Le sexisme et le racisme ont les mêmes processus mentaux


Maite Garaigordobil, professeur de psychologie à l’Université, est co-auteur de cette étude qui explore le lien que le sexisme a avec le racisme et d’autres variables. Elle explique que “les individus qui sont fortement sexistes, qu’ils soient hostiles (voyant les femmes comme le sexe inférieur) ou bienveillants (croyant que les femmes sont le sexe faible et qu’elles ont besoin d’être protégées), ont aussi des tendances racistes.”

Les résultats de l’étude [1] montrent que les deux processus sont intimement reliés, et qu’ils sont susceptibles de reposer sur des croyances plus générales sur les relations entre différents groupes sociaux. Garaigordobil déclare que “les résultats suggèrent même que de telles attitudes préjudiciables pourraient constituer un trait de personnalité.”

“Le sexisme est associé à l’autoritarisme et à un penchant pour la domination sociale” expliquent les auteurs. “En d’autres termes, les gens sexistes acceptent les hiérarchies et l’inégalité sociale, ils croient que différents groupes sociaux ont le statut qu’ils méritent, et ils ont le sentiment que la classe sociale à laquelle ils appartiennent est la meilleure.”

Pendant l’étude, il a été confirmé que le sexisme est associé à une faible sensibilité interculturelle. Les gens sexistes montrent des niveaux assez bas d’implication quand il s’agit d’interagir avec des immigrés. Ils présentent également de faibles niveaux de respect pour les différences, de confiance envers les immigrés et de désir d’interagir avec eux.

Un besoin de politiques d’éducation

Un échantillon de population de 802 participants du Pays basque âgés entre 18 et 65 ans a été utilisé pour réaliser l’étude. Son objectif principal était de déterminer les relations entre le sexisme et l’image de soi, le racisme et la sensibilité interculturelle. Ainsi, les chercheurs ont proposé différents tests, dont les résultats ont été interprétés plus tard en utilisant une méthodologie corrélationnelle.
Les auteurs ont mis en lumière l’importance et le besoin d’éducation psychologique pendant l’enfance et l’adolescence, comme moyen d’encourager l’égalité pour les deux sexes, et le respect des autres. Garaigordobil exlique que “l’une des variables qui annonce le sexisme est le préjugé. Cela implique que des interventions psychologiques visant à réduire le préjugé en général aideront à réduire le sexisme.”

Elle ajoute que “le sexisme est l’une des principales croyances qui perpétue l’inégalité entre les sexes, et que si nous gardons à l’esprit cette connexion proche entre le sexisme et les violences domestiques, le fait d’encourager l’égalité et de réduire les préjugés aura un effet positif sur la prévention de la violence en général.”

Une faible estime de soi n’est pas associée au sexisme

L’étude indique qu’il n’y a pratiquement pas de relations entre une faible estime de soi et le sexisme, ce qui va à l’encontre des hypothèses initiales des auteurs. “Etant donné le rôle important que l’estime de soi joue dans les relations interpersonnelles, nous espérions trouver une corrélation négative, ou plutôt que plus l’image de soi était faible et plus le niveau de sexisme était important.

Il a été confirmé, dans des études précédentes, qu’une faible estime de soi pouvait conduire à des relations interpersonnelles négatives telles que de la domination ou de l’agressivité. Cependant, malgré cela, les chercheurs insistent : “ces données nouvelles indiquent qu’il n’y a presque pas de relation entre ces deux variables et que quand il y en a, on ne les trouve que chez les hommes et qu’elles ne sont pas très fortes.”

Cependant, le sexisme a effectivement une influence sur la façon dont les individus se perçoivent eux-mêmes. “Les hommes avec des niveaux élevés de sexisme hostile se décrivent eux-mêmes en utilisant des adjectifs associés à la masculinité, comme physiquement fort, brave, sûrs d’eux-mêmes, déterminés, admirable, etc.” dit-elle. “Les femmes qui affichent un sexisme hostile se décrivent en utilisant des caractéristiques qui vont à l’encontre de la féminité, comme n’étant pas très coopérative, par très tolérante, pas très passionnée ni trop sensible ou sentimentale.”

En outre, les hommes qui ont des scores élevés de sexisme bienveillant se décrivent eux-mêmes en utilisant des adjectifs associés à la féminité (chaleureux, amical, gentil, etc.). C’était aussi le cas pour les femmes qui affichaient un sexisme bienveillant.

Au regard du sexisme et de ces liens avec la perception de soi, nous devons garder à l’esprit que cela n’affecte pas les hommes et les femmes de la même façon. Garaigordobil déclare que “tandis que le sexisme permet aux hommes de continuer à vivre dans une position de supériorité, il empêche les femmes de développer pleinement leur potentiel.” Cela signifie que les relations entre ces deux concepts sont différentes pour les deux sexes.

[1] Maite Garaigordobil, Jone Aliri. Sexismo hostil y benevolente : relaciones con el autoconcepto, el racismo y la sensibilidad intercultural. Revista de Psicodidáctica, 16(2) : 331-350, 2011.


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