Quelles sont les causes et conséquences de l’insistance face au refus de sa copine d’avoir une relation sexuelle?


C’est quoi les causes et conséquence de l’insistance ou de la frustration d’un ado face au refus de sa copine à avoir une relation sexuelle?
Samuel
Salut Samuel !
Merci d’écrire à AlterHéros.
Alors, quelles sont les causes et conséquences de la frustration et de l’insistance d’un ados face au refus de sa copine à avoir une relation sexuelle? Je crois comprendre que c’est une situation que quelqu’un que tu connais (peut-être très, très, très bien!) vit actuellement.
Débutons par les causes, si tu veux bien.
Parfois, on a très hâte d’avoir une relation sexuelle avec quelqu’un.e: des raisons personnelles, relationnelles, ou encore sociales. Ça peut être parce que cette personne est vraiment fantastique, douce, sexy, parce qu’on se sent vraiment super excité, parce que les gens autour de nous nous mettent de la pression pour qu’on ait des relations sexuelles, parce qu’on sent que c’est un passage obligé par lequel il faut passer le plus rapidement possible… bref, il y a toutes sortes de raisons d’avoir hâte d’avoir un rapport sexuel – certaines étant meilleures que d’autres, je te laisse deviner lesquelles !
Cette hâte peut se transformer en frustration.
On peut alors se demander quelles sont les raisons derrière cette frustration: Est-ce que nous avons la sensation de devoir nous prouver quelque chose à nous-même ou à quelqu’un.e d’autre et l’attente fait monter la pression ? Est-ce que nous avons tellement de désir qu’on a l’impression que notre corps va exploser et ça devient difficile à tolérer, même en se masturbant beaucoup ? Est-ce que la personne nous avait promis quelque chose et ne l’a pas respecté ? Est-ce que nous éprouvons de la jalousie ou de l’envie envers une autre personne ou une situation que la personne qu’on aime a vécue? Des fois, la colère ou la frustration cachent de l’anxiété ou la peur. Quand on comprend mieux d’où vient réellement notre frustration, ça aide à trouver des moyens plus appropriés pour y faire face.
Cette hâte ou cette frustration peuvent mener à de l’insistance de la part de la personne qui souhaite avoir une relation sexuelle. Il y a des insistances plus douces que d’autres ; si on écrit des petits mots doux de temps en temps à une personne en disant qu’on a hâte d’avoir plus d’intimité avec elle, qu’on aimerait prendre le temps de découvrir son corps et que cette personne est à l’aise de recevoir ces messages (qu’elle démontre de l’enthousiasme: approbation, sourires, rires, touchers, textos agréables en retour), c’est bon signe. La conséquence peut être une montée de désir et du plaisir !
Toutefois, lorsque l’autre personne ne démontre pas d’enthousiasme, l’insistance devient harcèlement sexuel, une forme de violence sexuelle. C’est correct d’être déçu lorsque son amoureux.se ne souhaite pas avoir des rapports sexuels alors qu’on en a très envie. C’est aussi correct de le nommer et d’expliquer sa déception, même si ce n’est pas toujours agréable à dire ni a recevoir. Cependant, lorsque la personne a indiqué clairement qu’elle ne veut pas de relation sexuelle maintenant, qu’elle n’est pas prête, qu’elle n’en a pas envie, il faut s’arrêter afin de respecter son consentement. C’est obligatoire ! Toute forme de violence – sexuelle, verbale, physique et autres – n’a pas sa place dans une relation amoureuse, même lorsqu’on ressent de la tristesse, de la frustration ou de la colère. Avoir une relation sexuelle avec une personne parce qu’elle nous met de la pression, ce n’est jamais une expérience agréable. Pour en savoir plus le consentement et s’assurer que la situation soit agréable pour toutes les personnes impliquées, c’est par ici !
La frustration, ça peut être lourd. Même quand on reste respectueux de l’autre personne, ça ne fait pas disparaître de façon magique notre déception ! Il y a plusieurs façons de la gérer et de l’exprimer. Certaines personnes font du sport pour évacuer les énergies négatives. D’autres écoutent ou jouent de la musique. D’autres consultent un.e psychologue, sexologue ou travailleur.euse social.e. Et toutes ces choses sont valides ! Généralement, en parler, ça fait du bien – que ce soit avec une personne de confiance qu’on connaît ou un.e profesionnel.le de la santé, lorsqu’on y a accès.
Je t’invite à jeter un coup d’oeil à ce super dossier concernant les premières relations sexuelles. Tu pourras ainsi en savoir plus sur le sujet et ça pourrait t’aider à prendre des décisions éclairées malgré l’émotion, si la situation te concerne, ou tu pourras donner un coup de pouce à un.e ami.e.
Voilà, j’espère que le tout te sera utile, Samuel.
Prend bien soin de toi et n’hésite pas à nous réécrire si tu en ressens le besoin, d’accord?
Au plaisir !
Marie-Édith, B.A. sexologie, DESS travail social


About Marie-Édith Vigneau

Marie-Édith est une femme lesbienne acadienne étudiante à la maîtrise en travail social. Elle est grande fan de la mer, de féminisme, de santé sexuelle, de justice sociale, de musique, d'espresso, de bières de microbrasseries, de bas de laine et de grilled-cheese.

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