Qu’est-ce que ce liquide blanc gluant qui sort de mon vagin ?


Il ya une sorte de liquide blanc gluant qui sort de mon vagin je suis toujours mouillée avec ce liquide mon vagin n’est jamais sec dites-moi est-ce que c’est normal ou non? merci
Amina

Chère Amina,
J’aimerais d’abord te remercier de nous avoir écrit et j’espère que tu trouveras mon explication satisfaisante.

Si je comprends bien, tu es incommodée par un écoulement vaginal blanchâtre persistant et tu te demandes s’il s’agit d’un problème médical ou non. Les pertes vaginales sont un phénomène tout à fait normal ! Dès la puberté, toutes les personnes qui ont un vagin ont des pertes. Durant le cycle menstruel, les pertes changent en quantité et en texture (de “blanc d’oeuf” à “presque liquide”). Ce n’est pas un signe de maladie, mais bien un réflexe très sain de ton vagin qui est auto-nettoyant! N’est-ce pas fantastique?

Par contre, si la couleur de tes pertes change (plus verdâtres, grisâtres), que leur odeur est insupportable ou que leur texture est très différente d’à l’habitude, il se peut qu’il y ait des changements au niveau de ta santé.

Un écoulement blanchâtre persistant et avec une odeur très (très très!) gênante peut être le signe d’une vaginose bactérienne. Il s’agit d’une bactérie qui se multiplie à l’intérieur du vagin et cause le plus souvent un écoulement vert-gris abondant, qui peut rappeler l’odeur du poisson. Cette infection n’est pas du tout dangereuse et est en fait très commune. Un médecin ou un gynécologue peut la traiter au besoin. Généralement, la vaginose bactérienne n’est pas douloureuse et ne pique pas. La vaginose bactérienne n’est pas non plus une infection transmise sexuellement.

Si tu as des pertes qui ressemblent à du fromage cottage et que tu as des démangeaisons, il est possible que tu aies contracté une vaginite à levures (causée par des champignons et appelée candidose). Le candidose peut être transmise lors d’un rapport sexuel, mais peut aussi se développer lorsque le pH du vagin se déstabilise, par exemple lorsqu’une personne utilise des produits parfumés pour son hygiène au niveau des organes génitaux (savons, serviettes, douches vaginales, etc.). Certaines personnes sont très sensibles aux tissus et aux détergents à lessive parfumés, aussi. Les candidoses ne sont pas dangereuses, mais peuvent causer beaucoup d’inconfort. Elles se traitent avec des produits vendus en pharmacie. Il vaut mieux consulter un médecin pour s’assurer qu’il s’agit du bon diagnostic.

Si tu es sexuellement active et que tu as déjà eu une relation sexuelle avec pénétration non protégée par un condom, un écoulement blanchâtre peut être un signe d’une infection transmise sexuellement, comme la gonorrhée. Ces infections peuvent produire des symptômes comme un inconfort à la pénétration et des douleurs au bas-ventre, mais généralement ne produisent pas de symptômes chez la plupart des personnes infectées. Elles peuvent néanmoins entraîner de graves conséquences comme des douleurs pelviennes chroniques et l’infertilité. Il est donc fortement recommandé de se protéger avec un condom pour les prévenir… ou consulter un médecin pour les traiter le plus tôt possible.

Bref, les écoulements blanchâtres ne sont généralement pas un signe de maladies graves, au contraire, mais il vaut mieux consulter un médecin, particulièrement s’ils t’incommodent ou si tu as eu une relation sexuelle non protégée, afin d’exclure une ITSS (infection transmissible sexuellement et par le sang). Le / la médecin ou gynécologue pourra alors détecter une ITSS avec de simples tests et te guider pour la suite, si jamais tu as contracté une ITSS ou développé une vaginite / vaginose. Évidemment, si tu ressens aussi de la fièvre, ou des douleurs importantes au ventre ou à la pénétration, je t’invite à consulter un médecin immédiatement.
N’oublie pas, les pertes vaginales sont un processus normal et sain ! 🙂

En espérant que ma réponse te soit utile,
Frédéric, médecin de famille


About Frédéric Picotte

Frédéric est médecin de famille pratiquant dans la région de Shawinigan. Il a complété en mai 2008 mon doctorat en médecine à l’Université McGill et deux ans plus tard sa spécialité en médecine familiale via l’Université de Montréal. C’est l'une de ses amies, étudiante en psychiatrie, qui lui a présenté AlterHéros en 2008. Elle cherchait alors un bénévole qui répondrait de manière plus spécifique aux questions à thème « médical », ce qui a constitué la majeure partie de sa contribution jusqu’à maintenant.

J’aime m'impliquer à AlterHéros car on peut rejoindre et rassurer beaucoup de gens, peu importe l’âge, l’orientation sexuelle ou la culture. Je trouve intéressant que la majorité de nos visiteurs soient de jeunes internautes et qu’on puisse donc leur fournir une information de qualité et un espace pour poser des questions qu’ils auraient du mal à obtenir autrement.

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