Est-ce que je suis trans?


Ils disent que si tu te poses la question, c’est qu’il y a déjà de bonnes chances…..
Tout a commencé il y a 4 mois (même si c’était au fond de moi depuis mon enfance) quand j’ai lu un livre sur la transsexualité. Le livre fait partie de la collection Tabou et est intitulé “Garçon manqué”. En le lisant, j’ai remarqué que ce livre est l’histoire de ma vie.
Même si la dysphorie de genre me suivait de près depuis un petit bout, c’est à ce moment précis que j’ai réalisé. Le livre me touchait beaucoup et ça me troublait. Le processus s’est alors démarré. Passer des soirées sur internet à rechercher sur le sujet, pleurer ma vie en pensant à toute cette merde qui était coincée au fond de moi depuis que j’ai 5 ans, les nuits blanches à cause de toutes ces questions. C’est ce que je vis depuis 4 mois et ça me détruit de l’intérieur.
Il y a bien sûr certains jours où ça va mieux, et d’autres où je ne vois pas la lumière du jour. Malgré toute mes similarités vis-à -vis les FTM, il y en quand même des points où je suis différente (oui, je parle de moi au féminin). La plupart des personnes trans se détestent, veulent en finir et se mutilent… etc. Je ne me déteste pas, je vis quand même bien dans mon corps (même si je serais mille fois plus heureuse avec un corps d’homme), mes seins, mon vagin, les menstruations c’est pas la mort pour moi.
Enfin ce l’était, avant que je n’invente cette personnalité. Quand je suis rentrée à l’école secondaire (ou collège je crois pour les Français et pour les autres régions dans le monde ) j’ai décidée que tout mon “cirque” devait arrêter. Que j’allais devoir assumer le fait d’être une fille et d’être plus comme elles, ces “vraies” filles. Apprendre comment bien coiffer mes cheveux, porter des vêtements féminins, ces fameuses jeans booty lift qui m’étouffent autant psychologiquement que physiquement.
En faisant ça, j’ai juste remarqué que mon amour et mon appartenance pour tout ce qui est gars ne pouvait pas être contenu. Ça m’a rendue tellement malheureuse. Avant cela, je portais ce que je voulais, faisais ce que je voulais, et je mettais même des paires de chaussettes dans mes boxers quand j’allais me coucher. Je fantasmais jour et nuit d’être un homme.
À un certain point, celui de la dépression, j’ai décidé de complètement arrêter. J’ai été coupé cette sorte de crinière épaisse qui me pourrissait la vie et j’ai acheté des vêtements de garçon. Ç’a été ma délivrance. Ça m’a suffi jusqu’à maintenant. Maintenant , je remarque juste comment mon comportement est anormal. Pendant tous ces mois, je me disais que j’étais “butch”, “travesti”, mais il y a quelques évidences qui crient le contraire….
Quand j’étais petite, à chaque soir avant de dormir, je priais pour me réveiller en garçon. À chaque anniversaire, je souhaitais être un garçon. À presque chaque fois que je vois un gars , je suis jalouse. Je regarde tous ces FTM et je les envie. Quand les gens me prennent pour un Émile plutôt qu’une Emy j’adore ça, et quand c’est le contraire je suis limite insultée. Quand j’ai le rhume, je fais exprès de pas prendre pour pas prendre de médicaments car j’adore la voix grave que ça donne. Quand je m’imagine en train de passer à l’acte, la plupart du temps, je suis un homme.
Même avec tout ça, je nie….. en fait ça dépend des jours. J’ai peur de tout ça. La réaction de ma famille, si ce que je pense s’avère vrai, devoir faire des opérations, de l’hormonothérapie… Et si je regrettais ? Pour l’instant, tout ce que je sais c’est que je veux attendre mes 18 ans pour faire quoi que ce soit. Mais si mon corps, mes traits devenaient encore plus féminins? Je le vivrais terriblement mal. Si je vis comme ça jusqu’à 18 ans? C’est toujours dans ma tête et ça arrête jamais. Je laisse ça ici, pour avoir vos avis. Et une question, si je prends des hormones et j’arrête ensuite, c’est quoi les effets? Au niveau génital et tout… Et aussi, comment commencer une hormonothérapie si je me décide à le faire un jour ?


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9 thoughts on “Est-ce que je suis trans?

  • Elisa

    Salut émy ou Émile comme tu veux je suis un homme qui se travestit en femme et j’ai le même problème que toi sur la transsexualité on a le même âge en plus j’aimerais beaucoup te connaître si tu souhaites tu peux me contacter en message privé tu sais vu que tu ne déteste pas ton corps tu n’est peut être pas trans juste travesti ? Je ne sais pas si tu veux en discuter contacte moi 😉

  • Aris

    Hey Emile !
    (J’espère employer les bons pronoms et prénom, tous deux masculins, et que cela te conviendra – sinon, je te présente mes excuses. Dans le pire des cas, ça te permettra de savoir si tu aimes ou non être genré au masculin. 🙂 )
    Juste pour que tu saches un peu qui s’adresse à toi, moi c’est Aris, un français FtM qui se retrouve pas mal dans ton questionnement de genre. ^^
    Tu dis ne pas totalement te retrouver dans certaines “caractéristiques”, “indices” de transidentité. Moi non plus, et c’est ça qui m’a fait douter. Tout comme toi, je ne déteste pas mon corps, mais j’en raffole pas non plus ; en fait, avant de connaître la transidentité, j’étais dans l’optique « Avoir un corps masculin aurait été mieux, mais c’est pas le cas alors je fais avec ». De même j’ai eu des idées noires, mais ma peau et ma vie ont été épargnées, heureusement. Finalement, je commence doucement à comprendre qu’il n’y a pas de modèle-type “trans”. Chacun est différent. Ce n’est pas parce que je préfère les comédies romantiques que ça me rend moins crédible. Pareil, je suis tombé sur le témoignage d’un autre FtM qui disait aimer le rose et jouer aux poupées comme aux jeux de constructions, préférer la compagnie des filles (tiens, je te laisse même son témoignage : http://ftmesque.free.fr/temoignages.php)… C’est vraiment une question de ressenti plus que de goût. Il existe des hommes cisgenres qui aiment la mode, la danse, le maquillage, et ça ne les rend pas moins hommes pour autant. 🙂
    Comme toi, j’ai moi aussi tenter de passer outre mon ressenti, de me forcer à être une fille en me disant que ce n’était qu’une lubie et que ça passerait… mais non, ce sentiment revenait toujours au galop, et un peu plus fort à chaque fois. C’est en le respectant que j’apprends à m’aimer. Sérieusement, il suffit d’une tenue, d’une coupe de cheveux, de l’utilisation du “il” ou de mon prénom choisi pour me rendre heureux. Pourquoi chercher plus loin ?
    Je tiens à souligner un point : tu es loin des classiques, mais tu n’es pas un monstre. De toute façon, avoir un comportement anormal ne veut rien dire. Qu’est-ce que c’est, au juste ? Faire comme tout le monde ? Personne ne fait pareil. PER-SONNE.
    Enfin, se dire anormal, c’est juste dire d’une manière dévalorisante que tu sors de l’ordinaire. Sauf que c’est pas dévalorisant de sortir de la banalité. Anormal, c’est être hors norme… extraordinaire, en somme. 😉
    (Plus sérieusement, on est tous des gens et on a tous un truc qui nous rend atypique, original, différent. C’est ça qui est beau.)
    En tout cas Emile, ne te mens pas à toi-même. Je sais que c’est difficile, qu’on préférerait la voie de la facilité et qu’être qui nous sommes demande un courage phénoménal (en tout cas, c’est comme ça que je le perçois, je fais limite des compétitions de lâcheté). Personne ne peut déterminer pour toi qui tu es, ton identité. Tu es le seul à pouvoir le faire. De ce que tu me dis, j’ai l’impression qu’il y a vraiment un mal-être au niveau de ton genre, mais qui suis-je pour dire ça ? Vraiment, il n’y a que toi qui puisses déterminer si tu es homme, femme, agenre, genderfluid, etc.
    Parlons de la transition. Tu dois d’abord savoir que tu n’es pas forcé d’être hormoné ni de faire des opérations si tu n’en éprouves pas l’envie. Par exemple, je ne compte pas faire de réattribution sexuelle (ou changement de sexe). Il n’y a pas un parcours tout tracé à suivre. Certains vont faire des modifications corporelles, d’autres non. C’est un choix, et ça ne nous rend pas moins légitime ! 🙂
    Pour le regret, je ne connais que trop bien, j’ai la même crainte que toi. Que ça ne soit qu’une lubie, tout ça, tout ça. Pourtant, je vois bien « qu’être homme » me rend heureux, que ça dure depuis des mois (au moins six maintenant). Ca ne peut PAS être une lubie. Je crois plutôt que c’est la peur de l’inconnu qui nous tenaille. Je crois qu’il faut se poser les bonnes questions. Es-tu heureux en simulant appartenir au genre assigné à ta naissance ? Regretterais-tu une vie de « fille », ou la zone de confort à laquelle tu as le droit en te conformant à la société ?
    Pour répondre à tes questions sur l’hormonosubsitution, oui, on peut arrêter à un moment donné. Si tu arrêtes tôt (quelques mois je dirais), les premiers changements aperçus « disparaîtront » au fil du temps car les premiers à apparaître sont généralement réversibles. Par contre, si tu décides après plusieurs années d’arrêter, certaines modifications resteront (tu peux voir ça sur le site http://www.ftmvariations.org/spip.php?article28). Certains FtM suspendent leur traitement pour avoir des enfants biologiquement, par exemple. Ceci dit, à long terme, la stérilité semble plutôt inévitable… Tout dépend de la quantité d’hormones injectées, en fait. Lors d’une réunion trans à laquelle j’ai assisté, un homme trans a assuré avoir un ami encore fertile après sept ans d’hormonosubstitution. Comme quoi… 🙂
    Pour commencer une hormonothérapie, il faut t’adresser à un psychiatre. C’est lui qui te donnera (enfin, si ça se passe bien et que tu tombes sur quelqu’un d’ouvert) une attestation de ta transidentité – ce qui est absurde, un inconnu ne peut pas savoir mieux que toi qui tu es –, un pass qui pourra te donner accès aux hormones et aux opérations chirurgicales si tu le désires. Pour les hormones, il faudra s’adresser à un endocrinologue qui acceptera de te fournir la testostérone et… tadam !
    Enfin voilà. J’espère t’avoir un peu aidé, ne pas avoir être maladroit ni dit de bêtises, parce que je suis encore assez loin de tout ce qui est parcours médical, haha… Je commence tout juste à en parler et à faire ma transition sociale. En tout cas, sache qu’être un homme, une femme, agenre, queer, genderfluid, autre, tout est correct. Si tu veux parler, n’hésite PAS à m’envoyer un message, je suis là pour toi si tu en as besoin. :]

  • Emy/Émile?

    Merci beaucoup d’avoir pris ton temps pour me formuler cette réponse ! Ça fait chaud au cœur . Je suis dans une période assez noir et j’en avais besoin .Je pense exactement comme toi . Ça m’emmerde tout ces standards.Je continue mon cheminement et je suis presque capable de dire que je le suis .. Je pense que ton point de vue pourrais grandement m’aider . En plus tu pique ma curiosité ! j’aimerais bien apprendre à te connaître

  • Max

    Allo ! Je sais que ta publication date un peu (beaucoup) … Je me reconnais aussi dans ton récit (et celui d’Aris), sauf que j’échoue avec brio (c’est aussi ce que je veux, je m’en suis finalement rendu compte !) à paraître fille féminine en ce moment (coucou les questions du genre : Alors, t’es butch/lesbienne ? avant/après que je coupe mes cheveux et passe de d’un style vestimentaire jeune femme classique à androgyne (idéalement) sans compromis). (Une dernière parenthèse : avec le recul, je crois que mon entourage a réalisé que je questionnais mon genre à leur manière bien avant moi … XD )
    Pour moi, c’est la biographie de l’auteur simplement appelée «Trans» paru aux Éditions de Mortagne. En tout cas, savais-tu qu’il y a une suite à « Garçon manqué » ? Elle se nomme « Éloi », toujours dans la collection Tabou et écrit par Samuel Champagne. Bref, tout ça pour te recommander ce roman. On pourrait en jaser si ça te tente 😉

  • Rémy

    Oui je l’ai lu !! Je t’avoue que je suis trop “triggered” pour relire mes témoignages Ça fait très longtemps et je me sens comme une personne assez différente . Et oui on peut jaser ! Si t’as besoin de conseil , n’hésite pas .

  • Équipe AlterHéros

    Salut Rémy ! Comme tu peux le voir, ton témoignage aide beaucoup de personnes ! Si tu as besoin d’en jaser avec nous, nous sommes là aussi.
    Bonne journée tout le monde !