J’ai plusieurs questions sur le VIH…


Bonjour Hassann !

Tout d'abord, je tiens à te remercier d'avoir écrit à AlterHéros pour répondre à tes questions! Il semblerait que tu te questionnes beaucoup sur le VIH. Premièrement, qu'est-ce que le VIH? Le VIH, c‘est-à-dire le virus de l’immunodéficience humaine, est un virus qui s’attaque au système immunitaire du corps humain. Une fois le système immunitaire affaibli, le corps est à risque de développer des infections ou bien le sida: le syndrome d’immunodéficience acquise. Le VIH se contracte principalement par une relation sexuelle non protégée incluant la pénétration anale, vaginale ou buccale. Par contre, il y a aussi des risques de contraction lorsqu'il y a un échange de liquide corporel avec un individu qui a le VIH ou qui est à risque d‘avoir le VIH. Ce liquide corporel inclut le sang, comme tu l‘as mentionné, le sperme (ainsi que le liquide séminal: le liquide qui s'écoule avant l'éjaculation), les sécrétions vaginales et le lait maternel.

Comment le système immunitaire se fait attaquer? Et bien lorsqu'un individu est infecté, le virus entre dans la circulation sanguine et remplit les cellules appelées lymphocytes T CD4+. Ces cellules sont nécessaires au système immunitaire. Le virus introduit ses propres gènes dans la cellules lymphocyte T CD4+ qui devient une usine de nouveaux gènes malades. C'est ainsi que la quantité augmente dans le sang pendant que la cellule lymphocyte en santé, elle, diminue. Le résultat est l'affaiblissement du système immunitaire.

Selon le Collège des médecins de familles du Canada, le VIH ne se transmet pas lors des activités quotidiennes, car il ne survit pas suffisamment longtemps à l'extérieur du corps. Selon eux, le VIH ne se transmet pas par la nourriture. Toujours selon eux, le virus ne peut se transmettre «par le toucher, une poignée de mains, une accolade, la baignade dans une piscine publique, les dons de sang, les bains chauds, les toilettes publiques, les appareils téléphoniques, les poignées de porte ou les fontaines publiques». La littérature ne semble pas s'accorder sur la durée de vie du VIH, cependant il est certain qu'il n'est pas viable plus de quelques secondes à l'air ambiant. Le partage de seringues usagées est aussi un moyen de contraction du VIH, mais plus le temps écoulé entre l'utilisation de la seringue et l'utilisation par l'autre utilisateur est long, moins les risques de contraction sont grands étant donné la coagulation rapide du sang.

Le Docteur Michel Ohayon, qui est un médecin référent de Sida Info Service, explique le phénomène de la transmission du virus par le résultat du contact entre une sécrétion infectée et une muqueuse. Selon lui, il y a 3 porte d'entrée, des muqueuses, par lesquelles le virus peut entrer: Il s'agit premièrement de la muqueuse rectale, de la muqueuse vaginale et finalement, en dernier, de la muqueuse buccale. Déjà là, on peut voir qu'il la met en dernier. Par contre, il est vrai que la présence d'une lésion augmente les risque de contraction du virus.

Le docteur Ohayon ne croit pas qu'un cas de contact de plaies tient la route. Selon lui, cela n'a pas de sens, car il prétend qu'il n’existe pas de cas de contamination décrit dans la littérature, excepté ceux des professionnels de la santé qui sont souvent en contact avec des objets fraichement contaminés. Il explique que la transmission du VIH nécessiterait «un contact intime et prolongé entre 2 plaies fraîches ouvertes et sanglantes, avec un virus capable de progresser à contre-courant puisque le sang sort sous pression». Bref, il conclut que ce genre d'incident n'est pas crédible dans la vie! De plus, selon le site Internet de l'association Positifs, la salive pourrait être une sorte de neutralisant du VIH, car dans la salive, on peut retrouver des substances qui ont un effet anti-VIH, mais cet effet est incomplet car la substance est présente en quantité restreinte.

Pour ce qui est du rôle de la sueur, elle permet à l'organisme de rejeter une certaine quantité d'eau. Les glandes sudoripares servent à déshydrater le sang. Or, la sueur contient des cellules, mais les virus sont hébergés par les cellules et NE sont PAS des cellules. Ce qui veut dire que le VIH n'est pas une cellule, mais qu'il est présent sur les cellules du système immunitaire, et ce, en quantité croissante.

Finalement, si je récapitule, la sueur contient des cellules qui peuvent être infectées par le VIH. Par contre, le virus n'étant pas viable à l'extérieur de l'organisme, le VIH ne peut pas survivre dans la sueur, à l'extérieur du corps humain. Le contact avec de la sueur n'est pas un mode de transmission du VIH, car le virus n'y est présent qu'en petite quantité et qu'il y est faible. Le virus ne se transmet pas par la nourriture, donc le fait de manger de la nourriture «plein de sueur» ne constitue pas un risque de transmission du VIH. Il faut garder à l'esprit que le mode de transmission le plus important est l'échange de liquide séminal lors des relations sexuelles. Il est nécessaire d'éviter les contacts sexuels avec des individus à risque d'avoir le VIH et de toujours utiliser un préservatif de façon sécuritaire lors des relations.

Si tu as d'autres questions, n'hésites surtout pas à nous écrire de nouveau!

Sandra, pour AlterHéros.

Référence:

Le site de l'association Positifs: http://www.positifs.org/index.htm

Collège des médecins de familles du Canada, dans la section «Pour les patients», voir le sujet «Sida: Comment diminuer votre risque d'infection»: http://www.cfpc.ca/French/cfpc/programs/patient%20education/default.asp?s=1


About Sandra

Sandra est présentement finissante au premier cycle en sexologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et débutera sous peu la maîtrise en sexologie profil clinique. Elle travaille en tant qu'éducatrice auprès de jeunes enfants et adolescents au Centre jeunesse de Montréal - Institut universitaire où elle approfondie chaque jour diverses problématiques. Sandra actualise régulièrement ses connaissances en participant à une multitude de formations. Elle a entre autres participé au programme de formation en prévention des ITSS chez les jeunes en difficulté ; à une formation sur la prévention de l’exploitation sexuelle chez les adolescentes ; aux formations «Pour une nouvelle vision de l’homosexualité», «L‘éducation à la sexualité en milieu scolaire» et celle concernant «L'approche sexocorporelle intégrée». En ce qui concerne son expérience passée, elle a travaillé en tant qu'intervenante au service régional de crise, intervenante pour une ligne d'écoute téléphonique et intervenante à l'activité «Un esprit sain dans un corps sain» organisée par l’Université McGill. «En tant que sexologue en formation, je considère qu'une de mes fonctions est d'être une agente d'information et d'éducation et mon implication au sein de l'organisme AlterHéros me permet d'avoir l'opportunité d'intervenir avec différentes personnes et de traiter différents sujets, ce qui me comble amplement!

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