J’ai été victime d’homophobie au travail et je ne sais pas quoi faire…


Bonjour Guy.

Je te remercie de t’être confié à nous.

Dans ton message, tu nous racontes que, travaillant à l’hôpital Montfort, tu as été victime d’homophobie pendant plus d’un an. Tu as donc déposé une plainte auprès du Tribunal des droits de la personne de l’Ontario, mais tu te sens seul dans tes démarches et cherches de l’aide.

J’ai été très touché, Guy, par ton témoignage. Je devine combien il doit être pénible de faire face, quotidiennement, aux préjugés et au harcèlement. Ta situation est d’autant plus délicate qu’elle implique des collègues de travail. Dans les circonstances, tu as très bien fait de déposer une plainte auprès du Tribunal des droits de la personne. Et je peux comprendre tes inquiétudes face à la réaction musclée de l’hôpital Montfort qui, selon tes dires, « a pris une des plus grosses firmes d’avocats d’Ottawa ». Cependant, je pense qu’il faut avoir confiance en notre système judiciaire. Dans les cas de harcèlement, la voix des victimes se fait toujours entendre par les tribunaux et, comme trois de tes collègues peuvent témoigner en ta faveur, je ne vois pas pourquoi tu n’aurais pas gain de cause. Je conviens qu’il faut faire preuve de patience, les démarches de ce type nécessitant du temps, mais le Tribunal des droits de la personne, tel qu’indiqué sur son site Internet, s’engage à « mettre en oeuvre des recours réels et efficaces » dans des délais raisonnables.

Par ailleurs, il se peut que tu désires t’offrir les services d’un avocat, mais que tu n’en aies pas les moyens financiers. Je crois que, dans ce cas, tu devrais communiquer avec l’Aide juridique de l’Ontario (www.legalaid.on.ca). Même si, généralement, ce sont les personnes à faible revenu qui y ont droit, on précise, sur leur site, qu’ « il est possible (…) que vous obteniez une assistance juridique même si vous exercez un emploi et (que) vous possédez une maison ». Dans ce cas, il faut simplement passer un test d’admissibilité.

Tu nous as écrit, aussi, que tu as obtenu un retrait temporaire de ton emploi pour cause d’invalidité. J’estime qu’il serait bon que tu profites de ce temps qui t’est donné pour élargir ton cercle d’amis. Dans une situation comme celle que tu vis, il n’y a pas de pire ennemi que la solitude, parce qu’alors on se met à ressasser ses problèmes et, ainsi, on se détruit le moral. Je ne sais pas si tu connais le « Groupe Gai de l’Outaouais » (www.algi.qc.ca/asso/gdhgfo/index.html)? Il s’agit d’un groupe de discussion qui se réunit tous les mercredis soirs, à Gatineau, et dont le but est de créer des liens entre des hommes gays de tous les horizons. Que tu sois seul ou en couple, il ne peut pas être mauvais de partager tes problèmes avec des gens qui, dans bien des cas, ont un vécu similaire au tien. Si tu traverses une période de crise ou d’angoisse et que tu veux parler rapidement à quelqu’un qui a une expertise en relation d’aide, je te conseille alors de contacter « Gai Écoute » (tél : 1-888-505-1010), un organisme qui vient en aide aux personnes homosexuelles qui vivent des moments difficiles. Bien sûr, n’hésite surtout pas à nous réécrire si tu en sens le besoin : il nous fera toujours plaisir de t’aider à voir plus clair dans ce que tu vis.

En ces moments difficiles, Guy, toutes mes pensées sont avec toi. Je te souhaite, et du fond du coeur, de voir bientôt la lumière au bout du tunnel.

Bon courage!

Benoît

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