ll y a peu, je me suis rendu·e compte que j’étais peut-être genderfluid, mais je ne sais pas vraiment parce que mon environnement familial ne me permet pas de trouver des réponses à mes questions.


Bonjour,
Je m’appelle Pauline, j’ai 21 ans , je traverse une passe assez difficile en ce moment. Je me sens de moins en moins à l’aise avec ma famille. Il y a peu je me suis rendue compte que j’étais peut-être genderfluid. En fait je ne sais pas vraiment parce que mon environnement familial ne permet pas de trouver des réponses à mes questions. Il est vrai que depuis petite j’ai toujours voulu être un garçon et j’ai toujours été plus a l’aise avec les garçons plutôt qu’avec les filles de mon âge. Mais pour beaucoup j’étais le mouton noir, celle qui n’était pas comme les autres. Parce que je n’avais pas les même goûts. Je préférais les films d’actions aux films à l’eau de rose… j’avais jamais les mêmes sujets de conversation. Mais je ne me suis jamais posé de questions. C’est il y a 3 semaines que j’ai lu un article sur l’identité du genre et je me suis dit que c’était peut être à cause de ça que je ne m’étais jamais sentie à ma place. Je suis complètement perdue, je ne sais pas où est ma place. Surtout que ma famille est catholique et a en horreur les homosexuels, trans, etc.. donc je sais que je ne pourrais jamais dire à ma mère que je ne me sens pas a l’aise en étant une fille et que je préférerais être un garçon. J’aimerai pouvoir m’habiller comme un garçon, m’identifier comme homme mais je vis encore chez mes parents et pour ma mère c’est inconcevable que je porte des pantalons tous les jours. Je porte une brassière de sport pour cacher un peu mes seins mais je trouve qu’ils ne le sont pas encore assez et je me suis coupé les cheveux autant que je pouvais, c’est un carré court dégradé mais j’ai toujours trop l’impression d’être un fille et je me suis déjà prise une remarque de ma mère disant que les cheveux tirés en chignons m’allaient beaucoup mieux. Maid j’ai horreur des chignons et des cheveux longs. Je supporte plus avoir les cheveux longs. Je ne sais même plus si j’ai posé une question dans ce long message, je suis complètement perdue, je sais plus ce que je dois faire.
Je n’attend pas vraiment de réponse je pense mais si vous lisez mon message je vous en remercie. Rien que de pouvoir m’exprimer quelque part m’a fait du bien.

 

Bonjour Pauline ! 

 

Merci de t’être tourné·e vers AlterHéros pour te confier. Il me fait plaisir de t’offrir du support même si tu écris ne pas t’attendre à une réponse.

 

Toutes les réflexions sont bienvenues ici, même si elles ne sont pas formulées sous forme de question 🙂. Tu nous écris vivre un moment difficile puisque tu te poses des questions sur ton identité de genre, mais que tu ne sens pas que ton environnement familial est propice à l’exploration. Tu voudrais rendre ton expression de genre, soit ton apparence physique, plus traditionnellement masculine, mais redoute les commentaires de ta famille, d’autant plus que tu vis toujours chez tes parents. Explorons ensemble quelques pistes de réflexion au sujet de cette situation.

 

D’abord, ton identité de genre n’est en rien moins valide, que tu sois en mesure de l’exprimer ou pas. Le coming-out n’est pas une obligation, et plusieurs personnes 2SLGBTQIA+ choisissent de ne pas révéler leur identité à leur famille. Par exemple, certain·e·s membres de ma famille connaissent mon orientation sexuelle, mais pas mon identité de genre, alors qu’à d’autres je n’ai rien révélé. Ton identité est valide, qu’elle soit extériorisée ou pas. 

 

Toutefois, je comprends de ton message que tu ne sens pas que tu peux être toi-même dans ton environnement familial, où tu demeures toujours. Ça ne doit pas être facile pour toi ! Je t’invite à réfléchir aux avantages et aux désavantages de conformer ton apparence aux souhaits de ta famille. Sans pour autant leur expliquer les nuances de tes réflexions au sujet du genre, tu es un·e adulte qui peut affirmer ses goûts et préférences en matière de ta propre apparence physique, qu’il n’en déplaise à ta famille. Il est parfaitement valide de les informer que les commentaires à l’égard de ton apparence ne sont pas les bienvenus. S’affirmer comme cela peut cependant être difficile, et parfois engendrer des conséquences sociales, financières ou de sécurité. Il en va donc de ton évaluation des risques et bénéfices afin de voir si c’est une avenue que tu souhaites envisager. 

Dans tous les cas, je t’encourage à trouver un endroit physique ou virtuel ou tu pourras être toi-même, question de t’offrir du répit. Il peut s’agir d’organisations 2SLGBTQIA+ de ta région, de groupes de support en ligne, de forums, bref, d’espaces où tu pourras explorer ton identité et partager avec des gens qui te comprennent. 

 

Évidemment, AlterHéros reste aussi disponible si tu as à nouveau besoin de ventiler, ou si tu as des questions. 

 

Prends soin de toi,

Gabrielle

 


About Gabrielle (Elle/Iel)

Gabrielle (elle/iel) est lesbienne, genderfluid, féministe et étudiante au en sexologie à l'Université du Québec à Montréal. Iel aime l'odeur du café le matin et se la couler douce au soleil avec son vieux chat.

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