Comment fait-on l’amour ?


Chère Shanyce,

Je suis heureux de voir qu’Alterhéros t’interpelle et que tu nous aies écrit. En effet, ta question est simple et complexe à la fois.

En fait, “faire l’amour” peut signifier plusieurs choses : c’est un terme à connotation sentimentale qui implique un partage entre le corps et l’âme, où deux individus peu importe leur sexe se rejoignent. Je vais ici parler de la “relation sexuelle”, qui n’inclut pas nécessairement l’amour.

Je ne peux évidemment pas te donner un mode d’emploi : il n’y a pas de recette pour une relation sexuelle réussie. Il y a cependant des ingrédients nécessaires. Je vais essayer de rester dans le pratico-pratique, puisque je sens que ta question implique une réponse assez directive.

Il te faut d’abord et évidemment un ou une partenaire… de préférence une personne qui t’attire, ou à tout le moins avec qui tu as envie de partager cette aventure. Car il s’agit d’une aventure, l’inconnu complet… il n’existe pas de cours à l’école du baiser, des caresses, des préliminaires. Comment faire alors ? Apprends à connaître ton partenaire. Et connais-toi toi-même. Ne cède pas aux pressions sociales ni à ton/ta partenaire si tu te sens inconfortable. Il ne faut pas voir la première relation sexuelle comme un but à atteindre ou un obstacle à éviter, mais bien comme un cheminement. Il faut apprivoiser la découverte de l’autre, tant au plan émotif que physique. Trouve-toi un lieu intime, où tu n’as pas à craindre les autres, les parents, les amis, pas de risque d’être surprise en flagrant délit par ton petit frère.

Lorsque vous y serez ton/ta partenaire et toi, je vous encourage à discuter tous les deux, à parler de vos peurs ou de vos désirs… ne fantasmez pas sur un scénario idéal, mais vivez-le peu à peu, à petites caresses. Prends-lui la tête, la nuque. Embrassez-vous et variez les sensations sur votre corps… Massez, effleurez, pétrissez, sans oublier le moindre recoin. Ne vous acharnez pas sur une partie en particulier : vous avez tout un corps, profitez-en ! Si le doute plane et que tu deviens plus incorfortable, demande poliment à ton partenaire de s’arrêter, et remercie-le. Rien ne presse.

Tu sauras un jour quand tu auras envie d’aller un peu plus loin. Laisse-toi alors caresser plus intimement, et fais de même pour ton partenaire. La poitrine, le bas du dos, les fesses, l’intérieur des cuisses, autant d’endroits sensibles et électrisants… une fois de plus, évite les gestes mécaniques, laisse tes mains flotter sur le corps de ton partenaire… fais-toi guider par sa respiration… Mieux encore : donne l’exemple et saisis la main de ton conjoint (e). Guide sa main et montre-lui comment tu aimes être caressée.

La relation sexuelle que l’on dit “complète” hétérosexuelle signifie la pénétration du pénis dans le vagin. Pour ce faire, l’homme doit être capable de maintenir une érection. La position la plus simple et la plus commune est la position du missionnaire : la femme se couche sur le dos et écarte les cuisses de manière à exposer la vulve. Son partenaire vient se coucher alors sur elle, sur le ventre, de manière à ce que le pénis en érection se dirige vers l’entre-jambe de la femme. Plusieurs autres positions existent également, les énumérer serait trop long.

Pour une pénétration idéale et plus agréable, il faut compter sur une bonne lubrification. La femme produit naturellement un lubrifiant lors de la pénétration, mais aussi en anticipation lorsqu’elle est excitée. Pour les premières relations, un lubrifiant à base d’eau vendu en pharmacie peut faciliter le passage. Les condoms sont aussi munis la plupart du temps de lubrifiant et il s’agit d’une bonne habitude à considérer avant la pénétration. Une fois la position adoptée, l’homme et/ou la femme maintiendra le pénis vers l’entrée du vagin, en prenant soin d’écarter les petites lèvres. La femme vierge a souvent une peau protectrice qui demande à être rompue lors de la première relation sexuelle, l’hymen. Cette membrane de peau à l’intérieur des petites lèvres et du vagin est percée en son centre. En maitenant une pression délicate mais soutenue avec le pénis sur l’hymen ou avec des mouvements de va-et-vient progressif, on pourra rompre l’hymen et le pénis pénétrera plus pronfondément dans le vagin. Une fois de plus, je vous encourage à prendre votre temps, à sentir l’excitation.

Prie ton partenaire d’arrêter si tu ressens une douleur. Revenez alors aux caresses… reportez ce projet… attardez-vous sur le clitoris qui comble plus de femmes encore. Une fois l’hymen rompu, l’aventure se poursuit. Des mouvements du bassin, par la femme ou par l’homme, massages, baisers, tout peut s’entremêler, entrer, sortir, à vous de choisir votre histoire, votre rythme. Il s’agit de la plus belle des escapades à deux si faite dans le respect, dans le désir et dans l’amour.

Cela peut mener à l’éjaculation (l’orgasme) chez l’homme qui pourrait engendrer une grossesse… D’où l’importance de toujours porter un condom avant la pénétration qui vous protègera aussi contre le sida et l’hépatite B. On doit retirer le condom après l’éjaculation, et en mettre un nouveau si on désire recommencer.

Dans le cadre d’une relation avec une femme, les bases sont les mêmes. Il s’agit de s’écouter et d’explorer toutes les deux, avec l’avantage d’un modèle corporel plus semblable au nôtre.

Je t’invite donc à communiquer avant, pendant et après avoir fait l’amour. La relation sexuelle est avant tout une relation humaine qui se vit dans les sphères affectives.

Bref, je ne sais pas si j’ai répondu assez clairement à ta question aux mille réponses. Sois gré de nous réécrire pour plus de précisions au besoin, sincèrement,

Frédéric Picotte


About Frédéric Picotte

Frédéric est médecin de famille pratiquant dans la région de Shawinigan. Il a complété en mai 2008 mon doctorat en médecine à l’Université McGill et deux ans plus tard sa spécialité en médecine familiale via l’Université de Montréal. C’est l'une de ses amies, étudiante en psychiatrie, qui lui a présenté AlterHéros en 2008. Elle cherchait alors un bénévole qui répondrait de manière plus spécifique aux questions à thème « médical », ce qui a constitué la majeure partie de sa contribution jusqu’à maintenant.

J’aime m'impliquer à AlterHéros car on peut rejoindre et rassurer beaucoup de gens, peu importe l’âge, l’orientation sexuelle ou la culture. Je trouve intéressant que la majorité de nos visiteurs soient de jeunes internautes et qu’on puisse donc leur fournir une information de qualité et un espace pour poser des questions qu’ils auraient du mal à obtenir autrement.

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