De quelles façons puis-je obtenir des oestrogènes au Québec?


J’ai enfin parlé à mon docteur de mon côté féminin, je lui ai dit que j’avais pris des œstrogènes il y a quelques années avec du finasteride acheté aux noir et je lui ai demandé si elle pouvait m’en prescrire vu que j’aimerais mieux qu’elle me suive et que ça me manque.

La réponse:  « je ne suis pas assez à l’aise pour le faire mais je peut te diriger vers un endocrinologue ».

Je me demandais si il y avait un autre façon d’avoir une prescription sans voir d’autre docteur. Je lui ai demandé si je signais une décharge et elle ne veut pas plus.

George

Bonjour!

 

Félicitations d’avoir pu exprimer tes besoins à ton docteur! Les hormones prescrites sont beaucoup plus sécuritaires et efficaces que celles que l’on peut trouver en dessous de la table, mais je peux totalement comprendre comment c’est parfois tout ce à quoi on peut avoir accès.

 

Alors, en théorie, un·e médecin de famille ou généraliste serait censé·e avoir toutes les connaissances requises pour prescrire l’hormonothérapie et effectuer un suivi, après tout ce n’est pas si différent d’un suivi pour un trouble de la glande thyroïde ou une prescription de contraceptifs hormonaux par exemple. Pourtant, beaucoup de docteurs n’ayant jamais fait ce type d’accompagnement sous-estiment leurs capacités, ou surestiment la complexité et les risques liés à ce type de traitement.

 

Il y a quelques options que tu pourrais suggérer à ton médecin. En voici quelques unes :

  • Des guidelines claires et complètes sur la prise en charge de l’hormonothérapie au Canada existent et sont disponibles en ligne.. 
  • Le Centre Meraki offre des formations et de l’accompagnement clinique aux médecins voulant commencer à prescrire des hormones mais qui ne se sentent pas suffisamment outillé·e·s pour le faire.
  • La clinique 1851 possède aussi une communauté de pratique pour médecins et infirmier·ères, organisée par le Dr. Charles-Olivier Basile et offrant ce type de mentorat. 
  • L’ISMH·ISMS offre de la supervision clinique individuelle ou en petit groupes, de façon ponctuelle ou continue, en personne ou à distance et portant notamment sur la santé trans. C’est Dr. Françoise Susset qui est chargée de celles-ci.
  • Dre Sylvie Demers donne une formation médicale intensive en hormonothérapie féminine s’adressant aux médecins, pharmaciens et infirmières cliniciennes.
  • Le groupe Facebook Médecins transaffirmatifs du Québec est une autre communauté de pratique qui pourrait l’aider à obtenir du soutien de ses pairs.

Bref, comme tu peux voir il y a plusieurs options qui sont facilement disponibles si ton médecin est ouverte à l’idée de bonifier sa formation.

 

Enfin, je te recommande très chaudement le site transtionner.info qui est une précieuse source d’informations et de ressources sur la transition médicale au Québec. La page Accès à l’hormonothérapie au Québec devrait t’être particulièrement utile.

 

Je peux imaginer que tu ne souhaites pas être transférée à un·e autre spécialiste, que ce soit à cause de l’attente que cela ajoute ou parce qu’il peut être difficile de faire suffisamment confiance à un·e inconnu·e de son vécu et de ce que l’on ressent. Il y a aussi le risque d’être confrontée à un·e endocrinologue qui n’est pas sensibilisé·e aux enjeux trans. À ce niveau, je pourrais te conseiller de contacter une association trans ou au moins LGBT+ de ton coin, le Néo par exemple est probablement la plus connue à Lanaudière. L’ATQ est située à Montréal mais œuvre techniquement à travers l’ensemble du Québec. Il y aurait aussi des groupes Facebook comme TransQuébec. Il y sûrement une personne quelque part qui connaît les endocrinologues de Lanaudière et qui pourrait te conseiller sur les meilleures façons de les aborder.

 

Voilà principalement ce qui me vient en tête pour l’instant! Bon courage dans tes démarches!

 

Maxime, intervenant·e pour AlterHéros

Iel/they/them, accords neutres


About Maxime-iel

Impliqué.e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxime a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent.e amateur.e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.

Leave a comment