Ma mère ne veut pas m’acheter de binder, comment lui faire comprendre que je ne suis pas confortable avec mon corps?


Ma mère ne veut pas m’acheter un binder elle pense que j’essaye de ne pas attirer les autres personnes vers moi et elle pense que je me fais influencer la dedans connaissez vous une façon de la faire comprendre que c’est parce que je ne suis pas confortable avec mon corps?

Mika

Rebonjour!

 

C’est vraiment dommage que ta mère n’arrive pas à comprendre ton besoin et tes motivations alors que tu les lui as expliqués :/ Tu as totalement le droit de vouloir porter un binder pour ton propre confort, essayons de voir comment on pourrait lui dire. 

 

Ta mère donne deux arguments, premièrement elle affirme qu’un binder pourrait servir à te rendre moins attirant. Même si c’était vrai, est-ce que ça serait une si mauvaise chose…? Après tout, tu n’as pas à déterminer tous les aspects de ton apparence et de ta personnalité selon ce qui est attirant ou ce que les autres pensent. Et ton rôle en tant qu’adolescent n’est certainement pas d’être attirant. Ensuite, de façon assez contradictoire, ta mère exprime sa crainte que ton désir de porter un binder soit le résultat d’influences externes. Par qui…? Est-ce que la plupart des gens à ton école portent un binder? Et même si tu connaissais des gens qui en ont, je doute fortement que tu sois incapable de faire tes propres choix sans être influencé par ces derniers. 

 

Je crois que j’insisterais sur ton autonomie et ta capacité d’autodétermination, tu es assez vieux pour choisir tes vêtements, surtout des vêtements que la plupart des gens ne remarquent pas. Un argument qui peut fonctionner pour convaincre certains parents de nous laisser faire nos propres choix est de dire qu’iels doivent nous laisser faire nos erreurs si l’on veut apprendre de celles-ci et grandir. Pour clarifier, je ne crois pas qu’il s’agit d’une erreur de vouloir essayer un binder, c’est simplement le type de phrase qui pourrait peut-être fonctionner pour convaincre ta mère.

 

De façon générale, je t’encouragerais aussi à essayer de miser sur la communication saine et non-violente. Il est possible d’écouter ses craintes et d’exprimer comment tu te sens sans invalider sa perception et tourner la discussion en conflit. Mais j’admets que cela peut être plus difficile avec certaines personnes, surtout que l’écoute ne semble pas très présente de son côté. Tu peux quand même tenter de lui donner l’exemple.

 

Il y a quelques ressources que je peux te proposer, spécifiquement concernant le question de soi-disant “se faire influencer”.  D’abord, cet extrait de la FAQ du site de Jeunes Identités Créatives est simple et permet d’expliquer certaines bases aux parents :

Qu’est-ce que l’identité de genre?

L’identité de genre est notre sens profond de soi. C’est quelque chose que l’on ressent de l’intérieur — c’est un sentiment très intime et puissant. Ce sens interne peut être soit masculin, féminin, un mélange des deux, aucun des deux ou toute autre variation. L’identité de genre fait également référence aux mots que nous utilisons pour la décrire (ex. : femme, homme, non-binaire, etc.). Le langage qu’une personne utilise pour nommer son identité se situe sur un spectre et peut évoluer dans le temps, notamment à travers la découverte de soi et l’accès à un vocabulaire plus diversifié.

 

Être trans, est-ce une nouvelle mode?

Non, être trans n’est pas une nouvelle mode. Les personnes trans existent depuis toujours. On peut avoir l’impression qu’il y en a de plus en plus simplement parce qu’il y a plus de personnes trans qui se sentent en sécurité d’explorer et d’affirmer leur identité de genre ouvertement. Grâce à un contexte social plus ouvert, les personnes trans et leurs familles ont accès à plus d’information, de ressources et de mots qui leur permet de nommer et verbaliser ce qu’elles vivent depuis toujours et de trouver le soutien qui leur est nécessaire.

 

Peut-on être trop jeune pour être trans?

Il n’y a pas d’âge pour être trans! Selon la recherche, l’identité de genre se développe durant la petite enfance pour tout le monde. Ceci veut dire que le questionnement par rapport à l’identité de genre ou l’auto-identificiation avec une identité de genre qui diffère de celle qui nous a été assignée à la naissance peuvent avoir lieu tôt dans la vie. On peut donc commencer à s’identifier comme trans et/ou non-binaire lorsque notre identité de genre ne correspond pas, ou partiellement, à celle qui nous a été assignée à la naissance à un très jeune âge.

 

Une deuxième FAQ, cette fois à propos des Mythes et mensonges sur les personnes trans aborde l’aspect de l’influence chez les jeunes :

« Il y a un effet de “contagion” des adolescent·e·s qui veulent transitionner pour faire comme leur ami·e·s. »

Si le nombre de transitions augmente chez les jeunes, c’est simplement grâce à un meilleur accès à l’information sur le sujet. Par ailleurs, il est tout à fait naturel qu’une personne en questionnement gravite vers les sources d’informations et forums trans sur internet.

Source : https://medium.com/@juliaserano/transgender-agendas-social-contagion-peer-pressure-and-prevalence-c3694d11ed24

 

Enfin, cet autre FAQ du site de Transkids vulgarise très bien différents trucs, principalement le fait d’être jeune et trans. Je te proposerais aussi ces deux excellents textes de Florence Ashley, une juriste canadienne non-binaire : 

 

Il y à aussi nous, AlterHéros! Ta mère peut nous écrire si elle a des questions, il nous arrive de répondre à des parents, notamment sur les questions touchant les binders :

 

Et si malgré tous tes efforts ta mère ne change pas d’idée, ne perd pas espoir. Tu peux toujours essayer d’en acheter un toi-même ou avec l’aide de quelqu’un·e de ton entourage, ou encore par un programme d’une association près de chez toi. Pour plus d’info sur cette option tu peux lire ma réponse ici. Je crois tout de même que l’option du dialogue ouvert et honnête avec ta mère serait à prioriser si c’est possible.

 

Je te souhaite la meilleure des chances dans tes démarches!

 

Maxim·e, intervenant·e pour AlterHéros

Iel/they/them, accords neutres


About Maxim-e

Impliqué‧e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxim·e a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent‧e amateur‧e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.

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