Je songe à ne pas retourner dans mon pays après mes études…


Bonsoir. Depuis quelques mois que je vis en inde pour mon master, je ressens un sentiment de paix du fait d’être éloigné de ma famille et de certains proches hétéros en afrique. Parce que bien que ici je me cache mais au moins je n’ai plus le sentiment d’être mal a l’aise parce que je ne ramène aucune fille a la maison etc. Et je me dis d’aller vivre loin de ma famille dans un autre pays après mes études. Parce que j’en ai assez de vivre dans un mensonge et de toujours être coincé dans un placard. Je veux être honnête avec moi même et vivre avec la famille ne me le permet pas. Même si je sais qu’il y a des doutes qui planent sur mon compte tant qu’ils ne sont pas prouvé j’ai encore un sursis, car je sais, que le jour où le voile sera levée aucun membre ne voudra me parler et je serai renié. Je voudrais savoir si m’enfuir était la bonne solution. Dois je les faire face sachant que ma famille est conservatrice et homophobe?
Kev
Bonjour Kev,
Je te remercie de nous faire confiance et de nous écrire. Tu sais, tu n’es pas le seul à songer à fuir ton pays pour t’installer dans un pays où l’homosexualité est mieux acceptée.  En fait, tu vis déjà cette situation, puisque que tu résides présentement en Inde pour tes études. Cette opportunité t’offre l’occasion de tester si tu es en mesure de vivre sans côtoyer tes proches, et déjà tu te sens plus en paix.  Certes, l’homophobie existe partout et on ne peut complètement l’éviter, mais la distance d’avec ta famille semble être suffisante pour toi, du moins pour l’instant. Ta lettre semble dire que tu éprouves de la crainte de retourner auprès des tiens et que tu te fais rapidement à l’idée de demeurer à l’étranger. Mais, un doute subsiste et c’est compréhensible, car même s’ils sont homophobes, tu as sûrement de bonnes raisons d’aimer ta famille et de demeurer attaché à eux.
Tu parles d’être honnête avec toi-même et c’est effectivement très important. Tu es très lucide par rapport aux faibles chances que tes proches et ta société, dans ton pays, t’acceptent. Plusieurs gais et lesbiennes choisissent de rester dans leur pays pour se battre contre l’injustice, et c’est ce que tu auras probablement à faire si tu retournes dans ta famille. C’est un noble combat, mais tu dois t’en sentir capable. Puisque tu es déjà à l’étranger et que tu t’en tires bien, pourquoi ne pas poursuivre l’aventure? D’ailleurs, vivre dans d’autres pays pourrait t’amener d’autres bénéfices que de simplement pouvoir vivre ton homosexualité. C’est une chance unique d’enrichir ta culture et d’acquérir une expertise dans ton domaine. Si jamais tu reviens un jour dans ton pays, tu en sera un meilleur homme, avec un vécu qui te rendra plus fort. Qu’en penses-tu ?
Tu termines une maîtrise et c’est pour toi une excellente chose, car on ne peut nier qu’une éducation donne beaucoup de pouvoir sur sa vie. Plusieurs pays dits “industrialisés” sont en manque criant de main d’oeuvre dans plusieurs domaines nécessitant des études supérieures et accueillent favorablement celle qui vient de l’étranger. Plusieurs pays ont d’ailleurs des critères humanitaires qui font en sorte que la situation alarmante de certaines personnes gaies, lesbiennes et trans sont prises en compte lors de la demande de résidence.
Plusieurs organismes existent à travers divers pays pour s’occuper des immigrants LGBT. Ici au Canada nous avons Arc-en-Ciel d’Afrique qui connait bien la réalité africaine. Même si tu ne sais pas si le Canada sera un jour ta destination, je t’invite à leur écrire peut-être pourront-ils te mettre en contact avec des ressources.
Bon succès dans ta maîtrise et bonne réflexion! N’hésite pas à nous réécrire pour toute autre question!


About Élyse Vander

Élyse est enseignante au secondaire depuis 2005, ce qui l’a amené à développer sa capacité d’intervention auprès des jeunes. De plus, elle a une expertise dans le domaine de la transsexualité, ayant œuvré dans le milieu dans divers organismes depuis 2007.

Mon implication à AlterHéros me donne confiance que dans les prochaines années, les jeunes pourront de plus en plus assumer et vivre harmonieusement leur homosexualité, bisexualité ou transsexualité, particulièrement à l’école secondaire.

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