La bisexualité plus compliquée que l’homosexualité


Vers l’âge de 13 ans, j’étais tombée amoureuse d’un gars. Pour faire court, ça allait bien, mais il était plus vieux que moi et, croyez-le ou non, j’étais incapable d’oser l’embrasser. C’est quelque chose qui m’a hanté très très longtemps. Nous nous sommes donc laissés.

Un peu après avoir atteint mes 14 ans, je suis tombée amoureuse d’une fille. (Je vais lui donner le prénom fictif d’Éléonore pour la respecter). Ça m’a pris un an pour oser lui dire, car je n’avais aucun moyen de savoir si elle ressentait la même chose que moi, ou même si elle était attirée par les femmes. Ça a pris un autre 6 mois avant qu’elle ne me montre tranquillement, à sa façon, qu’elle était intéressée (oui, j’ai été assez patiente merci !).

Pendant cette année et demie, j’étais venue à ressentir quelque chose pour un gars. Nous sommes sortis ensemble pendant environ 2 mois, mais je savais qu’il n’y avait aucune chance que ça marche après une semaine: je n’éprouvais rien sinon un malaise quand je l’embrassait et il était hors de question que ça aille plus loin niveau sexuel. Mon malaise persistait même quand j’étais juste dans ses bras. J’ai donc rompu et je lui ai fait très mal.
J’ai répété la même situation avec un autre gars un an plus tard, juste avant qu’Éléonore ne me montre ses sentiments. Mais, je lui ai dit après une semaine que ça ne marchait pas.

Durant ces deux relations éphémères, j’étais toujours amoureuse d’Éléonore. Ce n’était pas mon attirance envers elle que je n’acceptais pas, mais je me disais: elle ne t’aime pas, tourne la page. Je n’ai jamais été capable.

6 mois après qu’elle m’ait fait comprendre qu’elle ressentait quelque chose pour moi, nous sommes entrées en relation. J’ai vécu des hauts et des bas. Je m’acceptais pleinement en tant que lesbienne, et je n’éprouvais aucune gêne à lui tenir la main en public, et trucs du genre (sans aller trop loin, bien sûr). Mais pas elle. Elle n’en était simplement pas capable, et je l’ai respectée.

Mais après 1 an et 3 mois de fréquentation, nous nous sommes laissées. C’était il y a 8 mois.

Moi, je me croyais sincèrement lesbienne, et mes échecs de relation avec les hommes me le prouvaient. Mais la vie m’en réservait toute une… je suis tombée amoureuse de mon meilleur ami, qui lui, était déjà amoureux de moi depuis 3 ans. Je n’étais pas certaine, au début. Mais tout y était, attirance physique comprise. J’étais vraiment mélangée… beaucoup plus que lorsque je me suis aperçue que j’aimais une femme ! C’était plus dur à accepter pour moi !

Comprenez-moi bien… de la façon dont j’ai vécu, il est «simple» d’aimer une personne du même sexe. Ou alors, d’être attiré par le sexe opposé. MAIS ça devient compliqué quand tu choisis d’entrer en relation, car tu ne sais jamais quand tu vas avoir envie de te retrouver dans les bras de l’autre sexe, car c’est très différent. C’est ma vision à moi.
De plus, j’ai souvent entendu des homos dire «les bisexuels c’est les pires !» Par chance, je n’ai pas de problèmes à m’affirmer, mais je me dis que ce n’est pas le cas de tout le monde. Alors, si vous êtes de ceux qui ont déjà mis les bisexuels dans le même panier de pommes pourries, dites-vous que c’est déjà assez complexe comme ça. Et que se sentir rejeté des deux côtés, c’est pas très sympathique. Ça m’avait quand même touchée.

Je suis avec cet ancien meilleur ami depuis presque 7 mois aujourd’hui, et il s’inquiète encore à savoir si j’ai envie d’une femme et si ce pourrait être une raison pour le tromper. Oui, il m’arrive d’avoir envie d’une femme. Mais non, je ne le tromperais pas. Mais j’ai beau lui répéter, il garde cette crainte.

Je trouve ça triste, parce que moi je m’assume, ça va. Mais pour ceux comme moi, qui ont plus de difficultés, il y a moins de ressources pour les bisexuels, surtout les bis qui sont des femmes ! Car la majorité sont en relation avec des hommes et couche avec une femme une fois de temps en temps. Pas moi, et il est vrai que c’est dur et mêlant. Mais quand j’aime, j’aime. Et c’est ça la clé de l’acceptation je crois.

Bonne chance à tous et à toutes, je vous souhaite de trouver la sérénité.


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Depuis 2002, AlterHéros répond à vos questions en ligne au sujet de la diversité sexuelle, de la pluralité des genres et de la santé sexuelle en général. Nous organisons aussi des activités pour les jeunes LGBTQIA2S+ de 14 à 30 ans et leurs allié.e.s.


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4 thoughts on “La bisexualité plus compliquée que l’homosexualité

  • Meli

    Je pense que le fait d’aimer un sexe ou l’autre, ou les deux n’est pas le problème de la demoiselle. Si son amoureux a des craintes qu’elle le trompe, c’est qu’il n’a pas confiance en lui et en sa relation. Si elle est dû pour le tromper, elle va le tromper, peu importe avec quel sexe.

  • baya

    je vien de découvrir alterhéros est en lisant les témoignages je me sui redécouverte

  • marc

    bonjour,
    pour ma par j’aurais cent préféré être bisexuel, et de loin,
    être bisexuel sa a l’avantage de pouvoir se fondre parmi les hétéros se qui aux vue des lois, ils peuvent bénéficier des privilège, du genre pouvoir donné son sang, ne pas subir de harcellement aux travail, et de ne pas être tabassé dans la rue jusqu’a la mort par des homophobes, et j’en passe.

  • roseflétrie

    la bisexualité est elle plus compliqué que l’homosexualité ? bon à mon avi oui et non ! en fonction de ce que nous espérons de cette vie, et de notre environnement social plus ou moins homophobe