TÉMOIGNAGE : Un cheminement pas ordinaire


TÉMOIGNAGE


Vous connaissez le cliché de la famille parfaite? Et bien, j’en suis très proche. Tout était comme le cliché jusqu’aux jours où je me suis mit à me questionner sur mon orientation. C’est en secondaire 2 que je suis rendu compte que j’étais gay, en fait, je n’ai même pas pensé à la possibilité d’être bisexuel. Disons que j’ai très bien pensé à ça, car j’étais toujours seul, j’avais deux amis dans le temps, mais on ne se voyait jamais, alors durant l’été, les vacances, etc., j’étais tout seul. Vous connaissez le genre de personne à porter les culottes trop hautes, lunettes, bonne moyenne à l’école, toujours à part des autres et avec le bonus de s’inventer des amis imaginaires, bien, c’était moi ça, de 0 à 16 ans 1/2.
Bref, j’étais le chouchou de la famille. Mais tout ça à changer lorsque je suis tombé amoureux d’une personne donc je ne croyais jamais avoir des sentiments pour. C’était mon meilleur ami (le classique). Bon, vers la fin de mon secondaire 4, nous avions un “party” et il y était. Je suis du genre à analyser les gens pour mieux fonctionner avec. Pour son cas, bien j’ai creusé un peu trop profondément. J’y ai découvert l’être le plus merveilleux qui soit (là j’exagère, mais dans ce temps là, c’est comme ça que je pensais) Bien, après avoir passé tout mon été à penser à son sujet, je lui ait écrit une lettre expliquant que pendant la soirée j’étais tombé amoureux de quelqu’un et que je souhaitais me séparer de la gang que j’avais dans le temps là. Juste avant le début de mon secondaire 5, il est venu chez moi et je lui ai dévoilé mon amour et comme toute personne normal, il est resté bouche bée et moi aussi. Mais j’y ait repensé et j’ai commencé à m’haïr pour lui avoir dit, même si après, il me parlait comme si de rien était. Mais j’ai tendance à me refouler sur moi-même pour penser et cette fois là, j’ai dépassé mes limites. Je pétais des crises énormes à son sujet. Une de mes crises portaient sur le fait qu’il ne m’avait pas parlé de la journée, je me suis mis en rogne et pendant le cours de chimie (le seul cours où il était à côté de moi) j’ai commencé à détruire mes crayons, à barbouiller, j’écrivais tout ce qui se passait, je pensais pensais pensais et j’ai explosé, j’ai couru en dehors de la classe pour me réfugier dans un coin pour m’arrêter, car sinon je ne sais pas ce que j’aurais pu faire.
Certains élèves se sont, bien sûr, aperçus de mon comportement et sont aller voir la personne la plus capable de m’aider, c’était mon professeure d’enseignement religieux. Elle est venue me parler et nous sommes aller voir une travailleuse sociale pour découvrir ce que j’avais. Je lui ai tout raconté et elle m’a dévoilé une possibilité de dépression nerveuse et elle m’a donné rendez-vous avec un docteur deux jours plus tard. Ce vendredi là, mon professeure est venue me chercher chez moi et nous sommes allé au CLSC. Bref pour faire court, j’étais supposé aller avec mes amis au cinéma, mais à la place, je me suis retrouvé à l’urgence de l’Hôtel-Dieux de Lévis… Mais jusqu’au moment où je suis rentré à l’hôpital, mes parents n’étaient au courant de rien, même pas de mes crises à l’école ou de mon orientation ou de mes rencontres dans le CLSC. Que fut la surprise de mes parents d’apprendre mon entrée à l’hôpital. J’étais accompagné d’un psychologue (gay) et il a essayé de réduire l’inquiétude de mes parents. Cette soirée là, je suis rentrée dans le centre pédo-psychiatrique et je me suis retrouvé dans une chambre (avec des barreaux) dans un habit d’hôpital avec tout mes biens enfermés dans un placard!!! Je suis resté en “détention” pendant plus ou moins dix jours et après, ils m’ont donnés des anti-dépresseurs à prendre pendant un an.  Il s’est passé plein de chose pendant ces dix jours, mais c’est plutôt personnel.
Donc, je suis retourné à l’école avec une pilule à prendre à tous les jours. Connaissez-vous beaucoup de gens ayant fait ce cheminement là?? Pour ma part, je n’en connais aucun. Un effet secondaire que j’avais, c’était la fatigue. Mais à ma surprise, à toutes les fois où je m’endormais, je me suis rendu compte que je faisais des choses que jamais auparavant je ne faisais!!! Je parlais avec le monde et je faisais des blagues, ce que je ne faisais jamais!!! Mais je ne sais pas s’il faut faire un lien avec la pilule, car le séjour à l’hôpital m’avait fait grand bien et malgré la pilule j’étais toujours en difficulté envers mon “amour”, car après deux mois où j’étais sous observation par un psychologue et sous médicamentation, je me suis retrouvé sur le bord du fleuve à -15 degré sans manteau et à genou dans la neige et pendant un temps interminable, je me suis mis à crier “Pourquoi moi?” “Pourquoi?” Donc je n’étais pas guérit, mais lorsque je me suis rendu compte que si je restais trop longtemps dans la neige et que je m’apercevais que je perdais mes sens, j’ai pris toute ma force pour me lever et retourner à l’école. À ce moment là, “il” est arrivé et m’a aider à me traîné jusqu’à l’école… C’est à ce moment là que j’ai compris l’importance de la phrase qu’il m’avait dit auparavant “Tu es important !!”. Après ce jour, ma vie commença à aller mieux. J’ai commencé à aller dans des groupes de rencontres et me faire tout plein d’amis “comme” moi. Je sortais, je m’amusais et je vivais!! Je me suis même mit un foulard arc-en-ciel autour du poignet à l’école pour montrer que j’étais différent et, bien, que je m’en foutais!!! En plus, les élèves ont très bien réagit !! Je ne me suis jamais senti aussi libre de toute ma vie.
Aujourd’hui, je suis aux études en sciences humaines et mon but est de travailler en psychologie pour empêcher que d’autres jeunes doivent à passer à travers ce que j’ai passé. Je sais, je suis trop mature pour mon âge, mais c’est la seule manière pour moi d’accepter les difficultés que j’ai à traverser. Mais certaines fois, je souhaiterais retourner en arrière pour empêcher certaines choses, mais je me dis que si je devais passer à travers tout ça pour pouvoir avoir une vie et bien, je suis carrément fier d’avoir réussi!! Je vais continuer et continuer jusqu’aux jours où je vais pouvoir enfin me féliciter d’être moi-même, sans masque.

Angel
Continuez à vivre à votre façon et pour vous!! 😀


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7 thoughts on “TÉMOIGNAGE : Un cheminement pas ordinaire

  • Asali

    Salut ,t´es vraiment courageux !!! Ton témoignage est vraiment touchant…
    Je te félicite !!!

  • Anonymous

    Salut Mikeal,
    je m’appelle Genevieve et je suis étudiante en secondaire 4. Dans le cadre de mon cours de journalisme, je doit réaliser une entrevue. J’ai pensé a interviewer un homosexuel qui s’est avoué. En lisant ton témoignage, cela m’a bcp touché et j’ai réaliser que j’aimerais interviewer quelqu’un comme toi… J’apprécierais bcp que tu veuille répondre à mes questions…. réponds moi si tu es interessé…

  • Marc-Antoine

    Allô! Bon c’est pas grand chose comme réaction mais je comprends ce qui t’Es arrivé. Moi quand j’ai réalisé qui je suis, je suis tombé en grosse déprime. Pas pour les mêmes raisons mais en déprime quand même. Ce que tu as vécu est compréhensible. Ce n’est pas tout le monde qui réagit de la même façon. Pour certain être gay n’est pas du tout un fardeau pour d’autres c’est carrément la fin du monde au début. Moi ce n’Est pas un fardeau du tout je l’accepte complètement. C’est sûr que je ne connais vraiment pas beaucoup d’homosexuels et que je me sens seul des fois. J’ai pensé à aller dans des groupes de rencontre, c’est pour cet été. Je suis de ton côté pour l’aide que tu veux donner, je voudrais en faire pareil. Je veux d.fendre ce que je suis et je prends très mal le fait que l’homosexualité. n’est pas encore totalement acceptée. Tu as beaucoup de courage de t’affirmer à l’école. Ton foulard au poignet, si tu savais combien de fois j’ai voulu faire quelque chose du genre… Je n’ai pas encore assez le courage. Tu es passé par un chemin presque vierge mais tu t’en es sorti, tu devrais être fier!!!

  • Kevin

    Salut,
    j’ai lu ton témoignage assez particulier et très touchant. J’ai 13 ans et j’espère bien que ça ne m’arrive jamais. En fait, je sais pas si je fait bien de le dire. Je ne veux pas vraiment te vexer(Désolé, à l’avance si je l’ai fait.
    Au fait, je tiens à te dire qu’il faut avoir du courage pour surmonter tout ce que tu as surmonté.
    Kevin.

  • Roger B

    Salut Mikhael
    C’est bizarre mais lorsque que j’ai lu ton récit je me pensais en 1970. J’ai vécu la même chose que toi mais plusieurs fois . Dans mon ca ont m’a emmener à l’hôpital 3 fois, dont une en ailes psychiatrique et une fois en prison.
    Je croyais que ces choses là n’arrivais plus aujourd’hui.
    Je te comprend parfaitement.

  • Spikes

    Salut
    Alors là… j’avoue que tu as failli tomber bien bas, mais tu t’es rattrapé a temps 😉 Et comme tu dis, moi aussi je suis trop mature pour mon age, mais c le seul moyen que j’ai découvert pour ne pas déprimer et le seul moyen pour surmonter mon homosexualité… mais je me dis comme toi que tout ce que l’on vit, on ne les vit pas pour rien 😉
    Spikes

  • david 13

    je te dit bravo parce que ce nest pas facile de devoiler son homosexualiter devant quelqun moi ca ete dur de le dire a mon meilleur amie et il ma dit mais tu restera toujours mon amie et il ma dit courage jespere rencontrer dautres personne jaime parler avec les gens de dehors je me sens libre quand je parle et joublie tt mes soucis