Quelque fois chez moi il m’est arrivé de regarder des vidéo gay ou de transsexuels et j’ai peur de refouler une homosexualité…


Bonjour
Je m’appelle baptiste j’ai 19 ans Je me pose plein de questions sur mon orientation sexuel depuis longtemps je souffre d’anxiété à l’idée d’être gay je suis toujours tombé amoureux de fille.
Mais quelque fois chez moi il m’es arrivé de regarder des vidéo gay ou de transsexuel et j’ai peur de refouler une homosexualités. Je fantasme généralement sur les filles mais je ne sais plus si en réalité cela me plairait. Je n’arrête pas de me tester dans la rue sur des fille ou des gars pour savoir se qui me plait le plus ou regarder des articles mais tout cela m’embrouille. Je pense vraiment être hétérosexuel j’ai toujours voulue avoir une femme des enfants mais maintenant je suis perdu je me vois pas avec un gars je ne sais pas si c’est normal ou que je refuse de voir la réalité?car je ne suis pas attiré par l’es homme
Baptiste

Salut Baptiste ! Merci de nous écrire, c’est apprécié.
Es-tu le même Baptiste à qui j’ai répondu il y a quelques temps ? Si oui, rebonjour 😉
Ce qui t’inquiète, c’est la possibilité de refouler une possible homosexualité. Tous ces questionnements te causent énormément d’anxiété et tu te sens embrouillé. C’est une situation très déplaisante que tu vis actuellement, Baptiste. Je comprends que parfois, l’anxiété prend toute la place et que c’est vraiment, vraiment difficile, particulièrement en période de confinement.
 
Mettons quelques éléments au clair. Peu importe ce qu’on regarde, la pornographie a ses codes pour nos exciter ou nous choquer. Il y a des personnes hétéro qui regardent de la porno gaie et des personnes gaies qui regardent de la porno hétéro. Est-ce que ça change leur orientation sexuelle pour autant ? Absolument pas. Je connais même des femmes lesbiennes qui regardent de la pornographie qui met en scène des hommes seulement. Pourtant, elles sont lesbiennes…
Concernant la porno mettant en scène des personnes trans, cela n’est pas un signe d’une orientation sexuelle ou d’une autre – un peu comme le fait de regarder de la porno où des personnes cis sont en vedette. Tu comprends ? La notion de “nouveauté” fait possiblement une différence pour toi, mais cela ne confirme ou n’infirme pas une orientation sexuelle en particulier.
 
Je prends un instant pour copier-coller une réponse que j’ai formulée il y a quelques semaines et qui s’applique aussi à toi : “Dans ton cas, une chose m’apparaît presque sûre: tu n’es pas gay. Je ne veux pas te dire cela pour te rassurer. Il n’y a rien de mal à être gay. Je te le dis puisque la définition (rapide et simpliste, mais quand même!) d’un homme gay, c’est un homme qui est attiré par d’autres hommes seulement… et tu dis avoir toujours été attiré par les femmes, fantasmer sur les femmes, n’avoir aucune attirance physique pour les hommes, aucun intérêt pour les hommes. Ça me semble très, très clair.” Tu dis que tu penses vraiment être hétérosexuel, que tu as toujours voulu être avec une femme et que tu es toujours tombé amoureux de filles. Pour moi, tu as déjà fait le tour de la question.
Est-ce que, selon toi, le problème est vraiment ton orientation sexuelle, ou plutôt l’anxiété que tes questionnements te font vivre ? Cette compulsion à te tester dans la rue ou à lire des articles fait-elle partie d’un certain cycle où tu as besoin de te rassurer, alors tu lis ou te testes, puis ces situations ne font qu’augmenter ton anxiété, alors la roue continue de tourner ? Si c’est le cas, je t’invite très fortement à lire cette très riche réponse que mon collègue Guillaume a adressée à Alex, un homme qui se questionnait de manière obsessive sur son orientation sexuelle avec la peur d’être gay.
En voici un (long!) extrait:
” Chez AlterHéros, nous sommes généralement très prudent.e.s à aborder le sujet du [trouble obsessionnel compulsif avec obsessions sexuelles qui se manifeste par des pensées intrusives et des angoisses liées à la peur d’être homosexuel, parfois nommé] TOC homo.Pourquoi? Parce qu’il s’agit d’un concept en psychologie utilisé par des thérapeutes professionnel.le.s et qu’il est souvent mal interprété et mal utilisé au quotidien par les internautes. De plus, c’est un concept sur lequel il est possible de trouver une tonne d’informations fausses sur Internet. En effet, ce concept est trop souvent utilisé afin d’invalider des questionnements sains et normaux dans le développement identitaire d’une personne. Ceci peut donc contribuer à une forme d’homophobie intériorisée en offrant la prémisse que les questionnements sur l’orientation sexuelle sont liés à un trouble psychologique et non pas à un développement psychologique normal. Alors avant d’approfondir la question du TOC homo, rappelons-nous ces quelques éléments :

  • Il est complètement sain d’avoir des questionnements sur son orientation sexuelle. Il n’y a pas d’âge ou de moments précis pour avoir des questionnements, des réflexions ou des idées érotiques au sujet de l’orientation sexuelle.
  • Toutes les orientations sexuelles sont aussi belles les une que les autres. Aucune orientation sexuelle n’est meilleure ou inférieure à l’autre.
  • Les orientations sexuelles ne sont pas limitées à l’hétérosexualité ou l’homosexualité, mais que les personnes bisexuelles, pansexuelles et asexuelles existent. Il est donc possible que nos désirs et comportements ne s’inscrivent pas dans une case précise.
  • Les orientations sexuelles comprennent plusieurs composantes liées aux attirances physiques et aux attirances romantiques. Il est donc possible d’être romantiquement attiré par un type de personnes et sexuellement attiré vers plusieurs types de personnes.
  • La sexualité est quelque chose de fluide : nos préférences, besoins, intérêts, désirs et libido peuvent varier avec le temps, selon les contextes et selon les rencontres que nous faisons.
  • Ce n’est pas parce que quelqu’un a eu une idée, une attirance, un questionnement ou un fantasme homosexuel que cela nie son hétérosexualité.

[…] Dans la documentation scientifique, on note des manifestations de compulsions mentales liées au [trouble obsessionnel compulsif avec obsessions sexuelles qui se manifeste par des pensées intrusives et des angoisses liées à la peur d’être homosexuel] de différents ordres :1) chercher à se faire rassurer constamment sur son hétérosexualité par son entourage ou des services d’aide ;
2) vérifier ses réactions physiologiques pour déceler un érotisme, comme en écoutant frénétiquement de la pornographie homosexuelle pour analyser les réactions du corps humain ;
3) faire usage de techniques d’évitement comme une manoeuvre pour réduire l’anxiété. Cela peut prendre la forme d’éviter de façon réfléchie des activités sociales, de mettre fin à des relations amoureuses ou de consommation excessive diverse.”
 

Te reconnais-tu dans tout cela ? Si c’est le cas, je t’invite à consulter un.e professionnel.le en matière de santé, plus précisément d’anxiété, comme un.e travailleur.se social.e ou un.e psychologue, pour qu’il ou elle puisse t’offrir un suivi régulier. Il nous fera plaisir de te lire et de répondre à tes questions si tu veux nous réécrire, mais il faut être conscient que nous ne pourrons probablement pas dénouer tes anxiétés à long terme. Souvent, cela nécessite un travail plus long. Certain.e.s professionnel.le.s de la santé font actuellement du télé-travail ; tu peux faire une petite recherche sur le web pour voir les services offerts dans ta région.
Autre élément important: je t’invite à faire bien attention à ce que tu trouveras sur le web concernant le “TOC homo” – comme l’explique Guillaume, il y a beaucoup, beaucoup de désinformation sur le sujet, et plusieurs personnes homophobes s’en donnent à cœur joie…  alors s’il-te-plaît, utilise ton sens critique et tiens-toi-en à des sources reconnues.
D’ailleurs, que dirais-tu d’essayer de cesser tes recherches sur internet pour remplacer ce comportement par autre chose ? Je sais que c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire, mais tu l’expliques toi-même : ce comportement ne fait que t’embrouiller davantage. Ce que je te propose de faire, c’est de relire cette réponse, celle de Guillaume et celle que je t’ai laissé en hyperlien au début de mon texte lorsque tu auras besoin d’être rassuré ou d’aller chercher de l’information.
Tu peux aussi faire des exercices de respiration et de relaxation tel qu’expliqué sur cette page, ou dire à quelqu’un en qui tu as confiance que tu es anxieux, sans nécessairement lui expliquer pourquoi (soyons honnête, plusieurs personnes sont très anxieuses actuellement en lien avec la COVID-19 alors tes questionnements pourraient très bien passer inaperçus), et lui demander de te changer les idées. Tu peux même avoir une entente avec une personne proche de toi et déterminer un “code” envoyé par texto ou de vive voix qui signifie que tu es anxieux et que tu as besoin d’aide. Vous pourrez voir ensemble quel plan établir dans ces situations (ex: rappeler la possibilité de faire des exercices de respiration ou relaxation, se connecter pour jouer à un jeu vidéo en ligne, faire la cuisine, jouer de la musique, passer du temps avec ses animaux, etc.).
Je te souhaite bon courage, Baptiste. Je suis tout à fait consciente que ce stress que tu vis est désagréable et parfois envahissant. Comme je le mentionnais précédemment, tu peux nous écrire à nouveau si tu en ressens le besoin.
Cordialement,
Marie-Édith, B.A. sexologie, pour AlterHéros

About Marie-Édith Vigneau

Marie-Édith est une femme lesbienne acadienne étudiante à la maîtrise en travail social. Elle est grande fan de la mer, de féminisme, de santé sexuelle, de justice sociale, de musique, d'espresso, de bières de microbrasseries, de bas de laine et de grilled-cheese.

Leave a comment