J’aimerais embaucher une travailleuse du sexe trans en France.


Salut, je n’ai jamais eu de rapport sexuel
je suis vierge, et j’aimerais que ma première relation sexuel soit avec une femme trans.

Plus jeune, j’était en couple avec des filles cis, ça a jamais duré longtemps,
Cette histoire remonte à y a 1ans,
j’étais avec mon ex, on s’aimait

Mais comme tout homme, on a besoin de plaisir solo aussi. Donc, je lance un site porno, je cherche une vidéo, et j’en trouve une.
Et en me branlant, je me rend compte que je suis tombé sur un porno avec une femme trans et une homme.
Pris de dégoût, j’ai tout de suite fermé,
mais pris de curiosité, j’y suis retourné voir,

Et ce que je voyais m’excitais beaucoup.
J’étais tellement excité par ce que je voyais que je ne répondais plus à ma copine qui m’envoyé des messages.

Donc je finis, je réponds à ma copine, et elle m’envoie une photo d’elle habillée. Je vais pas vous mentir, ça m’a laissé indifférent. Je repensais à cette vidéo, que j’avais vu quelques minutes plutôt.
Je m’imaginais, moi, avec une trans, prenant énormément de plaisir. Je réponds malgré tout à ma copine, en lui disant qu’elle était belle.
On continue à parler, mais je repensais toujours à cette vidéo. Je commençais même à imagine ma copine, étant une trans, et non une cis. ( ma copine était cisgenre ).
Je décide donc, de retourner au plaisir solo.
Et cette 2ème masturbation, m’a ouvert les yeux.

J’ai compris que c’était avec une femme trans que je voulais être. J’ai eu un coup de foudre pour le genre opposé au miens.
Les jours passe, et je me sentais de moins en moins à l’aise avec ma copine. Même quand j’étais avec elle, je pensais à cette vidéo. Quand elle m’embrassé pareil.
Donc, j’ai finis par la quitter.
Et depuis ce jour, j’ai comme objectif de faire ma 1ère fois avec une femme trans.
La, ou je veux en venir ( désolé c’était un peu long, mais je voulais expliquer ), c’est est-ce que vous connaissez des sites d’escort trans ? Pas des sites de rencontres. Des sites d’escort, ou il faut payer.
Je suis prêt à payer. Pourquoi ? Tout simplement car je ne fais pas confiance au sites de recontres. Soit les sites soit arnaques, soit les gens dessus sont faux.
Je préfère trouver une escort, sur un site fiable, et qui sera réel. Et non est fake.
Faut bien comprendre, je déteste pas les femmes cis, loin de là,
Mais sexuellement, je me sens attiré par les trans. Avoir des amies filles me pose aucun problème,
Mais commencer une relation avec une femme cis, me bloque.
Alors oui, le porno n’est pas représentatif de la réalité,
Dans la pornographie, tout est beau, tout est rose, c’est vrai.

Mais ça m’a permis de me découvrir, et d’être en accord avec moi même sue ce que je veux. Ça m’a aidé à comprendre ma sexualité. Mes envies.
Merci d’avoir lu et désolé pour le long message.
J’espère avoir une réponse vite.

Bye,

Salut Daniel,
Merci de la confiance que tu portes envers AlterHéros. Si je comprends bien, tu aimerais rémunérer une travailleuse du sexe trans à des fins d’exploration sexuelle.
Je n’aborderai pas en détails la première partie de ton message, car tu sembles avoir une réflexion déjà bien approfondie sur le sujet de tes attirances. Néanmoins, si tu le souhaites, voici quelques liens de questions & réponses abordant ce thème :

Rentrons maintenant dans le vif du sujet. Tu aimerais rencontrer une travailleuse du sexe afin d’avoir ta première expérience avec une femme trans. Tu souhaiterais rencontrer une escorte fiable et affirmes que tu es confortable à rémunérer pour ce type de service.
D’abord, le sujet de la vente ou de l’échange de services sexuels est encore très tabou aujourd’hui, en France comme au Québec. Ainsi, même si je milite personnellement pour la défense des droits des travailleurs et travailleuses du sexe, pour une plus grande reconnaissance sociale et légale de leur métier et, surtout, pour le droit de tous les individus à disposer de leur corps, c’est un sujet qui peut facilement faire jeter beaucoup d’encre! Loin de moi l’intention d’ouvrir un débat sur ce sujet, mais je me dois néanmoins de te renseigner sur le cadre légal entourant le travail du sexe/la prostitution en France.
Pour reprendre les mots du STRASS (Syndicat du travail sexuel de France) :

En France, la prostitution est définie largement. Il s’agit du fait de « se prêter, moyennant une rémunération, à des contacts physiques de quelque nature qu’ils soient, afin de satisfaire les besoins sexuels d’autrui ». Un simple contact (comme un massage) à des fins sexuelles suffit.

Offrir un rapport sexuel, ou tout autre contact à des fins sexuelles, en échange d’une rémunération n’est pas interdit par la loi MAIS à certaines conditions : vous devez être majeurE et ne pas être « particulièrement vulnérable » (en raison d’une maladie, infirmité, déficience physique ou psychique ou grossesse).

Bien qu’autorisée par la loi, les actes sexuels tarifés impliquant des adultes est strictement encadré :

  • L’achat de services sexuels est interdit ;

  • l’acte sexuel doit être accompli avec le consentement libre et éclairé de chaque partenaire, sous peine de sanction pour agression sexuelle ;

  • l’acte sexuel ne doit pas être imposé à la vue d’autrui dans un lieu accessible aux regards du public, sous peine de sanction pour exhibitionnisme ;

  • toute personne qui, en connaissance de cause, provoque, facilite ou tire profit de l’exercice de la prostitution d’autrui peut être punie en tant que proxénète.

Selon le cas, unE travailleurSE du sexe peut donc être considéréE soit comme l’auteur soit comme la victime d’une infraction, voire les deux à la fois.

Pénalisation des clients

La loi interdit « le fait de solliciter, d’accepter ou d’obtenir des relations de nature sexuelle d’une personne qui se livre à la prostitution, y compris de façon occasionnelle, en échange d’une rémunération, d’une promesse de rémunération, de la fourniture d’un avantage en nature ou de la promesse d’un tel avantage » (art. 611-1 du Code pénal). Le client s’expose à 1500 euros d’amende. Il peut également être condamné à effectuer un stage de sensibilisation à la lutte contre l’achat d’actes sexuels.

En récidive (s’il achète à nouveau des services sexuels après avoir été condamné une première fois), le client s’expose à une amende de 3750 euros. Il peut là encore être condamné à effectuer un stage de sensibilisation à la lutte contre l’achat d’actes sexuels.

Si vous êtes mineurE ou si vous êtes particulièrement « vulnérable » en raison d’une maladie, infirmité, handicap ou grossesse, dès lors que le client a connaissance de votre minorité ou de votre particulière « vulnérabilité », il s’expose à une peine de 3 ans de prison et à une amende de 45.000 euros.

Afin de prouver l’infraction d’achat de services sexuels, il est probable que la police aura besoin du témoignage du/de la travailleurSE du sexe concernéE.

La pénalisation des clients est une contravention la 1ère fois et un délit en récidive. Même en récidive, tant qu’il s’agit d’unE travailleurSE du sexe majeurE et non particulièrement vulnérable, il n’y a pas de peine de prison prévue. Il est donc très improbable qu’une instruction, ou même une enquête, soit déclenchée.

Les travailleurSEs du sexe pourront toutefois servir de témoin à la police pour qu’elle ait une preuve de l’infraction.

Si les témoins sont normalement entendus sans mesure de contrainte, il est possible de les retenir pendant 4 heures maximum, le temps qu’ils soient entendus (art. 62 du Code de procédure pénale).

La police ne pourra toutefois par arrêter une travailleurSE du sexe et le/la mettre en garde à vue, à moins qu’elle ne la soupçonne d’une autre infraction.

La loi punit sévèrement un policier qui exerce des pressions pour obtenir un faux témoignage (art. 434-15 du Code pénal : 3 ans de prison et 45.000 euros d’amende).

Le fait que vous soyez unE travailleurSE du sexe connuE comme telLE par la police n’autorise pas la police à contrôler toute personne ayant une interaction avec vous pour vérifier qu’elle ne s’apprête pas à acheter des services sexuels. Le simple fait de discuter avec unE travailleurSE du sexe ne constitue pas en tant que tel une raison plausible de soupçonner qu’une personne tente de commettre une infraction.”

Je t’invite à lire l’article complet concernant la cadre légal et juridique français en cliquant ici. Je tiens seulement à t’informer de ce cadre légal et, par la suite, le fait de rencontrer ou non une personne travailleuse du sexe à des fins d’échanges de services sexuels est d’abord et avant tout une décision partagée et négociée entre deux adultes consentant.e.s, soit entre la personne cliente et la personne travailleuse du sexe.
 
Maintenant, concertant ta demande de t’aider à trouver une agence d’escorte fiable, éthique et professionnelle, je ne peux malheureusement pas t’aider. AlterHéros étant au Québec, nos connaissances entourant les différentes organisations oeuvrant auprès ou avec des travailleurs ou travailleuses du sexe en France sont limitées. Certains sites d’escortes se spécialisent auprès de travailleuses du sexe trans, mais il m’est impossible de valider leur crédibilité. De plus, il me serait illégal de diffuser ces adresses internet, car il s’agirait, selon la loi, de faire de la publicité liée au travail du sexe. C’est pourquoi je t’encourage à faire ces démarches par toi-même. Je t’encourage donc à t’informer auprès de l’agence directement, en lisant divers critiques sur internet ou bien en discutant avec les personnes concernées directement.
 
Finalement, je t’invite à lire cette réponse de ma collègue Amélie concernant les différentes réflexions éthiques associées au travail du sexe : Est-il immoral ou anti-féministe de chercher à rémunérer une femme pour qu’elle soit intime avec moi ?
Je t’invite également à consulter ce guide de Stella, une organisation de défense des droits des travailleuses du sexe en France, directement dédié aux client.e.s. Ne t’attarde pas aux informations concernant les législations : celles-ci ne sont pas à jour et, de toute façon, s’appliquent différemment en France.
Enfin, il y a aussi le site internet français SLATE qui a rédigé un super article concernant les relations entre escortes et client.e.s et sur comment être un.e bon.ne allié.e des travailleurs et travailleuses du sexe au moment de demander des services sexuels. Je te laisse les principaux points d’informations ci-dessous, mais l’article complet explique bien en détails chacun de ces points!
 

1- Avant de contacter une travailleuse ou un travailleur du sexe, renseignez-vous.
2- Lorsque vous entrez en contact par écrit avec une travailleuse ou un travailleur du sexe, n’envoyez un message que si vous êtes sûr de vouloir prendre rendez-vous. 
3- Lors des contacts au téléphone, les règles sont similaires: n’appelez que si vous êtes sûr de prendre un rendez-vous.
4- N’énoncez pas une liste d’actes sexuels que vous souhaitez réaliser.
5- Le contexte de criminalisation et de violences pousse un très grand nombre de travailleuses et travailleurs du sexe à mettre en place des procédures de screening. Fournissez alors toutes les informations demandées sans contester.

6- Ne prenez rendez-vous que si vous êtes absolument certain d’être disponible.

7- Ne cherchez pas à négocier le prix. 
8- Le fait d’avoir fixé un rendez-vous ne vous autorise pas à obtenir du travail émotionnel ou sexuel par message avant le rendez-vous.
9- Avant le rendez-vous, assurez-vous d’être propre, avec une haleine saine et des vêtements propres.
10- Si vous rencontrez la travailleuse du sexe chez elle, soyez systématiquement à l’heure. 
11- Lors de la rencontre, montrez le meilleur de vous-même. 
12– Lors de la rencontre, il est absolument crucial de pleinement respecter les limites mentales, physiques, sexuelles et émotionnelles de votre partenaire.
13- Il est crucial de s’assurer que la relation sexuelle soit saine.
14- Avant, pendant, et après la rencontre, respectez aussi pleinement la vie privée de la travailleuse du sexe.
15- Respectez les limites professionnelles que pose le travailleur ou la travailleuse du sexe.
16- Respectez le temps de la session pour lequel vous avez payé.
17- Le fait que vous appréciez beaucoup la travailleuse ou le travailleur du sexe que vous rencontrez ne vous autorise pas à porter un jugement sur son activité.
18- Ne faites pas une surprise à votre partenaire en lui offrant les services d’une travailleuse ou d’un travailleur du sexe.
19- Bien que ce ne soit pas obligatoire, des cadeaux ou des pourboires supplémentaires sont toujours appréciés. 
20- Si vous rencontrez une travailleuse du sexe chez elle, faites attention à la discrétion.
21- Après la rencontre, si certaines travailleuses et travailleurs du sexe apprécient les comptes-rendus sur les communautés en ligne de clients, de nombreuses ne l’acceptent pas. 
22- Si vous rencontrez par hasard la personne dans un contexte autre que son travail, il est là encore important de respecter sa vie privée.
23- Devenir un client régulier et apprécié est quelque chose qui s’obtient par les actes, et non par la parole. 

Je te souhaite bonne chance dans tes recherches. N’oublie pas les mots d’ordre respect et consentement! Le travail du sexe est d’abord et avant tout une rémunération pour un échange de services entre des adultes consentant.e.s.
Tu peux nous écrire de nouveau si tu en ressens le besoin.
Guillaume, pour AlterHéros


About Guillaume Perrier

Parcours universitaire en Développement social à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), Guillaume (il/lui) est passionné par la représentation de la diversité sexuelle et de la pluralité de genre en contexte de ruralité. Militant de défense de droits des travailleurs et travailleuses du sexe et de prévention VIH, il adore également déposer ses orteils dans l'eau salée du fleuve et passer des heures sous ses couvertures à chaque matin.

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