J’aimerais lécher l’anus de ma copine. J’ai peur de sa réaction.


Bonjour Alterhéros. Comment allez-vous ? Moi, ça va.
J’ai besoin d’aide, si possible
J’ai une copine, on s’entend bien, on s’aime. On est un couple heureux. Mais y a une envie, que j’aimerais faire. C’est de lui lécher l’anus. J’ai toujours voulu faire ça. Mais j’ose pas trop lui en parler. J’ai peur de sa réaction. À votre avis, je doit lui en faire part ou non ?
 
Flo
 
 
Bonjour Flo!
Merci d’avoir pris le temps de nous écrire.
Tu es en couple, vous êtes en amour et tout va bien, mais tu aimerais pouvoir explorer l’idée de lécher son anus avec elle. Tu es stressé à l’idée qu’elle réagisse mal donc tu hésites à lui en parler.
La sexualité est encore un sujet assez tabou. C’est donc un thème qu’il peut parfois être difficile à aborder dans nos relations amoureuses. Cela demande de dévoiler une partie de soi que nous avons souvent tendance à laisser cachée. De plus, la sexualité anale semble pour beaucoup sortir de l’ordinaire. Nous en parlons très peu.
Pourtant, l’anulingus, comme tu le décris, est pratiqué par un couple sur quatre en France.
Si tu comprends l’anglais, je te suggère cet excellent podcast sur le thème de la sexualité anale.
Comme mentionné dans ce podcast sur la sexualité anale, celle-ci est souvent entourée de honte. On a tendance à le voir comme une partie du corps qui est sale. Pourtant, l’anus est une zone très érotique du corps qui comprend beaucoup de terminaisons nerveuses. En l’occurrence, elle peut procurer énormément de plaisir. Malheureusement, c’est aussi une région qui n’est souvent pas stimulée adéquatement et beaucoup de personnes ont de mauvaises expériences avec celle-ci. Cela ajoute à toutes les idées négatives que les gens se font des pratiques associées à l’anus. Il est donc important d’approcher la sexualité anale avec l’idée de procurer du plaisir à la personne qui reçoit la stimulation.
Par contre, même si cela n’est pas toujours facile, démarrer une discussion sur nos fantasmes sexuels peut ouvrir tout un horizon de possibilités pour un couple.
Il y a plusieurs manières de démarrer une telle discussion. Un moment intéressant pour le faire peut être, par exemple, après une relation sexuelle. Tu peux demander à ta partenaire des questions telles que : «Qu’est-ce que tu as aimé?», «Est-ce que tu as aimé ci ou cela?», «Qu’est-ce que tu as moins aimé?», «Qu’est-ce que tu aimerais?», «Est-ce que tu as des fantasmes que tu aimerais réaliser»…
Tu peux également débuter la conversation en t’intéressant à son univers érotique.
«Est-ce que tu te masturbes?», «Comment aimes-tu te masturber?», «À quoi penses-tu quand tu te masturbes», «Consommes-tu des médias érotiques?», «Que lis-tu? /  Qu’écoutes-tu? / Que regardes-tu?», etc.
Tu peux enchaîner en partageant tes propres préférences selon son niveau d’aisance, ses intérêts ou ses questions.
Sinon, si tu as plus de difficulté à t’exprimer verbalement sur ce sujet, tu pourrais lui proposer de lire, de regarder ou d’écouter un médium érotique avec toi et de partager avec elle une discussion sur ce que vous avez regardé ou sur vos préférences et limites mutuelles. Vous pourriez sinon aller visiter une boutique de sexe (sex shop) ensemble et tu pourrais initier une conversation à partir de ce que vous observez autour de vous.
Ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise de parler de partenaires antérieur.e.s, mais cela peut également être une avenue intéressante pour avoir une idée de comment elle pourrait se sentir par rapport à tes préférences sexuelles. «As-tu le souvenir d’une relation sexuelle que tu as particulièrement aimé?», «Voudrais-tu me le.la montrer?», «Qu’est-ce qui te déplaît le plus chez un.e partenaire sexuel.le?», etc.
Comme le mentionne Shinri dans sa réponse à une question semblable, que je te recommande d’ailleurs d’aller lire, il peut être intéressant de remplir des fiches de «yes, no, maybe» (oui, non, peut-être) avec ta partenaire.
Cela permet, en premier lieu, à ce que vous vous posiez vous-mêmes des questions sur ce que vous aimez, ce que vous pourriez peut-être aimer et ce qui ne vous intéresse pas du tout. Si vous ressentez de l’inconfort à l’idée de dévoiler entièrement vos fantasmes, vous pouvez remplir ces fiches de manière séparer et discuter, par après, de ce que vous vous sentez à l’aise de partager Dans tous les cas, c’est un outil assez intéressant pour démarrer une discussion sur le fantasme, l’exploration sexuelle et le consentement.
Voici quelques exemples de listes :

  1. https://www.autostraddle.com/you-need-help-here-is-a-worksheet-to-help-you-talk-to-partners-about-sex-237385/

2. http://www.thatotherpaper.com/files/Yes_No_Maybe.pdf
3. https://fr.scribd.com/document/409442377/Bad-Girl-s-Bible-BDSM-Checklist
Si cela semble trop formel, une autre manière intéressante d’explorer les préférences sexuelles, dans un cadre consentant, avec son ou sa partenaire est d’utiliser la méthode du «chaud, tiède et froid» ou du «rouge, jaune et vert». C’est une technique que les gens ont tendance à utiliser avec de nouveaux/nouvelles partenaires qui consiste à jouer à découvrir le corps de l’autre ainsi que ses préférences sexuelles en utilisant un code comme «chaud, tiède et froid» pour exprimer qu’un acte procure beaucoup de plaisir (chaud ou vert), est plutôt neutre (tiède ou jaune) ou que ce qui l’acte devrait prendre fin (froid ou rouge).
Cela peut être un jeu amusant pour explorer vos intérêts mutuels tout en restant dans le consentement. C’est une activité assez fluide qui permet de prendre en compte les sentiments du moment parce que, parfois, on peut ressentir des inconforts dans la sexualité et il est important de les adresser même s’ils sont passagers. Cela permet aussi d’apprendre petit à petit ce qui procure du plaisir à son ou sa partenaire ce qui n’est, de toutes évidences, pas sans intérêt.
Il est important de discuter, par après, de la signification des verts, des jaunes et des rouges ayant eu lieu lors de la relation sexuelle.
J’espère que ma réponse t’aidera dans tes aventures romantiques et sexuelles.
Hasta la vista,
Marie-Claire Jones


About Marie-claire

Marie-Claire détient un baccalauréat en sexologie de l'université du Québec à Montréal. Elle aime le vélo, lire avec un cappuccino à la main et donner des surnoms moches à ses chats.


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