Mes parents, mon miroir


(Québec) Bien des parents peuvent avoir un choc en découvrant les moeurs sexuelles de leurs adolescents. Mais peut-être devraient-ils regarder leurs propres comportements, avance Francine Lavoie.

«Comment réagissent-ils devant une annonce de bière (qui mise sur les stéréotypes sexuels) ou une annonce de su-shis avec une fille toute nue qui a des sushis sur les fesses? Il faut qu’il y ait un lien entre l’agir et la parole.» Il ne faut pas oublier non plus qu’à cet âge, c’est principalement dans la maison familiale que les choses se passent. «Où sont les parents?»

Elle les invite également à s’asseoir de temps en temps avec leur enfant lorsqu’il écoute des clips et l’amener à être critique envers ce qu’il regarde. «Aussi, il ne faut pas faire trop de pressions pour qu’ils sortent avec un garçon ou une fille. Ce n’est pas anormal à 16 ans de ne pas avoir de petit copain ou de ne pas aimer les partys.»

Elle rappelle qu’exprimer son affection sans passer par la sexualité s’apprend dès le bas âge, dans les échanges familiaux et dans la valorisation des enfants.

Invitée à donner son avis sur l’abandon du cours de formation personnelle et sociale au niveau secondaire, le seul où il était un peu question de sexualité, l’universitaire y voit une «erreur majeure» du Québec. «Quand on donne la responsabilité à tout le monde, elle n’est plus à personne. Il faut vivre sur une autre planète pour penser autrement.»

Une morale de vieux?
La plupart des adultes sont probablement outrés des comportements sexuels de groupe auxquels se livrent les jeunes. Faut-il voir un simple conflit de générations sur des questions morales? La chercheuse Francine Lavoie dit s’être posé la question. Mais lorsqu’elle regarde qui sont les jeunes qui s’y adonnent le plus, elle n’a pas de doute quant à la réponse. Ce sont les mêmes qui ont des relations avec des fuck friends (basées uniquement sur le sexe), qui regardent de la pornographie sur le Net, ont une consommation abusive de drogue et d’alcool, ont vécu de la violence sexuelle dans l’enfance, ont des problèmes à l’école, ont été placés hors de leur famille, etc. Bref, «ce n’est pas du monde bien partout, ça. Il y a du monde malheureux. Ils sont dans une sorte de combat pour avoir une image positive d’eux-mêmes. Je ne crois pas que c’est une question de moralité. Il y a des raisons de s’inquiéter», dit-elle. Cela dit, «ça ne veut pas dire que tout le monde qui a eu un fuck friend va avoir des activités en groupe, précise la psychologue. Mais le risque est plus grand»


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