Est-ce que le fait de garder mon orientation sexuelle pour moi peut engendrer des problèmes ?


Salut Simon.

Je suis très heureux que tu nous aies réécrits. Les précisions que tu apportes me permettent de mieux comprendre ta situation.

D'emblée, tu nous dis que tu te sens obligé de taire ton homosexualité parce que les gens de ton entourage ne comprendraient pas. Je ne vois, pour ma part, aucun problème à cet égard. L'orientation sexuelle d'une personne relève de sa vie privée. Tu ne dois donc pas te sentir obligé d'en parler à qui que ce soit. Cependant, si tu désires vivre une relation amoureuse avec un garçon, il faudra bien que tu en parles – ne serait-ce qu'à la personne dont tu seras amoureux.

Peut-être que la meilleure façon d'apprivoiser ton homosexualité consiste, comme tu l'as évoqué, à te trouver un confident, une personne digne de confiance qui ne te jugera pas et sur qui tu pourras compter. As-tu visité la « Zone des AlterHéros » qui se trouve sur notre site? En t'y créant un profil, tu pourras aisément nouer des liens avec des allosexuels de ton âge. Tu peux aussi recourir au site de réseautage « Facebook » (www.fr.facebook.ca). Il existe de nombreux groupes pour les jeunes gays francophones, dont ceux d'AlterHéros, de Projet 10 et de Jeunesse Lambda. Tous ces groupes sont canadiens, mais rien ne t'empêchera de tisser des relations avec les internautes qui s'y sont inscrits en correspondant avec eux. Cependant, ici, la prudence est de mise! Ne jamais précipiter les choses et toujours prendre le temps de connaître la personne avec laquelle on échange avant de lui donner nos coordonnées personnelles et/ou prendre un rendez-vous avec elle. S'assurer aussi, au moyen d'une webcam, qu'il s'agit bien d'un jeune et non d'un adulte ayant une fausse identité…

Une chose est certaine : parler est très important. Pourquoi?, me demandais-tu. Tout d'abord, parce que cela nous libère, nous soulage de notre peine; ensuite, parce que ça permet d'apprendre à mieux nous connaître; enfin, parce que le fait d'aborder franchement son homosexualité est la meilleure façon de la banaliser, c'est-à-dire de ne plus la percevoir comme étant un problème, mais plutôt comme quelque chose de normal et qui fait partie de notre vie. À ce sujet, je voudrais revenir sur ton commentaire par rapport à une consultation avec un psychologue. Tu m'as écrit qu'un tel spécialiste ne t'apprendrait sûrement rien à ton sujet que tu ne saches déjà. Peut-être, en effet, qu'il ne t'apprendra rien de nouveau sur toi-même, mais il pourrait sans aucun doute t'aider à surmonter tes complexes et à voir ainsi la vie sous un jour meilleur. Après tout, c'est son boulot. Qu'en penses-tu?

Tu as mentionné un détail que je trouve particulièrement intéressant. C'est lorsque tu nous dis que, pour oublier ta tristesse, tu aides « psychologiquement » les gens de ton entourage. J'ignore ce que tu voulais dire exactement par là, mais je pense que le bénévolat – sous toutes ses formes – te conviendrait parfaitement. T'investir pour une cause à laquelle tu crois serait excellent pour ton moral. Par ailleurs, tu pourrais développer des liens avec des gens sympathiques et reprendre confiance en toi.

Je sais bien, Simon, que tu traverses présentement une période difficile. Je suis très touché par ton histoire et j'espère, du fond du coeur, que mes commentaires te seront utiles. Si tu le souhaites, n'hésite pas à nous réécrire : il nous fera toujours plaisir de t'aider.

Tu es beau, Simon, et tu as toute la vie devant toi : donne-toi la chance et les moyens d'en profiter!

Amitiés,

Benoît

Leave a comment