Est-ce qu’il existe des banques d’ovule ?


Bonjour Sofian.

Merci de t’être confié à nous.

Dans ton message, tu nous demandes s’il existe des banques d’ovules, ce qui te permettrait, étant gay, d’avoir éventuellement des enfants.

Malheureusement, il n’existe pas, à proprement parler, de banques d’ovules. La raison en est simple : tandis que n’importe quelle femme fertile peut recevoir le sperme d’un donneur et, ainsi, devenir enceinte, un homme qui aurait accès à un ovule ne pourrait, suite à la fécondation, porter l’embryon… d’où l’épineuse question des mères porteuses. En effet, il arrive que des couples gays ou, encore, des hétérosexuels infertiles fassent appel à des femmes qui acceptent de porter un embryon à la place des futurs parents. Cette pratique est tolérée au Québec, pourvu que la mère porteuse agisse bénévolement et sans nulle contrainte. À ce propos, l’article 541 du code civil statue que « toute convention par laquelle une femme s’engage à procréer ou à porter un enfant pour le compte d’autrui est nulle de nullité absolue ». Autrement dit, il ne peut y avoir de contrat et, le bébé mis au monde, la mère porteuse pourrait décider de le garder et de l’élever elle-même, sans que les autres « parents » n’aient de recours légaux. Par conséquent, songer à une telle solution pour régler ton problème ne semble pas très réaliste ou, à tout le moins, parsemée d’embûches…

Cependant, si tu éprouves le désir d’être père, tu pourrais envisager de devenir une « famille d’accueil ». Il y a, au Québec, un nombre important de jeunes de 0 à 17ans qui ont connu, auprès de leurs parents naturels, la négligence, la violence, le viol ou l’abandon et qui ont grandement besoin d’être confié à des adultes fiables qui sauront s’en occuper et les aimer. Pour devenir famille d’accueil, pas besoin d’être en couple. De même, les personnes homosexuelles, dans la mesure où elles répondent aux critères établis, peuvent prendre en charge ces enfants. Quels sont donc ces critères ? Il faut avoir l’espace nécessaire dans notre résidence, répondre à certaines normes d’hygiène, considérer l’enfant qui nous est confié comme un membre de la famille à part entière et, surtout, croire en son plein potentiel. Éventuellement, si les parents naturels abandonnent l’enfant ou s’ils sont jugés irresponsables, des démarches visant à adopter ce même enfant peuvent être entreprises. Pour les gays, c’est une alternative intéressante, dans la mesure où l’on dénombre seulement 13 pays sur 226 – dont le Canada – qui accordent aux personnes homosexuelles le droit d’adopter des enfants. Si tu veux plus d’information sur les démarches à suivre pour devenir famille d’accueil, je te conseille d’aller faire un tour sur le site du Centre jeunesse de Montréal (www.centrejeunessedemontréal.qc.ca).

Voilà ! En espérant que tu trouveras le moyen d’assouvir ce besoin de paternité, je t’invite, Sofian, à nous réécrire si jamais tu as d’autres questions.

Bonne chance !

Benoît

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