu si je puis dire, de
quoi me décourager encore plus à sortir de ce bon vieux placard, me protégeant
si bien des paroles blessantes et des insultes criées en l’air par les gens de
mon entourage.

Les mois
passaient, et plus le temps filait, plus je me disais que mon placard ne me
servait plus à rien à présent, puisque les insultes étaient plus
répétitives que jamais. C’est donc la que j’ai explosé, ne sachant plus comment
me retenir davantage, ce merveilleux vendredi de mai, à Paris.

J’avais
effectivement participé à un voyage franco-québécois cette année là, et j’avais
rencontré quelqu’un qui me plaisait là-bas. Quand est venu le temps de quitter,
je me suis résigner à en parler, pour un court instant pour ensuite aller voir
ma meilleure amie. (Que je remercie d’ailleurs!) C’est elle qui la première m’a
écouté et surtout compris. Une chose que je tiens à préciser cependant, c’est
que j’avais peur, même très peur de me faire rejeter, de me faire renier par le
peu d’amis proches que j’avais. Et c’est ici que je lance un appel
d’encouragement à tous ceux qui me liront. Il est faux de croire que l’on va
tout perdre. Nos amis sauront nous accepter tel que nous sommes, peu importe
notre orientation sexuelle, notre religion ou notre couleur de peau. Ça fait
parti de nous et nous n’avons que d’autre choix que de vivre avec, tout comme
nos proches auront à vivre avec aussi! Je le sais, maintenant deux plus tard,
j’ai instauré le respect dans mon école. Mon amie lesbienne et moi avons
tellement évolué les choses après notre coming out à notre école!

Par la
suite, je ressentais le besoin d’en parler à mes parents. Phase de ma vie qui
d’ailleurs m’a beaucoup donné confiance en moi. Quand on se sent accepté chez
soi, ça va toujours mieux pour le reste. Je l’ai donc dit à ma mère, et sa
réaction fut simplement de me dire qu’elle le savait déjà! Elle s’en doutait,
je ne sais trop pourquoi, peut être parce que je jouais aux barbies étant
petit? lol Après, mon père est venu me voir dans ma chambre. Ma mère venait de
lui annoncer. Il m’a pris dans ses bras, s’est mis à pleurer et m’a dit que je
n’avais pas m’inquiéter. Il m’a dit qu’il serait toujours fier de moi et qu’il
m’aimait pour ce que j’étais, rien d’autre.

Mais bon,
je vais terminer mon cas. J’avais un ami qui comme moi, était gai. On ne
sortait pas ensemble, seulement on s’entendait bien. J’étais pour lui un genre
de model qu’il m’a dit, parce qu’il n’est pas encore avoué. Mais bon,
un matin, il n’allait pas bien et il est venu me voir en vélo. On a décidé
de prendre une marche, et rendus au bout de ma rue, une de mes amies de fille,
est arrivé en auto avec sont ami… Ça faisait longtemps qu’elle m’en parlait,
et tout le monde disait qu’on était pareil. Le problème était seulement que je
ne l’avais jamais rencontré. On est donc allés s’asseoir sur sa trampoline et
on a commencé à jaser. Deux jours plus tard, cette même personne
m’emmenait au cinéma et on s’embrassait. C’est l’homme de ma vie! Je sors
d’ailleurs encore avec lui, ça va faire 8 mois bientôt. Le truc a été de
l’annoncer à mes parents… Ils savaient que j’étais gai (depuis genre 3 mois
maximum.) mais moi, je le savais depuis mon arrivée au secondaire. Enfin bref,
j’avais peur qu’il juge notre amour parce que Kev a 23 ans, et moi seulement
17, mais bon, pour nous, l’âge n’avait pas vraiment d’importance!

J’ai
finalement pris mon courage à deux mains et je leur ai présenté. Mes parents,
contrairement à ce que je pensais, l’on très bien accepté. Maintenant, il fait
parti de  la famille et devinez qui l’aime le plus??? Mon père! moi qui
craignait tant sa réaction! Enfin bref, mon histoire est bien belle diront
certains, mais je sais que ce n’est pas tout  le monde qui a ma
chance. Et c’est surtout à eux que je m’adresse maintenant : NE DÉSESPÉREZ PAS!
VOICI CE QUI EST IMPORTANT!

L’important,
c’est de ne pas avoir honte de ce que l’on est! Personne n’a à porter de
jugement sur ce que l’on est. Après tout, l’homosexualité n’est pas une
maladie! Je crois que nous devrions tous en être fier, parce que c’est un petit
spécial qui nous tous (et toutes! n’oublions pas nos copines lesbiennes!
:P) un peu plus unique que les autres! Ne lâchez pas et ne craignez
plus les autres! On ne pourra jamais changer la pensée des autres, mais
par contre, on peut changer notre perception des choses! Ignorez les gens
méchants et croyez en la vie! C’est vraiment un grand message d’espoir que je
vous lance, parce que j’ai longtemps songé au suicide, mais à quoi ça
m’aurait mené? Je ne serais même plus là pour vous raconter ma
vie! Ça change si vite parfois! Il faut se faire confiance et être
confiant en la vie! Ne lâchez pas! Pour en revenir à l’histoire de
l’école, secondaire V aura été pour moi l’année qui a passé la plus vite,
certes, mais aussi celle durant laquelle j’ai eu droit au plus de respect! Je
n’ai jamais eu autant d’amies de fille de ma vie! lol Et c’est sur que la gente
masculine est plus distante, mais je comprends. Que voulez vous! J’ai toutes
leurs blondes pour moi! Je ne peux pas tout avoir! LOL Courage à tous! Prenez-moi
en exemple, je suis passé du petit garçon super introverti à l’extravagant
Franky que je suis aujourd’hui! Plus rien ne me gêne, et je ris fréquemment de
moi-même avec mes amies. Je n’ai jamais été aussi heureux!

Franky boy xx


About AlterHéros

Depuis 2002, AlterHéros répond à vos questions en ligne au sujet de la diversité sexuelle, de la pluralité des genres et de la santé sexuelle en général. Nous organisons aussi des activités pour les jeunes LGBTQIA2S+ de 14 à 30 ans et leurs allié.e.s.


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4 thoughts on “Le coming-out d’un Québécois à Paris

  • niNi[4HEr]

    AHHH! tu es tellement chanceux.
    Moi aussi mon secondaire 5 c’est tres bien passer… Mais ca fais déja plus d’un an que je suis célibataire et au Cégep je connais pratiquement personne qui est de mon orientation sexuelle. Ton témoignage m’a fais pleurer !! J’espere bien que toi et ton copain aurez une belle vie ^_^

  • Denis

    Et bien Franky boy ces vraiment bon ce que tu as raconté ne lache pas tu semble avoir une certaine force que ces pas tout le monde qui peut avoir la chance que tu as eu, je devrais suivre ton exemple… ! je suis content pour toi et je te souhaite la meilleurs des chances pour ton avenir ces cool ! prend soins de toi.
    Denis

  • @ude

    Salut Franky Boy!
    Tu es tellement chanceux! Et c’est super ce que tu racontes. La période d’avant la sortie du merveilleux placard est souvent la pire. Pour moi, me révéler au grand jour m’a fait le plus grand bien! Je suis contente pour toi et lâche pas!

  • Gi

    Allo,
    simplement un petit mot pour vous dire que je suis un parent d’un fils gay, et j’avoue que ça m’a sonné un peu , mais j’ai puisé dans la littérature , sur ce site , et apres a peine 1 mois , je vais beaucoup mieux…Mon fils commence son coming-out ,et je le trouve vraiment tres courageux et je suis tres fiere de lui….merci pour l,aide , et surtout , c’est a travers vos témoignages chers jeunes que j,ai évolué et compris plus rapidement…
    Gi