Connaissez-vous des ressources à Montréal pour hommes cis qui aime cross-dressing?


Je cherche des ressources pour hommes cis genre qui aime « cross-dressing », mais ressentent de la honte et surtout se sentent seuls. Dans la grande région de Montréal

Anonyme

Bonjour!

 

Merci de faire confiance à l’équipe d’AlterHéros!

Je vois que dans le formulaire, tu as sélectionné les options trans et non-binaire, mais que tu demandes des ressources pour les hommes cisgenres. Je ne sais pas si tu as sélectionné une option au hasard ou si tu cherches des ressources pour une personne que tu connais, mais juste au cas où, voici quelques définitions pour clarifier ces concepts :

Sexe assigné à la naissance : mention F ou M déterminée par un médecin lors de l’observation des organes génitaux du nouveau-né.

Identité de genre : sentiment intérieur d’être une femme, un homme, ni l’un ni l’autre, les deux (simultanément ou en alternance) ou autre.

Expression de genre : façon de se présenter au monde extérieur par l’habillement, l’attitude, les cheveux, la pilosité, etc.

Cisgenre : personne dont l’identité de genre correspond au sexe assigné à la naissance.

Trans : personne dont l’identité de genre ne correspond pas exclusivement à son sexe assigné à la naissance.

Non-binaire : personne ne s’identifiant pas exclusivement comme homme ou femme.

Travesti.e (ou “crossdresser”) : personne qui de manière permanente ou ponctuelle présente une expression de genre très différente de son identité de genre. Les travesti.e.s ne sont généralement pas des personnes trans et n’envisagent pas d’entreprendre une transition légale ou médicale.

 

Avant d’aller plus loin, il serait aussi important de déterminer ce qui cause de la honte. Il arrive que certaines personnes vont vouloir commencer par explorer différentes facettes de leur apparence et de leur esthétique pour finalement découvrir un inconfort, un malaise ou une anxiété plus profonde par rapport à leur identité, ce que l’on appelle dysphorie de genre. Il est tout aussi possible d’être confortable avec son identité masculine et de simplement aimer porter des vêtements d’un style spécifique.

 

Bien qu’il existe plusieurs hommes à travers le monde qui aiment s’habiller de façon féminine, ces derniers subissent encore de la stigmatisation et du rejet de la part de beaucoup de gens. Certaines personnes plus âgées ou plus conservatrices s’opposent à toute forme de non-conformité au niveau du genre. De l’autre côté, certaines personnes trans et non-binaires ressentent un inconfort vis-à-vis le travestisme, car cette pratique a souvent été utilisée pour invalider et ridiculiser leur existence. 

 

Un truc qui peut aider à mieux s’accepter et à réduire le sentiment de honte est de s’exposer à des modèles positifs, différents et variés d’individus et de célébrités qui nous ressemblent. Récemment, Jay du Temple a défié les normes de genre traditionnelles par sa couverture du Elle Québec et Harry Style a fait la couverture de Vogue en portant une robe. Mais ils ne sont pas les seuls, ni les premiers. Je tiens aussi à mentionner Hubert Lenoir, un artiste Québécois populaire et controversé, et une de ces citations que j’aime beaucoup :

« Je n’ai pas réagi à tous les commentaires de haine sur les réseaux sociaux d’abord parce qu’ils ne m’atteignent pas, et surtout parce j’en ai rien à foutre. Je ne me justifierai pas face à des gens conservateurs, imbéciles et homophobes. Je vous emmerde tous. Sincèrement, Hubert. »

 

Il y aurait aussi Mark Bryan, un homme cis et hétéro devenu populaire sur internet par la façon dont il incorpore des jupes et des talons hauts dans son style de tous les jours.

 

Certaines personnes transforment leur intérêt envers la performance du féminin en une carrière. Tu as probablement déjà entendu parlé des drag queens, peut-être même de l’émission RuPaul’s Drag Race qui met en scènes de très nombreux hommes cis et quelques femmes trans qui mettent à profit leurs talents de maquillage, de couture et de performance pour gagner un prix. À Montréal, il y a le Cabaret Mado qui organise des spectacles en ligne et les drag queen Rita Baga et Kiara qui ont participé à l’émission Drag Race Canada. Les communautés travesties et de drag queens ont leurs différences, mais elles ont aussi des points en commun. 

 

J’espère que ces quelques exemples permettent de montrer comment la société est en train de changer, lentement mais sûrement. Pour ce qui est de l’aspect de la solitude, il existe quelques organismes de socialisation à Montréal. L’ASTT(e)Q (Action Santé Travesti.e.s et Transsexuel.le.s du Québec) ou l’ATQ (Aide aux Trans du Québec) seraient des bons endroits pour commencer. Les groupes Facebook sont aussi un excellent moyen pour rencontrer des gens de sa communauté. Suite à une rapide recherche je proposerais peut-être les suivants : Travesti francophone et Travesti du monde. Les groupes Le drag market Canada et Montreal Drag Queen  servent surtout à des drag queens mais il serait possible de les considérer. (…) De plus, certaines personnes cross-dressers peuvent définir leur choix vestimentaire en fonction de fétiches sexuels ou simplement dans une perspective de jeu. Plusieurs hommes cis pratiquant le cross-dressing peuvent ainsi graviter dans les communautés fétiches et/ou BDSM de Montréal. Ces communautés fétiches et BDSM constituent souvent des espaces bienveillants où toustes peuvent exprimer leurs fétiches sexuels dans le respect et le consentement des autres. En d’autres mots, il s’agit d’espaces où il est tout à fait fréquent et banal de voir des hommes cis porter des vêtements traditionnellement féminins. À cet égard, est-ce que tu connais le forum internet FetLife ? Il s’agit du plus grand réseau social des communautés fétiches et largement utilisé au Québec. En t’inscrivant à ce forum, il pourrait être possible de rencontrer d’autres personnes partageant des intérêts similaires aux tiens et même d’être tenu au courant des différents événements fétiches, voire même de cross-dressers, dans ta région. Cela peut être une façon de faire connaissance avec des personnes intéressantes et respectueuses. Similairement, il est aussi possible de demeurer à l’affût des divers événements du Montreal Fetish Weekend ou du Cirque du Boudoir.

 

À noter qu’avec la pandémie et le confinement, il est beaucoup plus facile de ressentir les effets de l’isolement social. Peu importe la façon qui fonctionne le mieux pour soi, il est essentiel pour nos santés mentales d’avoir des interactions sociales positives avec nos proches, des connaissances et/ou des étrangers. En passant, en tant que stagiaire en sexologie, je peux offrir du support individuel ou des références vers d’autres professionnel.le.s au besoin. Laisse-moi savoir si c’est quelque chose qui peut t’intéresser en répondant simplement à ce courriel. 🙂

 

J’espère que toutes ces informations ont pu aider un peu! N’hésite pas à nous réécrire pour quoi que ce soit. 

 

Maxime, stagiaire pour AlterHéros


About Maxime-iel

Impliqué.e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxime a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent.e amateur.e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.

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