Je pense que je suis un garçon né dans le mauvais corps et je me sens très mal


Je ne sais pas comment commencer. Voilà. Je me sens très mal. Depuis environ 1 an je pense que je suis un garçon né dans le mauvais corp. Souvent, il m’arrive de parler de moi comme tel, sans meme le faire exprès. En ce meme temps, des “maux de tête”, diagnostiqués plus tard comme séphalés de tension et d’autres noms médicalement, me sont apparus. Cela devient presque invivable: c’est comme des migraines h24 ( à une échelle qui varie aux alentours de 6/10) puis une ou deux fois par jours qui monte à 8,9,10/10. Cela ne cesse d’augmenter, aucun médicament ne me soulage. J’ai des envies sucuidaires la plupart du temps et des changements de comportement. Je crois que c’est lié à mon besoin de devenir un garçon. Je ne sais pas si je peux en parler à ma psy (qui me suis Pour mes “maux de tête”, mes parents ne sont pas au courant et j’aprehende leur réaction. Je met dès vêtement de plus en plus large, m’éloigne de mes amis et je n’en peux plus. Je vous en prie aidez moi.
Bonjour et merci de nous avoir écrit !
Depuis un an, tu constates que tu es possiblement un garçon trans. Tu vis un moment très difficile actuellement, autant au niveau psychologique qu’au niveau physique. Je veux prendre un moment pour te remercier pour la confiance que tu nous accordes. Le fait de nous écrire est déjà un grand pas en avant. Aussi, tu n’es pas seul dans ta situation. Quand on voit tout noir autour de soi, c’est difficile à imaginer, mais plusieurs personnes qui sont passées par le même chemin que toi ont une vie beaucoup plus heureuse maintenant. Ça commence toujours par un petit pas, une petite demande d’aide, et c’est peut-être aujourd’hui que ça débute pour toi, qui sait.
Est-ce que le fait de porter des vêtements plus larges te procure un peu de soulagement? Si c’est le cas, est-ce qu’il y a d’autres moyens que tu pourrais prendre pour que ton style corresponde davantage à ton genre, par exemple changer tes cheveux, utiliser des produits plus traditionnellement masculins (shampooings, savons, désodorisants) ? Est-ce qu’il y a des éléments qui t’apportent un peu de joie ou de plaisir dans la vie, ou qui font que ta souffrance est un peu moins grande? Ça peut être une activité, une personne, un lieu où tu aimes aller, un sujet de conversation… tu peux faire une liste des choses qui te font du bien et t’y référer lorsque tu sens que tu t’enfonces dans des idées noires.
Tu expliques que tu t’éloignes de tes amis ces temps-ci. Est-ce parce que n’as plus l’énergie de passer du temps avec eux, parce que tu as peur qu’ils aient une mauvaise réaction? Y a-t-il au moins une personne parmi tes amis à qui tu fais particulièrement confiance et avec qui tu pourrais parler de ce que tu vis actuellement? Pour tâter le terrain, tu pourrais lui parler d’un.e artiste ou personnalité publique ouvertement trans. Récemment (pour de sombres raisons, je dois dire), on a beaucoup entendu parler de Sophie Labelle, bédéiste québécoise, auteure d’Assignée Garçon. Si tu es plutôt du type art contemporain, voici une liste d’artistes trans qui font des choses fantastiques !
Pour répondre à ta question, bien sûr que tu peux en parler à ta psychologue. Je dois dire que certain.e.s professionnel.le.s de la santé sont plus à l’affût que d’autres des enjeux que vivent les personnes trans et que certain.e.s te comprendront mieux que d’autres. Cela dit, compte tenu de tes envies suicidaires, je t’invite fortement à aborder le sujet avec elle. Tu peux aussi faire une petite recherche web pour trouver un organisme LGBTQ+ dans ta région.
Lorsque notre santé mentale est en mauvais état, il est fréquent d’avoir des symptômes physiques qui apparaissent. Peut-être qu’en prenant le temps de te bâtir un réseau de support et d’entraide, ces symptômes s’atténueront. Par contre, il est possible que tu n’aies pas l’énergie nécessaire pour créer des liens, raison de plus pour aborder la situation avec ta psy. Aussi, concernant ces idées suicidaires qui prennent de plus en plus de place, que dirais-tu de parler à quelqu’un de vive voix lorsque tu te sens très mal, que ta psychologue n’est pas disponible et que tu sens que tu n’as personne à qui parler?
Nous n’offrons pas ce service, mais nous connaissons plusieurs organismes qui le font très bien.
En France, tu peux contacter Fil Santé Jeunes  au 0800 235 236, ou encore Suicide Écoute au 01 45 39 40 00. Si tu habites ailleurs dans le monde, tu peux nous écrire un autre message afin qu’on puisse mieux te guider.
D’ailleurs, n’hésite pas à nous réécrire si tu en ressens le besoin. Tu peux aussi consulter nos groupes de discussion. Je te propose celui qui s’appelle Trans Power, où des personnes trans, en transition ou en questionnement discutent de sujets qui les concernent. Même si tu te sens très mal en ce moment, essaie de te souvenir que c’est possible d’être trans ou en questionnement et de se sentir bien la plupart du temps. Tu n’es pas seul et nous sommes là pour te donner un coup de pouce pour remonter la pente.
Prend soin de toi comme tu le peux et donne-nous des nouvelles si tu en as envie.
Au plaisir de te relire,
Marie-Édith, B.A. sexologie, pour AlterHéros


About Marie-Édith Vigneau

Marie-Édith est une femme lesbienne acadienne étudiante à la maîtrise en travail social. Elle est grande fan de la mer, de féminisme, de santé sexuelle, de justice sociale, de musique, d'espresso, de bières de microbrasseries, de bas de laine et de grilled-cheese.

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