Est-ce qu’on devient homosexuel de la même manière que mon oncle ?


Bonjour Sébastien.

Je te remercie pour ta question. Dans ton message, tu nous indiques que ton oncle, qui a 44 ans et qui est père d’une fille, vit une relation avec un homme. Par conséquent, tu te demandes si on peut devenir gay « comme ça ».

Tout d’abord, il faut savoir que l’homosexualité n’est pas une maladie qui s’attrape au contact de gays et de lesbiennes. Ce n’est pas, non plus, quelque chose qui nous tombe dessus, un beau jour, sans qu’on puisse prévenir le coup.

Selon l’American Academy of Pediatrics, l’orientation sexuelle ne serait probablement pas déterminée par un seul facteur, mais par une combinaison de facteurs génétiques, hormonaux, et environnementaux. Donc, bien que la chose reste encore à démontrer scientifiquement, on tend de plus en plus à considérer qu’il s’agirait d’un état inné, c’est-à-dire que l’on serait gay, lesbienne, bisexuel ou hétérosexuel dès la naissance, indépendamment du milieu d’où l’on provient et du type d’éducation qu’on a reçu. Par exemple, des parents hétérosexuels qui auraient un garçon et qui l’élèveraient de manière traditionnelle, dans un cadre de vie stable et aimant, ne pourraient en aucune manière l’empêcher d’être gay s’il est né ainsi. En l’occurrence, on a tort, à mon avis, de chercher des raisons pour « justifier » l’homosexualité de telle ou telle personne. Il n’y a pas d’autre raison que celle de la naissance. Même chose pour l’hétérosexualité. D’ailleurs, s’aviserait-on de demander au sujet d’une personne : « Pourquoi est-elle hétérosexuelle? ».

Par contre, une personne homosexuelle, si elle ne se sent pas à l’aise avec son orientation ou si elle a l’impression que celle-ci est méprisée par les gens de son entourage (les deux vont souvent ensemble), peut mettre bien du temps avant d’être capable de s’assumer. Il arrive même que certaines d’entre elles optent pour la vie de couple hétérosexuelle, croyant ainsi que leur « tendance » finira par disparaître. Hélas! Il n’en est rien. Ce refus d’être soi-même ne fait que perpétuer le malaise, la solitude et le sentiment d’incompréhension. Bref, il est préférable d’être toujours à l’écoute de ce qu’on est, de ce qu’on ressent, et de vivre en conséquence.

Le cas de ton oncle, je l’avoue, peut être problématique dans la mesure où il avait une conjointe et qu’il est père d’une fille. Est-ce que la séparation d’avec cette conjointe s’est faite à l’amiable? Est-ce que l’enfant est en âge de comprendre ce qui se passe? Je l’ignore. Cependant, il m’apparaît clairement que toutes ces personnes auront besoin, Sébastien, de ton amour et de ton support. Évite surtout de juger négativement le choix qu’a fait ton oncle – le choix étant de vivre une relation avec un homme, car il n’a pas choisi d’être homosexuel. Cette décision lui a certainement demandé beaucoup de courage et, malgré les problèmes qui en découlent – problèmes bien réels et qu’on ne saurait minimiser! – je pense sincèrement qu’il a bien fait.

En espérant avoir répondu à ta question de manière satisfaisante, je t’invite, Sébastien, à nous réécrire si jamais le besoin s’en faisait ressentir.

Bonne chance!

Benoît

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