10 avril 2020

J’ai récemment entendu parlé des « genderfluid ». Comment faire son propre coming-out avant de franchir le pas avec les autres ?

Bonjour,
Voilà plusieurs heures que je cherche à m’exprimer au mieux mais c’est difficile de « sauter le pas »… J’admets avoir la boule au ventre en vous écrivant. Déjà, merci pour votre lecture, pour l’éventuelle réponse et pour celle que vous avez déjà fournit à vos interlocuteurs et lecteurs.
Je suis « perdue ». Mon « genre » alterne constamment entre celui d’une femme (attribuée à la naissance) et un homme (incompris et rejeté par la plupart de mon entourage). Un matin c’est le soutiens gorge et le suivant le binder (merci au cosplay qui m’a permit de découvrir ce bijou) ! Une semaine c’est le rouge à lèvre et la suivante je cherche à durcir les traits de mon visage via du contouring. Parfois pour parler de moi, j’écris des « ée » et parfois juste des « é ». Il y a des jours où mon prénom me convient et d’autre ou sa simple appellation me donne envie de pleurer. En outre cela me pose également des problèmes au sein de l’intimité : le lundi mon corps me dégoûte tellement lorsque je suis sans vêtement que je me renferme et inversement. En couple et épanouie sur le plan morale, j’angoisse a en discuter avec ma moitié. Je ne sais pas comment me l’expliquer ni comment l’expliquer a ceux qui m’entoure. J’ai récemment entendu parlé des « genderfluid ». La définition me parle vraiment ! Mais entre juste « comprendre » via les explications trouvé sur la toile et « l’acceptation » il y a une différence. Comment faire son propre coming-out avant de franchir le pas avec les autres ? Cette situation dure depuis plus de 25ans. Jusqu’alors je vivais sans étiquette mais je ressens depuis plusieurs semaines/mois peut-être même année, le besoin d’une « appartenance ».
En me relisant je me dis que c’est peut-être brouillon tout ça et j’en suis navrée. J’ai peur de consulter, je n’ai pas un bon rapport avec le milieu psycho/médical. Ça me paraissait plus facile de l’écrire. Merci pour votre réponse si jamais mon « cas » est « traitée ».

ophliel

Bonjour EL,

Je tiens tout d’abord à te remercier pour ta confiance. Cette situation semble générer énormément de détresse chez toi. Après tout, le genre est pour plusieurs personnes fondamental à notre identité. C’est alors bien normal de se sentir dérouté.e lorsque de tels questionnements surviennent. Je te félicite alors de prendre le temps de t’informer et d’aller chercher de l’aide ainsi!

Si je comprends bien, cela fait un long moment que tu te questionnes sur ton identité de genre. Tu dis que ton genre alterne entre l’identité féminine et masculine et que cela affecte ton expression de genre (vêtements, maquillage, prénom, pronoms, etc.), ton estime de soi et ta vie intime. Tu te sens donc interpellé.e par le terme «genderfluid». Cependant, tu es toujours en questionnement et il est important pour toi d’être confortable dans cette identité avant de la dévoiler à ton entourage.
Effectivement, les personnes genderfluid reconnaissent que leur identité de genre peut varier selon l’espace et le temps. Au final, notre identité de genre est celle avec laquelle nous sommes la plus intimement à l’aise. Alors, si cette identité t’interpelle et que tu ressens le besoin d’y attribuer des mots, il n’en revient qu’à toi d’en prendre la décision. Il est aussi libre à toi de définir ton genre comme il te convient. Cela prendra le temps qu’il faudra!

Je mettrais alors ici l’accent sur l’idée « d’acceptation ». Il faut tout d’abord comprendre que l’acceptation est un processus qui comprends plusieurs étapes et enjeux (prise de conscience, recherche d’information, exploration de l’identité et de l’auto-identification, dévoilements aux proches, etc.). Ce processus n’est toutefois pas linéaire : il est propre à chacun.e de décider de la forme et du temps que prendra ce cheminement. Ajoutons aussi que tout cela n’est pas toujours facile et qu’il n’y a pas de recette magique. Il faut alors garder en tête que cela peut prendre le temps qu’il faut et qu’il n’y a pas de mauvaises réponses (elles sont toutes valides si elles te permettent de t’épanouir)!

Tu dis aussi que l’idée d’en parler avec ta moitié et avec ton entourage t’angoisse énormément. C’est tout à fait valide. Bien entendu, il peut être très inquiétant de penser que ce dévoilement risque de rendre les gens inconfortables ou discriminants. Il est aussi possible que ces personnes posent des questions auxquelles nous ne sommes pas prêt.e.s à répondre ou dont nous ne connaissons pas la réponse. Or, si certaines réponses peuvent nous décevoir, d’autres peuvent agréablement nous surprendre. Parfois, le fait de verbaliser notre vécu avec une personne de confiance peut nous aider dans notre processus d’acceptation. Y-a-t-il une personne de confiance avec qui tu pourrais en parler en premier? Dis-toi que cela peut aussi te rapprocher des personnes qui t’entourent. Au final, si ces personnes tiennent réellement à toi, elles s’intéresseront à toi et tenteront de comprendre comment t’accompagner dans ta réalité.

Je t’invite à consulter les autres réponses composées par mes collègues abordant la non-binarité, la fluidité des genres ainsi que les identités genderfluid en cliquant ici. De plus, si tu ressens le besoin de discuter de ta situation avec des personnes ayant à coeur le bien-être des personnes trans, non-binaires ou genderfluid, il est possible de contacter une association trans près de chez toi.

J’espère que ma réponse pourra t’aider. Je t’invite à prendre ton temps dans cette démarche. L’acceptation n’est pas toujours un processus facile et il peut être très éprouvant. N’hésite alors pas à nous recontacter si tu éprouves toujours des inquiétudes ou si tu as d’autres questions.

Ophélie

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