Étant assigné homme, j’adore porter une prothèse mammaire… Est-ce possible d’avoir recours à une augmentation mammaire?


Bonjour,
Je suis un homme ( d’un point de vue anatomique) de 34 ans qui se sent bien dans son couple( je suis Pansexuel) et dans son corps à une exception pret : mes pectoraux( quand je me regarde dans un miroir j’ai la sensation qu’il me manque quelque chose à ce niveau là). J’ai acheter une prothèse mammaire en silicone pour voir ce que cela faisait et bien j’ai adorée. Je la met dès que je rentre du boulot et pour la vie de tous les jours ( course, promenade,…). Je me sens vraiment complète avec et je suis triste quand je dois l enlever. Je porte également au quotidien des sous vêtements de femme, des mini shorts, T-shirt, … mais pas de robe. Quand je rentre dans un magasin de vêtement je regarde aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Je me maquille également mais c’est soft( unifier le teint). J’aime quand mon copain me donne des petit surnom telle que : ma chérie , ma belle, mon adorée,…j’aime lui dire que je suis sa femme. J’espère que je ne me suis pas trop étaler et que mes propos ne sont pas trop brouillons. J essaye de donner un maximum de détail afin que vous compreniez mieux ma situation. Donc voilà mes deux questions :
1: connaissez / êtes vous des personnes dans la même situation et que ce sont faites opérées ( Uniquement de la poitrine).
2: j’ai également peur qu’une fois que j aurais ce que je désire je continue sur ma lancer pour ressembler davantage à une « femme »(point de vue physique).
je me sens vraiment perdu…
Merci

Héloïse

Hello Héloïse!

 

Merci de nous faire confiance. 🙂 Ta question est très claire, et j’arrive à facilement suivre le fil conducteur de ton témoignage. Tu possèdes une prothèse mammaire en silicone et tu adores la porter. Tu aimes porter des vêtements de différents styles et un peu de maquillage. Tu apprécies que ton copain utilise des surnoms affectueux féminins.

 

Aujourd’hui, tu considères l’option d’une chirurgie d’augmentation mammaire, car tu as vraiment l’impression qu’il y a quelque chose qui manque au niveau de ton torse. Si je comprends bien, tu ne te considères pas nécessairement en tant que femme et tu aimarais savoir, d’une part, s’il y a d’autres gens comme toi et, d’autre part, si ces sentiments par rapport à ton genre pourraient changer à l’avenir.

 

Chose première : ton corps t’appartient, tu as le droit de prendre des décisions informées à propos de celui-ci afin d’être plus confortable, même si cela ne correspond pas aux normes en vigueur. Ce n’est pas la même chose, mais certains hommes se rasent/s’épilent complètement ou en partie, d’autres préfèrent le poil, certaines femmes ont des réductions ou des augmentations mammaires. Même si certaines caractéristiques sont valorisées au sein de certains sous-groupes de la population, il ne s’agit pas d’obligations.

 

Pour ce qui est du fonctionnement pour avoir accès à la chirurgie en Belgique, cela nécessiterait un peu plus de recherche. Je sais que certaines personnes, pas toustes, passent par l’hormonothérapie entre autres pour l’augmentation de la taille de la poitrine (plus d’info ici, et quelques infos sur l’augmentation mammaire également). Bien que les effets varient selon les personnes, les changements sont relativement légers et plusieurs se tournent ainsi vers la chirurgie. Pour les deux options, le parcours pour que les soins soient couverts par les assurances, il faut généralement passer par un.e professionnel.le de la santé mentale afin d’obtenir un diagnostic de dysphorie (ou d’incongruence) de genre, c’est-à-dire un inconfort avec le fait d’être perçu en tant qu’homme ou un désir de modifier ces caractéristiques sexuelles primaires ou secondaires. Lo professionnel.le ne peut être dans ta tête, et il est toujours possible de préparer un discours qui embellit, camoufle ou insiste sur certains détails plutôt que d’autres. La chirurgie peut autrement être payée de ta poche, ce qui revient à quelques milliers d’Euros selon les chirurgien.ne.s.

 

Bref, pour revenir à tes questions, à savoir si d’autres personnes sont dans des situations semblables à la tienne, mais oui! Chaque personne et chaque parcours est unique, mais il y a des différences et des points communs entre certains. Il y a définitivement des hommes qui décident d’adopter une apparence allant à l’encontre de ce qui stéréotypiquement attendu d’eux. Ici au Québec, il y a Jay du Temple et Hubert Lenoir qui défient les normes de masculinité traditionnelles. Aux États-Unis, il y a Mark Bryan, un homme cis et hétéro qui incorpore des jupes et des talons hauts dans son style de tous les jours. Ils ne sont pas les seuls, ni les premiers. Si je regarde dans les questions qui ont été posées à notre organisme, il y a aussi des récits qui diffèrent mais qui ressemblent en partie au tien. Il y a une personne qui voulait une ablation des seins sans passer un processus de transition de genre. Une autre personne voulait prendre des hormones généralement associées à une transition médicale afin d’augmenter la taille de ses seins. Yvon, un homme marié depuis 40 ans, voulait avoir “des seins de femme”. Jeff s’habillait au fémin et voulait des “vrais seins”. Dans le fond, ce que je veux te dire c’est qu’il y a tout un océan de configuration et de possibilités!

 

Pour la deuxième partie de ta question, je ne pourrais pas te dire comment tu vas te sentir ou ce que tu désireras dans 6 mois, l’année prochaine ou dans 5, 10 ou 25 ans. Jusqu’à un certain point, je ne pense pas que tu puisses savoir sans l’ombre d’un doute non plus. Il arrive que nos objectifs, nos attentes et nos besoins évoluent avec le temps,il arrive aussi qu’ils restent au même point. Par exemple, tu pourrais ressentir un jour le désir d’essayer des nouveaux pronoms et prénoms, de porter plus de maquillage ou des robes. Tu pourrais aussi commencer à porter tes seins au travail et avec ton entourage, surtout que tes collègues et tes proches risquent de remarquer si tu optes pour une chirurgie. Cela peut sembler être de grandes étapes pour le moment, mais cela se met en place graduellement à ton rythme. Et c’est tout à fait possible que ça ne t’intéresse pas, et c’est correct aussi. Ce qui est surtout important à retenir selon moi c’est que tu n’as pas besoin d’avoir peur de ces possibles changements. Tu peux tenter de t’écouter et de garder une attitude d’ouverture et de curiosité face aux différentes possibilités. Si tu décides d’entreprendre d’autres démarches pour être plus confortable et que tu es au courant des effets et des risques possibles, je ne pense vraiment pas qu’il y ait de problème avec cela. 

 

Je te propose aussi de lire cette réponse de mon collègue Séré, iel explique avec nuances qu’être trans ou non-binaire et vivre une transition ce n’est pas toujours seulement une “opération de changement de sexe”, une transformation totale ou le fait de devenir une personne différente. Il y a beaucoup de parcours qui n’impliquent pas de détester son corps ou son genre.

 

Tu ne le mentionnes pas spécifiquement, mais si jamais tu te poses des questions en lien avec ton identité ou ton expression de genre, tu peux venir nous en parler. 🙂 Il nous arrive très régulièrement de répondre à des gens qui ne savent pas s’iels se situent quelque part dans la masculinité, la féminité, la non-binarité, entre ces catégories, en fluctuation ou complètement ailleurs. Je te mets quelques exemples rapides, mais il y a aussi toute la section En questionnement – identité de genre.

 

J’espère que le tout répond un peu à ce que tu cherchais! 

 

Passe une très bonne fin de journée,

 

Maxime, intervenant.e pour AlterHéros

Iel/they/them, accords neutres


About Maxime-iel

Impliqué.e dans le milieu communautaire 2SLGBQTIA+ depuis plusieurs années, Maxime a une place spéciale dans son coeur pour les jeunes de la diversité sexuelle et de genre. C'est ce qui l'a poussé à entamer un Baccalauréat en sexologie à l'UQAM. Iel s'engage à améliorer l'inclusion et la célébration des diversités, des trajectoires atypiques et de touste celleux qui ne rentrent pas dans les cases. Plus récemment, iel commence à s'intéresser à la santé mentale, au self-care, à l'abolition du capitalisme et au repos une fois de temps en temps. Fervent.e amateur.e de pluie, ses couleurs préférées sont le gris et les arcs-en-ciel.

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