Est-il vrai que les homosexuels sont un peu condamnés à avoir des relations avec d’autres personnes de la même orientation sexuelle qui ne durent pas sur l’échelle du temps et à devenir de «vieux garçons?»


Bonjour,
Récemment, j’ai commencé à essayer de me trouver un chum, mais je me suis très vite buté à un mur. En effet, j’ai constaté que les relations amoureuses homosexuelles sont souvent éphémères . De plus, en regardant de près dans mon entourage, j’ai constaté tous les hommes que je connaissais étaient devenus «vieux garçons». (ex: un cousin et un ami des parents . Les deux sont dans la cinquantaine.)
Est-t-il vrai que les homosexuels sont un peu condamnés à avoir des relations avec d’autres personnes de la même orientation sexuelle qui ne durent pas sur l’échelle du temps et à devenir de «vieux garçons?»
Merci de bien apporter votre éclairage la dessus, car j’aimerais bien me trouver un chum de mon âge et avoir des projets sur le long terme avec cette personne-là.
Rizzoli

Salut Rizzoli!
Merci pour la confiance que tu portes envers AlterHéros. Si je comprends bien, tu expérimentes présentement quelques difficultés à rencontrer un garçon avec qui construire une relation amoureuse. Tu affirmes avoir constaté que les relations amoureuses entre hommes sont souvent éphémères. De plus, en te fiant sur les expériences de deux hommes matures de ton entourage, tu crains de vieillir sans partenaire significatif. Tu te demandes s’il est vrai que les personnes homosexuelles sont condamnées à entretenir des relations éphémères et à vieillir célibataire.

La réponse est courte : non. Mais je serais bien triste de t’offrir une réponse aussi simple, car j’aime beaucoup nuancer mes propos. 🙂

Les personnes homosexuelles ne sont pas condamnées à vivre des relations éphémères et à vieillir en étant célibataires. Toutefois, il est possible que certaines personnes homosexuelles puissent expérimenter des difficultés particulières lorsqu’il est temps de rencontrer. Le plus faible bassin de partenaires amoureux potentiels est l’une de ces réalités propres aux personnes LGBTQ+. À ce sujet, je t’invite à lire cette réponse composée récemment qui pourrait potentiellement t’interpeller : Comment rencontrer le bon copain en étant homosexuel dans une région du Québec?

Ceci étant dit, pourquoi retrouvons-nous davantage de sexualités éphémères chez les hommes homosexuels que chez les personnes hétérosexuelles? Une des hypothèses à ce phénomène serait possiblement sociohistorique. En effet, devant l’interdit qui a longtemps persisté concernant l’homosexualité masculine, il a longtemps semblé impossible pour des hommes homosexuels de consolider une relation de couple inspirée du modèle hétérosexuel dominant. Cela a possiblement renforcé et accéléré la séparation de la sphère sexuelle de la sphère affective. En d’autres mots, ces hommes ont construit une forme de réseau caché permettant d’accéder à de la sexualité sans risquer d’être découvert par leur communauté et sans devoir se confronter au stigmat de l’homosexualité. Bien sûr, le contexte social a bien changé depuis! Il est donc aujourd’hui beaucoup plus facile de rencontrer d’autres hommes, d’afficher notre appartenance aux communautés LGBTQ+ et de consolider une relation amoureuse. De plus, il est relativement récent que l’on voit des modèles positifs de personnes homosexuelles ou de couples homosexuels dans les médias. Cette absence historique de visibilité et de reconnaissance de la conjugalité entre personnes de même genre a possiblement fait en sorte que ces couples n’ont jamais eu de modèle auquel se référer ou s’identifier pour construire leurs relations. En résumé, plusieurs personnes des communautés LGBTQ+ ne s’identifient pas nécessairement au modèle hétérosexuel du couple basé sur la monogamie et l’exclusivité sexuelle. Le fait que ces personnes se soient déjà retirées des normes sociales dominantes en réclamant leur identité non-hétérosexuelle peut être une hypothèse qui expliquerait la plus grande facilité de certaines personnes LGBTQ+ à construire des relations intimes, affectives et amoureuses qui soient basées une non-monogamie éthique. (À ce sujet, tu peux lire cette réponse si tu le souhaites : J’ai envie d’introduire la non-monogamie éthique dans ma relation.)

Toutefois, chaque personne a la possibilité de définir ses besoins relationnels et le type de configuration relationnelle qui lui correspond davantage. En d’autres mots, certaines personnes préfèrent rechercher une relation amoureuse basée sur le modèle de couple exclusif. D’autres personnes opteront pour un couple non exclusif. D’autres personnes opteront pour des alternatives polyamoureuses et certaines personnes ne ressentent même pas ou peu d’attirances romantiques! Bref, il existe des tonnes de modèles de configurations relationnelles et chacun de ces modèles est valide tant et aussi longtemps que l’entente entre les partenaires est consuelles et respectueuses. Une relation de couple se définit par rapport à des critères internes propre à chaque relation, comme la satisfaction sexuelle et émotionnelle, la confiance et la transparence. Il est possible pour toi de définir tes propres besoins et de rencontrer des garçons en gardant en tête ces besoins et attentes relationnelles! Il est aussi super valide de rechercher un chum de ton âge avec qui tu souhaites construire des projets de vie! Et je te rassure, ces garçons existent bel et bien! 
J’espère que cela a pu répondre à quelques unes de tes questions. Je profite de cette réponse pour te partager l’invitation de l’événement du comité KAMOU LGBTQ+. Il s’agit d’un 5 à 7 à Kamouraska, le samedi 4 avril, permettant aux personnes de la communauté LGBTQ+ de la région de se rencontrer, réseauter et socialiser. 🙂 Il y a aussi la Semaine de célébration de la diversité sexuelle et la pluralité des genres de Rimouski qui se déroulera du 23 mars au 3 avril! De belles soirées en perspective!
Je t’invite à nous écrire à nouveau si tu en ressens le besoin. On est là pour toi. 🙂
Guillaume, pour AlterHéros


About Guillaume Perrier

Parcours universitaire en Développement social à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), Guillaume (il/lui) est passionné par la représentation de la diversité sexuelle et de la pluralité de genre en contexte de ruralité. Militant de défense de droits des travailleurs et travailleuses du sexe et de prévention VIH, il adore également déposer ses orteils dans l'eau salée du fleuve et passer des heures sous ses couvertures à chaque matin.

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