J’ai du mal avec mon orientation sexuelle. J’aimerais être en couple, mais je suis trop timide et je me sens seul…


Bonjour, j’ai 16 ans et j’ai vraiment du mal avec mon orientation sexuelle c’est dernier temps. Lorsque je vois un beau garçon dans mon entourage je n’arrête pas de le regarder et je ne peux pas lui demander des questions pour en savoir plus sur lui. En fait je suis très timide et malheureusement sa me fait très mal et à la fin de chaque journée quand je suis tout seul je me met à pleurer. Ça me tente vraiment être en couple mais je suis incapable de faire le premier pas. En se moment je me s’en seul de vivre sa. Est-ce que je pourrais avoir plus de conseil ou des commentaires constructifs. ( vous pouvez me publier ma question)

Bonjour Thomas,
Je tiens d’abord à te remercier de nous accorder ta confiance à Alterhéros pour t’aider dans tes questionnements. Ce n’est pas toujours évident de se questionner par rapport à son orientation sexuelle et les relations humaines en général! Les humains sont complexes et les manières d’entrée en relation avec eux sont influencées par plein de facteurs, mais je vais faire de mon mieux pour essayer de t’aider. 🙂
Si je comprends bien ta situation, tu as envie d’être en couple, mais lorsqu’un garçon t’intéresse, tu as l’impression que ta timidité t’empêche de faire les premiers pas. Ainsi, tu vis une grande tristesse puisque d’un côté tu as le désir d’entrer en relation avec des gens, mais de l’autre, c’est difficile à faire et donc, tu as de la difficulté à combler ce besoin. Je te rassure, tu es loin d’être le seul à vivre ces sentiments! Pour faire les premiers pas ou même tout simplement pour entrer en contact avec des gens, on se met en position de vulnérabilité, car on ne sait pas d’avance si la personne va nous accepter et/ou nous trouver intéressant‧e. Bien sûr, on peut faire varier ce degré de vulnérabilité que l’on présente aux autres et souvent, on se permet d’être plus vulnérable plus la relation gagne en confiance. Je me demande donc si en plus de ta timidité, il y aurait d’autres éléments qui pourraient influencer ta peur de faire les premiers pas, comme la peur du rejet, ta confiance en toi, etc. Qu’en penses-tu?
D’ailleurs, voici une réponse de Guillaume qui pourrait t’aider :

“Sache que tu n’es pas seul à ressentir de la gêne lorsque vient le moment d’aborder d’autres personnes, particulièrement des personnes envers qui nous avons un certain intérêt! Mais qu’est-ce que la timidité? La timidité est un mélange de malaise intérieur et de maladresse extérieure lorsque nous sommes en présence d’autres personnes. Un malaise intérieur que l’on peut parfois décrire par un manque de confiance en soi. Parfois, on appréhende un résultat potentiellement négatif: échec lors d’une présentation orale, jugement négatif d’autrui, jugement, rejet, etc. Cette appréhension nourrit une forme de nervosité qui peut prendre plusieurs manifestations, dont un pouls élevé, des tremblements, une augmentation de la transpiration, etc. Bref, la timidité est quelque chose de très commun. Ça nous prouve en quelque sorte que tu vis quelque chose d’important : en d’autres cas, tu ne serais probablement pas timide! 

D’abord, je t’invite à réfléchir à tes qualités et de tes défauts. Reconnaître nos qualités et nos défauts permet de prévoir les moments où on se sent plus confiant pour affronter une situation et les moments où c’est préférable de ne pas le faire. C’est aussi de pouvoir cibler les contextes qui nous sont plus favorables : est-ce que par exemple tu as une facilité en sport ou en art, ce qui pourrait te permettre de rencontrer des filles à travers ces activités? «La confiance en soi est avant tout une sensation intérieure et personnelle. C’est un sentiment qui sécurise et qui te permet d’évaluer les ressources que tu as en toi pour faire face à une situation». Ainsi, lorsqu’il est temps d’aborder quelqu’un, qu’est-ce qui pourrait te sécuriser? Qu’est-ce qui, à l’inverse, te rend davantage anxieux? Il n’y a pas de recette miracle pour enlever une timidité. Mais tu peux toutefois te pratiquer à être prêt pour les moments que tu prévois être timide! Par exemple, si une fille t’intéresse, tu peux te préparer quelques phrases à lui partager à l’avance, tu peux préparer le contexte où tu l’aborderas, choisir le médium de communication avec lequel tu te sens le plus à l’aise, etc.”

Personnellement, je me suis également demandé pourquoi j’avais envie d’être en couple. La société dans laquelle on vit valorise beaucoup le fait d’être en couple. Quand on est célibataire, les autres ont tendance à nous demander si l’on s’est trouvé quelqu’un·e comme si l’on doit nécessairement être à la recherche d’un‧e partenaire lorsqu’on est célibataire. Il est tout à fait normal d’avoir envie de créer une relation plus intime avec une ou plusieurs personnes. Toutefois, il est important selon moi de savoir reconnaître sa propre valeur et de ne pas dépendre d’une autre personne pour être heureux. De me rendre compte de cela m’a permis d’avoir un peu moins peur du rejet, car je savais que ce n’est pas parce qu’une personne ne s’intéresse à moi que cela signifie que je ne suis pas une personne qui vaut la peine d’être aimée et découverte. Aussi, il faut faire attention selon moi à ce que cet “idéal d’être en couple” ne devienne pas une quête à n’importe quel prix. Parfois, le désir d’être en couple et de vouloir être amoureux‧euse est si fort, que l’on finit par aller vers des personnes qui ne nous correspondent pas. Être amoureux de l’amour et non de la personne ne mène pas toujours à de bons résultats et il est donc important de toujours se respecter.
Bref, de se demander pourquoi on veut être en couple, quels besoins cela comble, pourquoi on a de la difficulté à entrer en contact avec les autres, qu’est-ce qui facilite les premières rencontres et pourquoi il est difficile d’être vulnérable ou pas peut être des pistes de réflexion intéressantes pour apprendre à mieux se connaître. Mais concrètement, comment faire pour faire les premiers pas? Il n’y a malheureusement pas de recette magique, mais voici ce qui m’a aidé :
  •  De me mettre dans des environnements où je risque de tomber sur des personnes qui font également partie de la communauté 2LGBTQIA+. Ainsi, il y a plus de chance que les personnes qui m’intéressent soient également lesbiennes par exemple dans mon cas.
  • De m’inscrire à des activités de petits ou moyens groupes qui se répètent sur quelques semaines afin d’avoir la chance de développer des liens avec des nouvelles personnes. Tu peux y aller avec tes intérêts comme des groupes de soutien, des activités de bénévolat, des équipes sportives, des cours d’arts, etc. Le fait de “m’obliger” à participer à des activités sociales m’a permis d’apprendre à commencer des nouvelles relations, qui étaient amicales dans ce cas, mais qui pourraient devenir plus dans ton cas. Avec la pandémie et les réseaux sociaux, il est plus rare d’aborder des inconnus de façon spontanée et donc, les groupes sont une bonne façon d’apprendre à connaître de nouvelles personnes. D’ailleurs, voici un extrait d’une réponse de Maxim‧e qui pourrait t’intéresser: “Si un jour tu aimerais rencontrer des gens en personnes il y a plusieurs organismes communautaires LGBTQ+ jeunesse à Montréal (Jeunesse Lambda, Projet 10) qui organisent des activités où tu peux rencontrer d’autres jeunes. Cela dit, vas-y à ton rythme, ne te presse pas si tu ne te sens pas prêt.”
  • Les applications de rencontre peuvent également être une option. Il y a certainement des pours et des contres à l’utilisation des applis, mais il est vrai que notre génération utilise souvent ce moyen. Voici un autre extrait de la dernière réponse de Maxim·e : “Comme tu as mentionné, malheureusement beaucoup des applications de rencontre LGBTQ+ sont pour le dating entre adultes. Je pourrais te recommander l’application bilingue de rencontre et d’entraide “AdoTolerent” permet aux jeunes (15-20 ans) LGBTQ+ de socialiser ensemble. Iels (contraction entre -il- et -elle-) ont aussi un forum si tu préfères. Sur Facebook il existe plusieurs groupes de discussion publics (LGBTQ+ et Alliés du Québec) ou privés (Rencontre Ado LGBT+ Québec ou LGBTQ+ ado) que tu pourrais rejoindre. Je sais aussi que beaucoup de jeunes utilisent la plateforme Discord, tu pourrais regarder du côté des serveurs LGBTPLUS ou French LGBT par exemple. “
  • De se pratiquer avec un‧e ami‧e de confiance. Cela peut paraître gênant de simuler une première rencontre, mais cela peut être très enrichissant. En effet, cela diminue le niveau de difficulté, car tu connais la personne et la personne peut te donner de la rétroaction et des conseils.
  • De demander à des personnes de confiance (ex: ami‧e, famille) comment iels ont rencontré leur partenaire et comment iels se sont abordés la première fois. Comment iels se sentaient, ce qu’iels ont dit, fait, etc. Les premières rencontres ne sont souvent pas comme dans les films où les coups de foudre sont la norme et non l’exception. Ainsi, il peut être rassurant et normalisant de se rendre compte que les premières rencontres sont gênantes pour plusieurs personnes, mais qu’elles peuvent mener à de belles relations quand même.
  • De se laisser le temps 🙂 C’est évidemment plus facile à dire qu’à faire, mais de se mettre de la pression pour rencontrer quelqu’un·e n’aide pas en général et ne fait qu’augmenter son stress.
Voici des questions et réponses du site ou encore des ressources qui pourraient également t’aider :
J’espère que cela a pu t’aider dans tes questionnements, mais si ce n’est pas le cas ou que tu as d’autres questions, n’hésite pas à nous réécrire. Je te souhaite de trouver une ou des personnes avec qui tu pourras développer de belles relations de confiance, de respect et d’amour! Tu le mérites 🙂
Mégane (elle/la), bénévole à AlterHéros

About Mégane

Je m'appelle Mégane (elle/la) et je suis étudiante en ergothérapie à l'Université du Québec à Trois-Rivières. De nature curieuse, j'adore en apprendre plus sur les gens qui m'entourent et les différentes expériences qu'iels peuvent vivre. Je m'intéresse particulièrement à la grossophobie, au racisme et à la santé mentale. Je suis également l'heureuse propriétaire de 2 chats, Marguerite et Tournesol, et j'espère un jour vivre dans un petit cottage dans le milieu de la forêt entouré de fleurs et d'un jardin ce qui illustre bien ma nature optimiste considérant mon incapacité à garder un cactus en vie.

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