Suis-je trop vieux pour être trans ?


 
Bonjour,
Je pense être un transgenre. Je suis passé par une phase de questionnement il y a de ça un an et, depuis, je vis en tant que garçon.
Je me sens bien, je n’ai plus honte de ma tête, ma nouvelle appellation me plaît beaucoup et j’ai enfin dépassé le dégoût que j’éprouvais envers mon corps. Mais certaines choses me rendent inquiet : je n’ai pas passé mon enfance à jouer aux petites voitures comme la plupart, je mettais des robes sans problème, j’aimais jouer à me maquiller… jusqu’à ce que j’atteigne les neuf-dix ans (ma “féminité” a eu un brusque recul).
Suis-je vraiment transgenre, puisque j’ai vécu mon enfance en tant que “fille” sans problème ? Je me pose également des questions sur ma sexualité, sur ma masculinité (je n’ai pas forcément un comportement très marqué, ni féminin, ni masculin), etc. C’est comme si je perdais tout mes repères…
J’ai l’impression de replonger dans une phase de questionnement et ça me fait peur (la première ayant été éprouvante).
Merci.
Shin/’

Bonjour Shin\’

Tout d’abord, je te remercie de faire confiance à AlterHéros!

Tu nous écris parce que tu penses être transgenre. Depuis un an : tu vis en tant que garçon, tu te sens mieux dans ton corps et tu apprécies ton nouveau nom.  Toutefois, tu te poses des questions par rapport à ton cheminement : tu n’as pas vécu exactement les mêmes expériences que d’autres personnes trans que tu connais et tu sens que tu replonges dans une période de doutes et d’anxiété. Tu questionnes sur ce que c’est d’être trans, sur la masculinité, sur la féminité, sur tes goûts… Bref, tu as l’impression de perdre tous tes repères!

Je te rassure tout de suite : il n’y a pas de «bonne façon» d’être trans ! Chaque personne a son propre parcours et il n’y a pas d’âge pour se questionner sur soi-même. Certaines personnes diront qu’elles ont toujours su que le genre assigné à leur naissance ne leur correspondait pas alors que d’autres se questionnent à 25, 50 ou 75 ans ! Tous les scénarios sont possibles. N’oublions pas non plus que plusieurs personnes décrivent leur genre comme fluide, c’est-à-dire que leur identité fluctue dans le temps. 

Ensuite, il y a une différence entre l’identité de genre (qui je suis) et l’expression de genre (comment je m’exprime). D’un côté, l’identité de genre est la façon dont une personne s’identifie. On peut penser aux cases « homme » et « femme », mais il ne faut pas oublier qu’il existe aussi tout un arc-en-ciel de genres ! On peut se sentir comme un mélange des catégories « femme » et « homme » ou comme une catégorie totalement différente. Il y a aussi d’autres personnes qui ressentent qu’elles n’ont pas de genre et qui se définissent comme agenres ou neutres. Il y a énormément de possibilités lorsque vient le temps de définir son genre ou son absence de genre!  D’un autre côté, il y a une multitude de façons d’exprimer ce genre. Peu importe comment on s’identifie, on peut avoir un style vestimentaire bien à soi, préférer ses cheveux d’une certaine longueur, avoir différents intérêts, etc.  

Comment te décrirais-tu ? Quels sont tes goûts ? Comment aimes-tu te coiffer et te vêtir ? Qu’est-ce que tu aimes faire comme activités ou passe-temps ? C’est bien correct que nos préférences ne soient pas toujours clairement «féminines» ou «masculines» !  J’ai envie de te dire de te concentrer sur ce qui te fais du bien et sur ce qui te rend heureux. Tu as aussi toujours le droit d’essayer de nouvelles choses et de revenir en arrière si tu n’es pas à l’aise. Qu’en dis-tu ?

Je te propose de consulter ce lexique pour en apprendre plus sur différentes façons de définir son genre. Tu peux aussi te joindre au groupe Trans Power! pour échanger avec des personnes qui vivent des situations similaires. 

Je te souhaite de trouver des réponses apaisantes à tes questionnements. 

 N’hésite pas à nous réécrire si tu as d’autres questions !

 Carine St-Jacques-Karozis, technicienne en travail social, pour AlterHéros


About Carine St-Jacques-Karozis

Carine est technicienne en travail social et intervenante bénévole pour AlterHéros. Elle s’intéresse tout particulièrement aux domaines de la diversité sexuelle, de la violence sexuelle et de la neurodiversité.

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