5 informations importantes à connaître au sujet des agressions sexuelles


Une conférence sur l’agression sexuelle était présentée la soirée du 13 octobre par l’Association for the Treatment of Sexual Abusers (ATSA) et le Regroupement des intervenants en matière d’agression sexuelle (RIMAS). La conférence traitait des causes, des conséquences et de la prévention des agressions sexuelles. Voici les différents sujets qui ont été discutés : la victimisation sexuelle, les consommateurs de pornographie juvénile, l’utilisation de la réalité virtuelle dans le traitement des agresseurs sexuels et le registre des agresseurs sexuels.

En ce qui concerne la victimisation sexuelle, la psychologue Delphine Collin-Vézina a discuté des barrières de dévoilement. La recherche a démontré qu’elles comportent trois types de facteurs : socioculturels, relationnels et individuels. D’autre part, Isabelle Daigneault, également psychologue, a présenté les différents types de conséquénces présentes chez les victimes d’agressions sexuelles.

Au sujet des consommateurs de pornographie juvénile, Caroline Girard de la Sûreté du Québec a présenté les types des différents organismes de police. Elle note qu’il est important de changer notre vision de la pornographie juvénile en la nommant plutôt comme “images d’abus chez les enfants”.

Le psychologue Patrice Renaud nous a permis d’explorer le sujet de la réalité virtuelle pour traiter les agresseurs en créant des personnages primaires et secondaires. Selon ses propos, les avantages d’un tel projet sont les suivants : plus réel, peut tester des situations délicates, meilleur contrôle du protocole.

Finalement, les criminologues Josée Rioux et David Henri nous ont parlé du registre des agresseurs sexuels. Ils ont indiqué que le fait d’avoir un registre ouvert au public est dangereux, car cela peut amener les gens à vouloir se faire justice. De plus, le registre comporte trois problèmes : le financement, la mise à jour des données et la précision.

Voici les 5 choses importantes à savoir:

1) 1 femme sur 5 et 1 homme sur 10 ont vécu une agression sexuelle à l’enfance;
2) Dans plus de la moitié des situations d’agressions sexuelles, les victimes connaissaient leur agresseur (membres de la famille, proche, etc);
3) Le 2/3 des victimes d’agression sexuelle à l’enfance et/ ou à l’adolescence ont des problèmes psychologiques;
4) Les adultes qui ont été des victimes d’agression sexuelle à l’enfance et/ ou à l’adolescence éprouvent souvent des répercussions sur leur santé physique (particulièrement des problèmes chroniques)
5) Facteurs des barrières du dévoilement

*Socioculturels : Manques de services, stigma social, tabou de la sexualité, culture/ période historique

*Relationnels : Réseau social fragile, violence et dysfonctionnement, dynamiques de pouvoir, conscience des répercussions

*Individuels : Internalisation du blâme, mécanismes de protection, immaturité du développement

Les conférenciers :

* Delphine Collin-Vézina, Ph.D., Directrice du Centre de recherche sur les enfants et la famille de l’Université McGill. Titulaire d’une Chaire de recherche du Canada de niveau II.

*Isabelle Daigneault, Ph.D., Professeure agrégée, département de psychologie, Université de Montréal. Directrice du Laboratoire de recherche sur les trajectoires de santé et de résilience de jeunes agressés sexuellement.

*Caroline Girard, Sgt/Coordonnateur, Service des projets d’enquêtes spécialisées – Exploitation sexuelle des enfants sur Internet, Sûreté du Québec.

*Patrice Renaud, Ph.D., Professeur titulaire au département de psychologie de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) et titulaire de recherche au Centre de recherche de l’Institut Philippe-Pinel de Montréal (IPPM). Directeur du Laboratoire Applications de la réalité virtuelle en psychiatrie légale de l’Institut Philippe-Pinel de Montréal.

*Josée Rioux, MSS Criminologue (B.Sc.), travailleuse sociale (MSS), Présidente de l’Ordre professionnel des criminologues du Québec. Co-fondatrice et directrice générale du Regroupement des intervenants en matière d’agression sexuelle.

*David Henri, B.Sc. économique et politique, B.Sc. criminologie, Coordonnateur aux programmes et aux communications de l’Association des services de réhabilitation sociale du Québec.

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