J’ai vécu de l’intimidation lesbophobe. Comment m’en remettre?


Bonjour, j’aimerais vous parlez d’un sujet qui me tracasse depuis quelques temps. Pour commencer je me suis toujours remise des insultes qu’ont me disait sauf que là, je n’y arrive pas et je ne veux pas inquiéter mes parents donc je préfère ne pas leurs en parler. Il y a quelques temps des garçons m’ont écrit sur Snapchat pour m’insulté, bien sûr leurs remarques ne m’atteint pas, sauf une. Un des garçons m’a écrit à plusieurs reprise “Tu devrais te suicider sale lesbienne” ou “j’espère qu’une voiture t’écrasera et te ratera pas” bref des trucs de ce genre et j’ai essayé d’oublier, mais fuir ne m’a pas aidé donc je suis allé voir la surveillante de mon école qui est censé s’occuper des ces choses là. Comme je m’y attendais elle m’a dit de désinstaller l’application et de ne plus toucher à mon téléphone, mais mon téléphone n’est pas le problème, si je suis allé la voir ce n’était pas pour qu’elle me dise de ne plus toucher à mon téléphone mais pour qu’elle me donne de l’aide parce que mon mental en a pris un sale coup. Donc ma question est la suivante, comme je pourrais m’en remettre sans avoir à en parler?

Anonyme

Bonjour,

 

Merci beaucoup de nous avoir écrit! Les propos de ces garçons sont extrêmement violents, ça a dû être difficile à lire, surtout à répétition. Je ne sais vraiment pas ce qui aurait pu les pousser à dire ces choses-là. Mais en tout cas, je suis désolé·e que tu aies vécu ça, c’est très injuste et tu n’es aucunement responsable de ça.. Je tiens à souligner que dans ton message tu donnes l’impression d’être très forte et résiliente face à ce genre de commentaires. Tu n’as pas répondu aux messages, tu as expliqué la situation à ta surveillante et tu nous as écrit, tu as de très bons réflexes pour trouver des solutions!

 

Pour te répondre, je dirais que les solutions dépendent de ce dont toi tu aurais besoin pour t’en remettre.

 

As-tu besoin que les messages arrêtent? La surveillante n’a pas tort en te conseillant de désinstaller Snapchat et de mettre le feu à ton cellulaire, mais il y a d’autres options aussi. Néanmoins, il aurait été de sa responsabilité de t’offrir davantage de soutien, de t’orienter vers des ressources d’aide et même de t’accompagner dans la formulation d’une plainte à la direction de ton école. Néanmoins, concernant le souhait que ces messages s’arrêtent, tu pourrais les bloquer, mettre ton compte privé dans les paramètres de confidentialité, créer un nouveau compte ou utiliser une application différente pour communiquer avec tes ami·e·s et te distraire. Snapchat devrait avoir une fonction pour signaler des messages ou des comptes comme abusif et leur équipe de modération pourrait supprimer leurs comptes.

 

As-tu besoin de justice, qu’il y ait certaines conséquences à leurs gestes? Comme je disais c’est totalement inacceptable, et s’ils ont ce type de discours avec toi ils pourraient le faire avec d’autres. Il y aurait différent moyen de les dénoncer si tu ne veux pas passer par la même surveillante ou par tes parents. Est-ce qu’il y a une autre personne de confiance à qui tu pourrais parler à un‧e adulte de confiance à l’école, dans ta famille ou tes ami‧e‧s? L’école pourrait par exemple leur exiger un mot d’excuse à ton égard. Avec ou sans l’aide d’une autre personne, tu pourrais aussi contacter la police, la cyberintimidation est un crime, les garçons pourraient être poursuivis et payer une amende. Une action concrète que tu pourrais faire est de prendre des captures d’écran des messages pour avoir une preuve au cas où, que tu décides de porter plainte ou non.

 

As-tu besoin de soutien, d’être écoutée? Il y a nous évidemment, tu peux toujours nous écrire. Mais lorsque ça devient trop lourd et que tu as besoin de parler à une personne plus rapidement, il y aussi des lignes d’écoute, par appel ou par texto : Interligne, Tel-Jeunes et JeunesseJ’écoute. Ces organismes-là ont aussi des pages intéressantes sur le phénomène et des conseils. Tu peux aussi parler de comment tu te sens à tes proches sans rentrer dans les détails de la situation. Je sais que tu veux protéger tes parents, et c’est très gentil de ta part, mais s’inquiéter fait un peu partie de leur description de tâches en tant que parents…! J’ai l’impression que s’ils pouvaient choisir, ils préféreraient probablement savoir afin de pouvoir t’aider. Mais au final le choix te revient toujours.

 

As-tu besoin de retrouver le contrôle par toi-même, de te sentir protégée? Tu précises toutefois ne pas vouloir en parler, il y a des options qui permettent de protéger la confidentialité et ton anonymat. Il y a les sites cyberaide et AidezMoiSVP par exemple qui ont beaucoup d’informations et de conseils. La violence que tu nommes est lesbophobe, tu pourrais la signaler sur la plateforme Alix d’Interligne et consulter leurs ressources.

 

As-tu besoin d’aller mieux, de retrouver un peu d’espoir? Commence par prendre le temps de respirer, tu as le droit de te sentir un peu tout croche pendant un temps après avoir reçu ce type de messages. Les choses vont finir par se replacer. Avoir des distractions, des passe-temps, relaxer, prendre soin de soi (selon ce que ça veut dire pour toi) et parler de ses émotions sont des étapes qui peuvent aider. Je peux comprendre si les choses semblent sombres en ce moment, mais il y a encore beaucoup de joie, d’amour, de musique et d’animaux cutes dans le monde et dans ton avenir.

 

Si jamais c’est quelque chose que tu souhaites de rencontrer d’autres jeunes LGBTQ+, sache qu’il y a le Groupe Allo, une initiative de l’organisme Le Dispensaire, basé dans les Laurentides, qui permet aux personnes LGBTQ+ des Laurentides de réseauter ensemble! Le Groupe Allo organise des rencontres virtuelles pour les 12-17 ans ainsi que d’autres pour les 18 ans et plus. Si tu souhaites discuter de cette situation avec un‧e intervenant‧e qui habite dans les Laurentides et qui est aussi LGBTQ+ et susceptible de bien comprendre la gravité de la situation que tu nous partages, je t’invite à contacter Nicolas Courcy, responsable du volet intervention psychosociale pour la communauté LGBTQ+ à Le Dispensaire au courriel suivant : info@csalaurentides.com . Cette personne intervenante pourra t’accompagner d’une façon personnalisée, en fonction de tes besoins et objectifs dans cette situation. 

 

Si tu souhaites initier un changement dans le climat de ton école, il est possible d’inviter un organisme communautaire à venir faire une conférence pour sensibiliser les profs ainsi que les autres élèves aux questions LGBTQ+, comme Interligne par exemple. Ça peut être chouette de voir ton école prendre action pour mettre fin à l’homophobie, la lesbophobie la biphobie et la transphobie! 

 

Voilà ce à quoi je peux penser pour l’instant, j’espère que cela te sera utile. Tu peux toujours nous écrire s’il y a autre chose! 

 

Encore une fois, je tiens à te féliciter pour ton courage de nous avoir partagé ta situation. Nous sommes avec toi. <3 

 

Bon courage,

 

Maxime, intervenant·e pour AlterHéros

Iel/they/them, accords neutres


About Maxim-e

Impliqué‧e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxim·e a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent‧e amateur‧e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.

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