Tag: syndrome de la Tourette


J’ai le syndrome de la Tourette. Je n’arrive plus à ...

Bonjour, Je m'adresse à ce site, puisque cela fait maintenant la moitié de ma vie que l'obsession au sujet de mon orientation sexuelle me suit (j'ai 24 ans). Accrochez-vous, ça va être long. Je suis un littéraire dans le sens le plus strict. Prenez un thé et c'est parti... Tout d'abord, un peu de contexte... je ne voudrais pas biaiser votre constat en affirmant une chose de prime abord... Ayant une très, très, très forte libido de nature et une tendance à la soumission, mes premiers fantasmes remontent à la maternelle, et étaient globalement bisexuels (sans distinction, disons). Qu'importait qui était acteur(e) tant que je subissais quelque chose d'humiliant. Je suis tombé amoureux, pour la première fois, à 5 ans, d'une fille. Je l'ai aimé pendant quelques années, à quelques passages à vide près. Mais j'ai toujours été assez timide avec les filles. Elles déclenchaient rougeurs et crispations chez moi. Au début de l'école primaire, je fréquentais très peu de filles. Mes fantasmes de soumission allaient volontiers vers des garçons, en particulier quand ils m'étaient hostiles. Il faut dire que j'avais le contact plus facile, plus naturel avec les garçons, qui me ressemblaient, qu'avec les filles, inconnues et différentes. J'ai toutefois commencé à éprouver du désir, peu à peu, envers les filles durant cette période. Pas forcément de l'excitation, mais un désir de proximité, de contact physique, sensuel. Fin de l'école primaire, alors que je côtoyais de plus en plus de filles, mes fantasmes sexuels allaient de plus en plus vers elles. Que ce soient des filles de ma classe ou même mes institutrices. J'ai eu une puberté assez précoce (fin CM2) et ma libido a alors explosé. Mon attrait pour les femmes a complètement explosé et j'ai vadrouillé sur internet à la recherche de la moindre photo représentant une femme. Il suffisait qu'elles soient à demi-nues pour me faire jouir (désolé des détails techniques). Mes fantasmes ont alors été très hétérosexuels, mais je conservais toutefois cette régularité du fantasme homosexuel, qui en un sens, peut-être pour le côté "interdit" ou "tabou social", pouvait être plus humiliant pour moi. J'ai été sensible à un garçon de ma classe, qui était très androgyne, en 6ème. Mais la même année, j'ai aimé successivement trois filles de ma classe (dont surtout deux). Après cela, je n'ai été amoureux que de filles (une en 5ème, une en 4ème, deux en 3ème). J'ai commencé à sortir avec des filles entre la 4ème et la 3ème. Sensation encore nouvelle, je ne savais pas quoi en penser, mais je savais que cela ne m'était pas désagréable. Le lycée a été l'occasion de mes premiers baisers stimulants avec des filles, et j'ai rencontré ma femme en terminale, à 17 ans. Ce fut avec elle que j'ai effectué ma première fois, et j'ai toute de suite adoré le sexe, jusqu'à le pratiquer quotidiennement avec elle, surtout la première année. Cela fait aujourd'hui plus de sept ans que je suis avec elle. En sept ans, nous sommes devenus libertins. J'ai eu l'occasion de faire un plan à trois avec elle et une autre femme, de fréquenter également deux autres femmes en dehors pour un plan d'un soir. Cela a, mine de rien, exacerbé ma nature anxieuse. Deux rencontres faites en sauna libertin ne m'ont guère rassuré, puisque le stress généré par le contexte m'a causé des pannes et m'a fait m'interroger sur la possibilité que les femmes ne m'attirent plus autant qu'avant. Pourtant, lorsque je l'ai fait avec une amie, avec qui j'étais déjà en confiance, je n'ai pas eu le moindre problème. Même chose avec ma femme, avec qui j'apprécie toujours autant explorer la sexualité. Alors, où est le problème me direz-vous ? Le voici : Durant ces années, j'ai continué d'aller sur du porno, régulièrement. Cela n'a pas nui à ma sexualité de couple, mais m'a conduit à avoir de nouveaux fantasmes. Je pense avoir épuisé tout ce qu'il est possible de voir dans les catégories lesbiennes et pornos avec femmes, du plus soft au plus hard (en restant légal). Alors, je me suis mis à regarder du porno shemale, puis, petit à petit, du porno gay. Depuis quelques mois, ces fantasmes homosexuels se font de plus en plus présents. Ils vont de pair avec cette vieille inquiétude d'adolescence, que j'ai développé en remarquant qu'il m'arrivait d'avoir des rêves homoérotiques, et des fantasmes gays. Jusqu'à il y a quelques mois, les seuls hommes qui pouvaient m'attirer étaient androgynes. Mais depuis que j'ai accepté cette idée, les fantasmes ont évolué. Les corps d'homme, réellement masculins, qui ne m'ont alors jamais fait d'effet (mater ne m'a jamais effleuré l'esprit dans les vestiaires des garçons, à l'adolescence), se sont mis à être sources d'inquiétudes. Cette question "et si j'aimais les corps masculins ?" "et si peu à peu je me mettais à ne plus aimer les femmes ?" "et si j'étais bisexuel à préférence gay sans la savoir parce que je n'ai pas tenté ?". Paradoxalement, plus je me pose la question, plus je ressens de l'excitation envers les hommes (puisque je fixe là-dessus, et que j'ai une libido facile). Et plus j'ai peur, plus je cherche à "vérifier" que les femmes m'attirent toujours. Je suis donc stressé à chaque fois que je regarde du porno féminin, ou à chaque fois que je fais l'amour. Ce stress me conduit donc à être moins facilement excité, puisque totalement crispé, et à donc interpréter cela comme un signe que je deviens exclusivement gay, puisque parfois une idée hétéro ne me fait rien car j'angoisse à l'idée de ne pas bander, et une idée homosexuelle provoque une sorte de sensation dans mon pénis par peur de bander. Et même avec ça, j'arrive toujours à coucher avec ma femme sans panne. Ça devrait pourtant me mettre sur la voie quant au fait que j'aime profondément les femmes. Cette peur a été renforcée par une certaine addiction à du porno de soumission hard "sissy", dans lesquels on s'imagine à la place de la femme, dominée par l'homme. Cette idée provoque en moi une excitation torride, alors même qu'elle me rebute. Je n'arrive pas à différencier un fantasme d'un vrai désir. Peur également renforcée par une phase étrange que j'ai traversé, durant laquelle je me suis mis à être comme... un peu rebuté par le vagin. Une phase de sexualité plus réduite avec ma femme, il y a un an et demi, et dans laquelle elle s'est mise à bloquer et être dégoûtée quant à son propre sexe. J'ai l'impression qu'elle m'a transmis ce blocage, que je n'avais ni au début de notre relation, ni même il y a deux ans encore. Aujourd'hui, cette phase tend à se réduire, puisqu'il m'arrive de jouir en lui donnant un cunnilingus, mais cette phase a laissé en moi une ouverture pour ma peur de l'homosexualité. "Puisque je peux fantasmer sur le pénis et que j'ai un blocage sur le vagin, c'est que je deviens gay". Et même l'attirance pour les pieds que j'ai développé à l'adolescence, porté quasi-exclusivement sur les femmes, s'est mis à participer à mon angoisse, parce que j'ai lu une fois que cela pouvait être le signe d'une homosexualité latente (je précise qu'il s'agit d'une très haute attirance, non d'une exclusivité, puisque j'aime d'autres pratiques et je peux jouir par la pénétration ou autres préliminaires qui concernant d'autres parties du corps de la femme). Attirance pour les pieds qui devient parfois un évitement, quand je suis trop angoissé... évitement du coït par peur de l'échec, et donc préférence d'un rapport où ma femme me domine à ses pieds. J'aime la vie avec les femmes. Elle me rend heureux, épanoui. Je n'ai jamais eu l'impression de "manquer" de quelque chose en étant avec une femme. Alors, qu'est-ce qu'il se passe dans mon cerveau pour que ce soit aussi difficile de vivre avec ma sexualité ? J'ai un entourage dans lequel la bisexualité et l'homosexualité sont très largement acceptés. Moi-même, je me bats contre les idées homophobes (ma femme est bisexuelle). Je n'ai aucune crainte à être l'ami d'un homme homosexuel. Alors, pourquoi cette obsession ? Si je suis bisexuel, ne devrais-je pas l'accepter simplement ? Beaucoup de mes proches savent déjà que je me suis posé la question, et que j'ai possiblement une tendance bi, et pourtant, je bloque toujours dessus. Pourquoi dois-je bloquer sur cette idée alors même que mon entourage accepte déjà cette éventualité ? J'ai le syndrome de la Tourette, ma vie est structurée par les tics et les TOCs en tous genres. Je n'arrive plus à différencier un questionnement légitime d'une obsession due à mon syndrome. Suis-je un bisexuel qui a du mal à s'assumer pour une raison qu'il ignore encore ? Suis-je un hétérosexuel anxieux avec une forte libido et un imaginaire propice aux scénarios différents grâce à son éducation ouverte ? Peut-on devenir homosexuel pour de vrai ? Peut-on avoir une orientation sexuelle à l'adolescence, très marquée, qui change à l'âge adulte ? (Ce serait quand même gros pour mon cas précis !) Je suis paumé. Toujours amoureux, aucune panne avec ma femme, mais une angoisse terrible sur ma sexualité, et une obsession sur l'homosexualité, avec des processus de vérifications réguliers. Et une addiction au porno qui a fait évoluer mes fantasmes. Je vous ai écrit un pavé, mais en étant aussi précis, j'espère que d'autres jeunes, qui traversent une phase similaire ou qui reconnaissent quelques points, pourront trouver en mon récit un écho salvateur. Et en votre réponse un point de réflexion propice au soulagement de leur conscience. Bon courage, et merci à ce site d'exister.