J’ai plusieurs questions sur mon genre, mon orientation sexuelle, le polyamour et la façon dont ils interagissent avec ma neurodiversité.


Salut,

J’ai 16 ans et je me pose quelques questions j’espère que ce sera possible de trouver ici des réponses.

1) Est-ce qu’on peut être à la fois transgenre et non-binaire ou genderfluïde ?

Je pense que je pourrais être transgenre, parce que je ne m’identifie pas à mon sexe de naissance (fille), mais en même temps je me demande si je ne pourrais pas être non-binaire, car je ne m’identifie pas complètement au genre masculin. C’est certain que je m’identifie toujours légèrement plus comme un garçon, mais jamais totalement. D’autres jours, j’ai aussi l’impression de n’être ni un garçon, ni une fille, ni un mélange des deux juste une personne. Est-ce possible ?

2) Je me considère présentement comme polyamoureux.se et pansexuel­­.le, mais dû à mon autisme j’ai beaucoup de difficultés à comprendre l’amour au point ou parfois je me demande même si je peux aimer quelqu’un de cette manière. Est-ce, là aussi, possible ?

Lorsque je m’imagine plus tard, je m’imagine avec une autre personne et des enfants tout ça, mais je ne suis jamais tombé.e amoureux et tout et je m’inquiète un peu sachant que dans tout mes amis je suis probablement la seule personne à ne jamais être sorti.e avec quelqu’un.

3) Si je veux, par exemple, une vie de triade (un genre de couple à trois), est-ce possible d’avoir et d’élever des enfants ? Quels conséquences cela aura-t-il ?

C’est la vie que je veux et je me dis que personne d’autre n’a son mot à dire là-dedans, mais je n’ai pas forcément envie que quand mes enfants iront à l’école ils doivent expliquer à leurs camarades pourquoi eux ils ont trois parents ou du moins deux parents biologiques et un troisième qui les élèvent aussi.

Alex.

Bonjour Alex,

 

Merci de nous écrire!

 

Alors, pour répondre à ta première question, oui transgenre, non-binaire et genderfluid sont des identités compatibles qui peuvent coexister chez une même personne. Tu dis que tu n’as pas l’impression de te reconnaître dans ton sexe assigné à la naissance, d’être légèrement plus proche du masculin mais pas totalement et de parfois te sentir ni fille, ni garçon, ni un mélange des deux. Ces expériences correspondent très bien aux termes que tu proposes. Si tu te sens confortable avec ceux-ci, tu peux les utiliser pour te décrire. 

 

À noter que certaines personnes vont avoir un genre qui change ou fluctue mais qui ne vont pas se dire genderfluid, alors que pour d’autres cette fluidité est essentielle à la compréhension de leur genre. C’est possible de ne pas se reconnaître dans fille/garçon et de ne pas s’identifier à la non-binarité non plus. Autrement dit, différentes expliquent leurs ressentis différemment. Tu peux essayer différentes identités et voir comment tu te sens avec elles et si tu veux te limiter à celles-ci ou non. Il n’y a rien de mal à changer d’étiquette au fil du temps.

 

Ensuite, il y a en fait des gens qui ne tombent pas amoureux.euse ou qui ne sont pas intéressé.e.s par les relations romantiques en général. C’est possible d’être romantique, pansexuel.le et polyamoureux.euse. Ça peut sembler contre-intuitif, mais en fait beaucoup de personnes asexuel.les et/ou aromantiques se tournent vers le polyamour puisque cela leur permet de répondre à leur besoins relationnels tout en laissant la possibilité à leur.s partenaire.s de répondre aux leurs avec d’autres personnes au besoin. Dans le même sens, l’amour, les relations intimes et la famille ont toute une diversité, il est possible de former une famille choisie avec des gens que l’on considère très proches de nous, ou d’aimer profondément une personne sans sortir avec. 

 

Il est toujours possible aussi que cela change avec le temps que tu vives des expériences plus tard que tu n’aurais jamais cru possible. Ou encore que tes rêves de famille traditionnelle et de banlieue évoluent. C’est assez difficile de prédire l’avenir.

 

Et finalement familles reconstituées, complexes et alternatives existent. Le fait d’être trois parents à élever des enfants n’est plus aussi rare que cela l’a déjà été dans le passé. Qu’il s’agisse d’un couple séparé et de nouveaux partenaires, ou de plusieurs partenaires ensembles, au final ce qui est le plus important est d’offrir de l’amour, une structure et un espace sécuritaire qui encouragent le développement de l’enfant. C’est possible que d’autres enfants à l’école aient de la difficulté à comprendre, mais ça serait aussi le cas pour une multitude de situations et de familles. S’il y a des commentaires, ils peuvent toujours être adressés.

 

Si tu as d’autres questions, n’hésites pas à nous écrire, et nous ferons notre possible pour te répondre rapidement.

 

Au plaisir,

 

Maxim·e, intervenant·e pour AlterHéros

Iel/they/them, accords neutres


About Maxim-e

Impliqué‧e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxim·e a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent‧e amateur‧e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.