Est-ce que mon perfectionnisme peut être une source d’anxiété et de démotivation?


Bonjour, cela faisait longtemps que je n’écrivais pas à Alterhéros. Avant de commencer je voudrais vous remercier d’avoir toujours répondu à mes questions sur mes doutes. J’ai en ce moment un soucis qui me pose de sérieux problèmes pour apprendre mes leçons et faire d’autres activités. Sa a commencé vers le début de l’année, je m’étais dis que je pouvais faire mieux pour mes résultats au collège, donc je me suis mise petit à petit à vouloir visé la perfection. Pour l’instant tout va bien mais depuis trois mois je n’ai plus envie de travailler, d’apprendre ou de jouer avec des amis. Ce que je veux dire par là c’est que dès que je veux me mettre à apprendre un cours, au bout de quelques minutes seulement je ne veux plus rien faire. Et quand je suis dans mon lit la nuit je me met à pleurer parce que j’ai peur de l’évaluation du lendemain. Et aussi, par exemple pour la semaine prochaine au vendredi 28 j’ai 2 évaluations assez simples mais je me dis que je n’aurais jamais le temps d’apprendre alors que si surtout que j’ai déjà fais des fiches.Donc j’ai été sur internet voir pourquoi d’un coup j’ai une flemme problématique. J’ai trouvé plusieurs résultats plus ou moins convaincants mais il y en a quand même un qui a retenu mon attention. Il y était écrit que le sentiment de vouloir viser la perfection était un des facteurs provoquant l’envie de ne rien faire. Et c’est exactement ce que j’ai voulu faire. Mais je me méfie un peu d’internet, donc j’ai voulu poser la question à vous. Savez vous pourquoi j’ai tout d’un coup, en fin d’année, je n’ai plus envie de travailler ? Je vous remercie d’avoir pris le temps de lire mon message en espérant que vous me répondrez bientôt. Bonne soirée à vous!

Justine

Bonjour Justine,

Premièrement, je souhaite à souligner ton courage de nous écrire aujourd’hui quant à tes questionnements. Si je comprends bien, tu cesses d’avoir une motivation pour tes études après avoir débuté et tu crains tes évaluations. Tu nommes également tenter de viser la perfection, et ne plus avoir de motivation pour le travail et tes ami.e.s.

Afin de guider tes réflexions, voici quelques questions. Comment te sens-tu lorsque tu n’arrives plus à travailler? Vis-tu des réactions physiques (cœur qui bat, sueur, nausées, envie de bouger, etc.)? Quelles sont les pensées qui te viennent en tête? Lorsque tu penses à tes évaluations, qu’est-ce qui te fait peur? Quelles sont les stratégies que tu as tentées pour t’amener à te recentrer sur tes études, mais également pour prendre soin de toi? Est-ce qu’il y a autre chose dans ta vie actuellement qui est difficile? Vis-tu du stress?

Ce que tu me décris semble pouvoir être similaire au concept d’anxiété de performance. Effectivement, lorsque l’on tente de viser la perfection, on peut commencer à ressentir une pression à faire mieux ou plus. Cette pression amène une anxiété qui peut être paralysante et/ou envahissante.

Voici des hypothèses des impacts de cette anxiété de performance :

Tu peux avoir de la difficulté à exécuter tes tâches, les pensées prenant l’espace disponible dans ta tête.

Les études peuvent rapidement prendre l’image d’une montagne insurmontable, rendant difficile l’atteinte de bons résultats lorsqu’on croit qu’on n’y arrivera pas.

Tu pourrais aussi vivre un trop plein de tes études, ne te motivant pas à poursuivre! Lorsque les études occupent une place centrale, accentuée d’une pression y étant liée, cela peut ne pas donner envie de continuer, surtout en fin d’année (et après une année aussi stressante que nous avons collectivement vécue avec les différents confinements).

Il est aussi possible que le fait d’être face à tes études vienne chercher une partie de toi qui souffre, t’amenant alors dans l’évitement.

Voir tes ami.e.s peut t’amener à penser que tu devrais être centrée sur tes études, et activer une culpabilité.

Etc.

 

Donc, oui, le désir d’atteindre la perfection peut provoquer l’envie de ne rien faire. La crainte de l’échec peut aussi s’intégrer aux hypothèses. Il est normal de vouloir atteindre de bons résultats, mais il est important de prendre soin de toi dans ce processus

Je te propose, si cela te convient, à explorer la possibilité d’entamer un suivi thérapeutique afin de déterminer ce qui vient activer ce désir chez toi de ne rien faire. C’est un grand pas à faire, et cela peut être effrayant. Mais il s’agit d’une belle démarche à faire pour toi-même. Un tel processus pourrait te permettre de mieux te comprendre, d’adresser les origines de ta problématique et te donner un espace sécuritaire pour mettre en place des stratégies adaptées.

Voici les stratégies que je te suggère pour le moment :

  • Décortiquer des tâches à faire, cela rend chacune des étapes surmontables et plus faciles.
  • Prévoir des renforçateurs positifs après l’atteinte d’un des petits objectifs (collants, aliments préférés, chansons que tu aimes écouter, prendre une pause de 15 minutes, etc.) et un plus grand renforçateur lorsque tu termines ton moment d’étude
  • Prévoir de courtes pauses souvent, et y inclure des étirements.
  • En parler à une personne de confiance qui pourra te supporter.
  • Et surtout, de te prévoir des moments de détente et de selfcare! C’est le plus important

N’hésite pas à nous réécrire si tu as d’autres questions !

 

Valérie, Bénévole pour AlterHéros

Valérie Léveillé (elle/she)

Sexologue M.A., Psychothérapeute

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