Si je touche du sperme, puis-je contracter le VPH en lichant mes doigts?


Bonjour,

J’ai une petite phobie qui me préoccupe (renforcée par le covid) à propos du HPV.

Je lis sur divers site que “Le virus est absent du sperme, de la salive ou du sang., ce qui veut dire que si je touche du sperme (présent sur ses doigts) d’une autre personne, mange des frites et lèche mes doigts dans ma bouche, je risque rien.

Bonjour, 

Merci d’avoir contacté AlterHéros pour adresser tes questionnements. Tu t’interroges à savoir si le fait de toucher du sperme avant de manger peut causer un risque au niveau de la transmission du VPH(virus du papillome humain). Le VPH est en réalité une famille de virus qui regroupe une centaine de virus différents. Ils peuvent infecter la peau et les muqueuses (soit tous les tissus qui recouvrent l’intérieur du nez, de la bouche, du vagin, du col de l’utérus, de l’anus, du pénis, etc). 

Dans la situation que tu me décris, les risques de transmission sont extrêmement faibles,  voire improbable, car le VPH se transmet par un contact sexuel direct (via le contact entre les muqueuses ou la peau).  En effet, le VPH peut se transmettre lors d’une relation sexuelle (avec ou sans pénétration) du pénis, de la bouche, du vagin ou de l’anus. Elle peut également se transmettre lors d’un contact intime (peau à peau) avec une personne porteuse du VPH qui aurait des lésions, ou non. La transmission peut aussi se produire par un contact avec des sécrétions génitales infectées. Par contre, dans la situation que tu me décris, le niveau de risque est extrêmement faible, voire inexistant, (surtout si tu n’as pas eu de contact sexuel au préalable avec la personne) et peut être évité par une action toute simple: se laver les mains avant de manger. Il s’agit d’ailleurs d’une action qui peut être prise afin de diminuer les risques de transmission de la COVID-19 également.

Lors des rapports sexuels, l’utilisation d’un préservatif peut aider à prévenir la transmission du VPH.  Au besoin, il est possible également d’avoir recours à certains vaccins. Pour en connaître davantage à ce sujet, tu peux te référer à ce lien. Il y a toujours la possibilité également d’aller se faire dépister. Il existe maintenant un nouveau test de génotypage qui permet de détecter la présence du VPH sur le col de l’utérus ou l’anus. Ce test permet d’identifier si le type de virus est cancérigène ou non et peut être effectué avant d’aller en colposcopie — examen effectué à l’aide d’un microscope. Il est recommandé de passer une colposcopie seulement lorsque des lésions à haut risque sont détectées. Je ne sais pas si ce test est disponible en Belgique, mais si c’est quelque chose qui t’intéresse, je te conseille d’en parler avec ton médecin.

Il faut savoir qu’une proportion importante des personnes porteuses du VPH ne développeront aucun symptôme,(bien qu’il soit possible de développer certaines lésions comme les condylomes, mieux connues sous le nom de verrues génitales, ou encore des cellules précancéreuses ou cancéreuses au niveau de la vulve, du vagin et de l’anus). Pour en savoir davantage sur les risques de transmission liés au VPH, les méthodes de prévention, les condylomes et d’autres informations sur le sujet, je te conseille fortement de te référer à cette page. Le fait de lire davantage sur le sujet peut parfois nous permettre de mieux accueillir notre anxiété et de rationaliser certaines peurs. 

En espérant avoir pu répondre à tes questionnements, 

Cat


About Cat

Détentrice d'un baccalauréat en développement social, ses intérêts portent sur la (in)visibilité des personnes bisexuelles dans la sphère publique, sur le mouvement de défense des droits des personnes travailleuses du sexe et sur la représentation des sexualités marginalisées en contexte de ruralité.

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