J’ai entendu dire qu’après un changement de sexe, on ne pouvait plus attraper le VIH, est-ce vrai ?


Bonjour Jeanne,

Je voudrais d'abord te remercier de t'avoir adressée à nous pour ton questionnement. Certaines conditions sont nécessaires pour qu'il puisse y avoir transmission du VIH. Une substance (la source d'infection) contenant le VIH – sang, sperme, sécrétions vaginales, liquide pré-éjaculatoire – doit entrer en contact avec les cellules sanguines sensibles au VIH, ce qui se produit généralement par pénétration dans une fissure dans la peau, ou par absorption à travers une membrane muqueuse ou dans une lésion sur une muqueuse. Ainsi, des coupures ou déchirures très petites, voire microscopiques, sur le pénis ou à l'intérieur du vagin, peuvent offrir une voie d'entrée au virus, et une plaie (un ulcère génital, par exemple) peut constituer un risque plus grand d'entrée du virus. Il existe aussi des preuves que la transmission peut se produire directement à travers la muqueuse de l'urètre.

La reconstitution des organes génitaux chez les transsexuels est de deux types, soit la phalloplastie chez les femmes à hommes (FTM) et la reconstruction vaginale chez les hommes à femmes (MTF). Dans le cas d'une phalloplastie, une partie de la peau de l’avant-bras est utilisée pour former l'urètre et le manteau du pénis. Dans le cas d'une reconstruction vaginale, la peau de pénis et du scrotum est utilisé de pour former les lèvres et un vagin fonctionnel. Dans les deux types d'opération, la reconstruction s'effectue à partir des organes d'origines qui sont modifiés. De plus, lors des activités sexuelles, bien que les sensations soient la plupart du temps préservés, il n'y a pas de possibilités d'éjaculation pour les hommes et généralement pas présence de liquide pré-éjaculatoire ou liquide vaginale.

Comment une reconstruction des organes génitaux affecte t-elle alors les risques de contracter le VIH ? Étant donné que la reconstruction s'effectue à partir des organes d'origines, les risques d'être infectés par le VIH restent les mêmes que chez une personnes n'ayant pas eu de changement de sexe. En effet, étant donné que le VIH se transmet via des coupures ou déchirures très petites, voire microscopiques, sur le pénis ou à l'intérieur du vagin, le risque demeure le même. Par contre, les risques peuvent être un peu moindre pour une personne infectée de transmettre le VIH étant donné que les voies de transmission du VIH sont le sang, le sperme, les sécrétions vaginales et le liquide pré-éjaculatoire (et qu'il n'y a généralement pas présence de sperme, sécrétions vaginales et liquide pré-éjaculatoire chez les personnes opérées pour un changement de sexe). Par contre, reste tout de même qu'une transmission est possible via le sang.

Il est donc faux de croire qu'une réassignation de sexe via la phalloplastie ou la reconstruction vaginale diminue nos risques de contracter le VIH. Dans tous les cas, les moyens de prévention sont simples, facilement accessibles et abordables en France et je crois personnellement qu'il ne faut pas prendre de risques.

En espérant avoir répondu à ton questionnement. Si tu as besoin d'informations supplémentaires, n'hésite surtout pas à nous réécrire

Marie-Joelle, pour AlterHéros

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