Je suis bisexuel et non-binaire mais je n’arrive pas à le dire à ma famille…


Bonjour je m’appelle Léa j’ai 14ans et je suis bisexuel et non binaire et le problème c’est que je n’arrive pas a le dire a mon père et à ma famille, sa devient de plus en plus compliquer de leurs cachée car ils me genre toujours en “elle” et je veux qu’on me genre en “il / iel” mais je devient de plus en plus mal mentalement. un jour j’ai voulu le dire a mon père et a ma belle-mère mais le soir d’avent je me suis rappelé qu’il avaient dit un truc du genre” si un jour j’ai un deuxième enfants ou que toi (moi) vous me dite que vous etes lessbienne ou autre et ben vous etes plus mes enfants.” mais ma belle-mère a dit qu’elle sen foutait mais pour mon père je sais pas si cetait pour blaguer ou pas .du coup voila.
merci d’avoir prie le temps de lire.

Léa

Bonjour Léa!

 

Merci de nous écrire. Donc tu aimerais faire ton coming out non-binaire et demander à ta famille d’utiliser les pronoms il et iel, mais tu hésites suite à un commentaire homophobe de ton père. Si je comprends, tes questions sont : est-ce que c’est une bonne idée de faire ton coming out maintenant, et si oui, comment? 

 

Allons-y avec la première partie. Faire un coming out à sa famille n’est pas facile, tu as bien le droit d’y réfléchir avant de le faire. Il est possible que le commentaire de ton père ait été une joke de très mauvais goût, ou du moins qu’il n’ait pas véritablement de telles intentions. Il est aussi possible que ce type de commentaire soit un signe que sa réaction à un coming out soit difficile. C’est tout de même important à garder en tête. Ta sécurité et ton bien-être sont extrêmement importants, si un dévoilement de ton identité risque d’empirer ta situation ou de te mettre en danger, tu n’es pas obligé·e de le faire, ou du moins de le faire tout de suite. Ne pas être “out” à tes parents n’invalide pas ton identité. Beaucoup d’ados non-trans et binaires attendent d’être plus agé·e·s et autonomes avant d’en parler à leur famille, c’est une option valide aussi.

 

Cela dit, je veux aussi te dire que tu as parfaitement le droit de vouloir qu’on utilise les pronoms il et iel pour parler de toi. J’entends que ça te fait souffrir de te faire genrer incorrectement au féminin. Je ne crois pas que tu le mentionnes, mais est-ce que d’autres personnes sont au courant, des ami·e·s, des adultes à l’école ou d’autres personnes de ta famille? Si ce n’est pas déjà fait, et que c’est plus facile pour toi, tu pourrais commencer avec d’autres personnes qui semblent plus ouvert·e·s d’esprit. Tu pourrais par exemple en parler à ta mère ou ta belle-mère en premier et leur demander de l’annoncer à ton père, ou d’être avec toi au moment où tu lui diras. Avoir une personne présent·e pour nous soutenir ou nous défendre au besoin peut être assez rassurant dans ce type de situation.

 

Sinon, si tu en sens le courage, je crois que tu pourrais essayer de questionner le commentaire de ton père, lui demander ce qu’il voulait dire par là et s’il était sérieux. Avoir une conversation sur la diversité sexuelle et de genre en général afin de mieux comprendre son point de vue peut être une bonne idée pour évaluer ton niveau de confort à faire un coming out. Si tu préfères ne pas le confronter directement, tu peux aussi amener le sujet en parlant de personnes de ton entourage ou de célébrités qui ne sont pas cisgenre ou hétéro et voir ses réactions. 

 

Maintenant, tu demandes tout de même des trucs pour faire un coming out, lorsque tu te sentiras prêt et confiant de le faire. Si tu me permet de me plagier moi-même, en voici quelques-uns provenant d’une réponse précédente :

 

Mon collègue Hadrien a déjà rassemblé une petite liste de conseils dans cette réponse à un‧e ado qui voulait faire son coming out en tant que genderfluid, ça pourrait être un bon endroit pour commencer :

  • Tu peux le faire graduellement, en exprimant petit à petit des pans de ton identité genderfluid (par exemple, en changeant ta coupe de cheveux ou ta garde-robe) pour permettre à ta mère de s’habituer.
  • Tu peux choisir la façon de l’annoncer à ta mère, en fonction de tes préférences (lieu, moment, canal de communication écrit ou verbal…), ainsi que le temps que tu veux consacrer à la discussion (courte ou longue).
  • Tu peux demander à une personne de confiance de t’accompagner au moment de faire ton coming out à ta mère pour te soutenir.
  • Tu peux insister sur l’aspect positif de la nouvelle: lui dire que c’est un moment important pour toi, que c’est une preuve de confiance et que tu ressens du soulagement à lui dévoiler cette partie de toi.
  • Tu peux essayer de répondre à ses questions, nuancer ou reformuler ses propos. Sache toutefois que tu n’as pas à faire son éducation ou à subir d’insultes.
  • Si la conversation prend une tournure qui te met mal à l’aise, planifie une «porte de sortie», c’est-à-dire un endroit où tu peux te retirer. Tu pourrais ensuite réessayer d’aborder le sujet plus tard, si tu en as envie

 

Pour te préparer à toute sorte d’éventualiés, tu pourrais suvoler cet article de C’est comme ça qui mentionne les réactions négatives possibles des parents (mises en doute, déni, questions sur l’origine, honte ou dégout, idées reçues, etc.) lors d’un coming out en tant que gay ou bisexuel·le. Il y aurait quelques adaptations à faire pour genderfluid, mais je crois que ça peut être une base utile quand même!

 

Le site WikiTrans est une belle introduction, simple et attrayante, pour les réalités trans et gendefluid que tu peux utiliser et partager. Je te recommanderais surtout les pages suivantes :

 

Une activiste non-binaire que j’aime beaucoup s’appelle Florence Ashley, deux de ces textes pourraient être utile à montrer à test parent dans la période entourrant un coming out. 

Il peut s’agir d’une façon d’introduire le sujet de façon générale, ou de donner des ressources après avoir fait ton annonce.

 

Sinon, j’aime beaucoup ce petit F.A.Q. de transkids qui aborde spécifiquement les jeunes (moins de 18 ans) trans et comment bien les soutenir tout en adressant plusieurs mythes et stéréotypes. Un autre sur les mythes et stéréotypes, en anglais cette fois mais facilement traduisible avec google. Et enfin, maon ami·e Alex Simon a écrit des articles sur l’importance des pronoms et la non-binarité qui pourraient aider à compléter.

 

J’espère que mes quelques paragraphes pourront t’aider dans ta réflexion et ta préparation sur ton possible coming out! Tu peux toujours nous écrire à nouveau s’il y a quoi que ce soit qui n’est pas clair ou si tu as d’autres questions. 

 

Chaleureusement,

 

Maxim·e, intervenant·e pour AlterHéros

Iel/they/them, accords neutres


About Maxim-e

Impliqué‧e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxim·e a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent‧e amateur‧e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.

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