Je suis atteint du Syndrome de Münchhausen, est-il possible que je simule ma transidentité pour attirer l’attention ?


Bon bon bon…
Je vais aller droit au but, je suis atteint du Syndrome de Münchhausen, est-il donc possible que je simule ma transidentité pour attirer l’attention ?
Le fait est que si c’est c’est possible, maintenant j’aime de plus en plus l’idée d’être une femme. Mais je ne sais pas, quand je le dit aux gens ça me fait la même sensation que quand je leurs faisaient croire que j’avais des troubles mentaux…

Bonjour,

Merci pour ta question!
Selon ma recherche google, le syndrome de Münchhausen « se caractérise par le besoin de simuler une maladie ou un traumatisme pour attirer l’attention ou la compassion ». Est-ce que c’est (à peu près) ce à quoi tu fais référence?
Si oui, ma réponse risque d’être plutôt simple : non, du moins à première vue je ne croirais certainement pas.
Être un homme, une femme ou une personne non-binaire n’est pas une maladie ni un traumatisme. Être trans, avoir un genre différent de celui qui nous a été assigné à la naissance, non plus.
C’est possible d’être trans et d’avoir en même temps un ou plusieurs troubles de santé mentale. Une personne trans peut faire une dépression, être autiste, avoir un trouble de la personnalité limite etc. Mais généralement il s’agit de deux aspects distincts de sa personne. La santé mentale peut avoir un certain impact sur le genre et la transition, il est plus difficile d’acheter des vêtement ou de faire des démarches médicales lorsqu’on est déprimé‧e par exemple. Mais toujours est-il qu’il s’agit de deux éléments séparés, et que l’une ne cause pas directement l’autre.
Tu me suis jusqu’ici?
Je ne crois donc pas que tu fais semblant d’aimer de plus en plus l’idée d’être une femme lorsque tu es seule avec toi-même. Dans notre société, les personnes trans sont régulièrement discrédité‧e‧s et invalidé‧e‧s. Historiquement, et encore de nos jours, les personnes trans ont dû se battre pour être reconnu.‧es et entendu‧e‧s. Pour avoir accès aux soins dont iels avaient besoin. C’est aussi quelque chose qui pourrait avoir un impact. Il y beaucoup de personnes qui remettent en question la possibilité d’être réellement trans parce que le fait d’être trans n’est pas bien compris et accepté dans leur environnement.
Parler du fait d’être trans à ses proches peut provoquer différentes émotions et sensations physiques. Dépendamment de leurs réactions, ça peut être du soulagement, de la joie, de la peur, de la culpabilité, de la tristesse, ou encore un mélange contradictoire. Considérant ton expérience passée d’avoir dévoilé des troubles mentaux qui ont ensuite été remis en question, je peux comprendre comment certaines hésitations aient pu revenir dans le contexte du dévoilement de ton identité de genre.
Je tiens tout de même à préciser que je ne suis pas psychologue, et que je ne suis certainement pas spécialisé dans la question du syndrome de Münchhausen. Ceci n’est pas un avis médical mais bien mon opinion de personne non-binaire et intervenant‧e psychosocial‧e.
J’espère que mon point de vue te sera tout de même utile! Elle n’était pas si courte que ça finalement ^^ Si tu as d’autres questions, n’hésites pas à nous les écrire!
Au plaisir,

Maxim·e, intervenant·e pour AlterHéros
Iel/they/them, accords neutres


About Maxim-e

Impliqué‧e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxim·e a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent‧e amateur‧e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.