Seules les fessées m’excitent, est-ce normal ?


Bonjour Michel,

Je te remercie d’avoir écrit à AlterHéros pour demander des informations !

Si je comprends bien, aujourd’hui tu es davantage excité par des femmes qui reçoivent la fessée que par d’autres stimulus sexuels et tu crois que c’est lié au fait qu’enfant et adolescent tu recevais la fessée comme punition. Tu n’as pu avoir d’érection lors des deux relations sexuelles que tu as eues, mais lorsque tu étais plus jeune, tu n’avais pas cette difficulté à la vue de jolies filles. Il t’arrivait aussi d’avoir une érection lorsque tu étais puni et aujourd’hui, tu peux en avoir une en regardant des vidéos de femme recevant une fessée. Devant l’absence d’érection lors de tes rapports sexuels et de ton moyen pour en avoir une : le fantasme de la femme recevant une fessée, tu te demandes si tu es « bizarre » et si tu es un sadomasochiste.

Tout d’abord, as-tu eu plus d’une relation sexuelle avec chacune des filles que tu mentionnes dans ton message ? Il est important que tu saches que les premières relations sexuelles ne se passent pas tous de la même façon. Il est fréquent que l’homme ne tienne pas son érection longtemps et-ou que la femme ne lubrifie pas. Cela est du au stress qu’implique les première fois, au port du préservatif et à la méconnaissance du corps de l’autre et de sa sexualité. Aussi, il n’y a pas nécessairement d’orgasme lors de tous les rapports sexuels, autant pour la femme que pour l’homme. Or, il n’est pas anormal ni « bizarre » que tu n’aies pas eu d’érection ! Tu me dis qu’étant donné cette absence d’érection, tu « ne pouvais rien faire ». Les relations sexuelles n’incluent pas uniquement la pénétration vaginale. Il y a tout un monde de caresses, de baisers, de massages et de masturbation mutuelle qui entoure la sexualité. Souvent, le temps de prendre du recul entre partenaire, de délaisser la pénétration et d’uniquement penser au bien-être de l’autre et au plaisir qu’apporte ce moment intime peut suffirent pour que l’érection revienne.

Aujourd’hui encore, peux-tu avoir une érection à la vue d’une belle femme ? Le fantasme de la fessée n’est pas si rare que tu le crois. L’important dans les fantasmes, c’est qu’il n’y ait pas d’excès et que tu puisses fantasmer aussi sur autre chose. Tu pourrais tenter d’érotiser différents fantasmes que la fessée et essayer de les intégrer à ta sexualité. En fait, il est nécessaire d’avoir une « banque de fantasmes ». De plus, tu as raison, il arrive que les fantasmes viennent de l’enfance où d’un moment passé qui a été érotisé. Il se pourrait donc que tu aies érotisé le moment de la punition.

En théorie, il n’est pas possible ‘d’adopter’ n’importe quel fantasme; certains peuvent plaire et d’autres non. Chaque personne est différente et surtout en matière de sexualité ! L’exploration de ce domaine est infinie et tu découvriras aussi autre chose si tu laisses de l’espace pour cela. Il doit y avoir une équilibre dans la fantasmatique (banque de fantasmes), mais il est possible de jouer avec les fantasmes, donc tu peux inclure ton fantasme dans un autre plutôt que de mettre l'accent seulement sur celui-là.

Concernant les vidéos que tu regardes, tu peux te questionner sur la fréquence à laquelle tu les visionnes. Est-ce qu’ils t’empêchent de pratiquer des activités sportives ou de sortir avec tes amis ? La question est de savoir s’ils prennent plus de place que les autres sphères de ta vie.

Pour conclure, les questionnements que tu as sont légitimes. Tu n’es pas bizarre pour autant, car il n’y a pas de norme dans les fantasmes ! Il faut aussi savoir qu’un fantasme n’est pas nécessairement quelque chose qu’une personne désire reproduire en vrai. Certes, le fait d’être excité par le fantasme de la fessée comporte des éléments du sadomasochiste, mais de façon contrôlé et pour stimuler une personne, son utilité ne fait pas de toi une personne sadomasochiste.

Je t'invite à continuer ta réflexion et à nous réécrire s’il y a autre chose !

Sandra,


About Sandra

Sandra est présentement finissante au premier cycle en sexologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et débutera sous peu la maîtrise en sexologie profil clinique. Elle travaille en tant qu'éducatrice auprès de jeunes enfants et adolescents au Centre jeunesse de Montréal - Institut universitaire où elle approfondie chaque jour diverses problématiques. Sandra actualise régulièrement ses connaissances en participant à une multitude de formations. Elle a entre autres participé au programme de formation en prévention des ITSS chez les jeunes en difficulté ; à une formation sur la prévention de l’exploitation sexuelle chez les adolescentes ; aux formations «Pour une nouvelle vision de l’homosexualité», «L‘éducation à la sexualité en milieu scolaire» et celle concernant «L'approche sexocorporelle intégrée». En ce qui concerne son expérience passée, elle a travaillé en tant qu'intervenante au service régional de crise, intervenante pour une ligne d'écoute téléphonique et intervenante à l'activité «Un esprit sain dans un corps sain» organisée par l’Université McGill. «En tant que sexologue en formation, je considère qu'une de mes fonctions est d'être une agente d'information et d'éducation et mon implication au sein de l'organisme AlterHéros me permet d'avoir l'opportunité d'intervenir avec différentes personnes et de traiter différents sujets, ce qui me comble amplement!

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