Le Pentagone se résigne à la fin du tabou Don’t ask don’t tell


Le ministère américain de la Défense s’apprête à annoncer l’acte de décès officiel du “Don’t ask, don’t tell”, qui obligeait les militaires gays à dissimuler leur homosexualité sous peine de renvoi. Le Pentagone a élaboré de nouveaux manuels et préparé les forces armées à cette nouvelle politique.

Sept mois après le vote de la loi abrogeant le texte interdisant aux soldats américains d’afficher leur homosexualité, le Pentagone s’apprête à annoncer que l’armée est enfin prête à l’abolition du tabou gay dans ses rangs. Cette “certification” devrait être effectuée ce vendredi, affirment plusieurs médias américains.

L’abrogation de la loi controversée dite “Don’t ask, don’t tell” (ne rien demander, ne rien dire), qui obligeait depuis 1993 les militaires gays à dissimuler leur homosexualité sous peine de renvoi, remontait au 18 décembre, avec le vote en ce sens du Sénat américain. Son entrée en vigueur restait cependant à l’appréciation de l’exécutif. Or, les responsables du Pentagone souhaitaient pouvoir préparer leurs troupes à l’arrivée de soldats ouvertement homosexuels.

70% des militaires favorables à l’abrogation du tabou
Cette certification signifie donc que le président Barack Obama, le secrétaire à la Défense Leon Panetta et le chef d’état-major interarmées Mike Mullen affirment officiellement que l’armée est prête. Une fois certifiée, la nouvelle loi entrera en vigueur après un délai de 60 jours, soit vraisemblablement à la fin septembre.

70% des militaires américains sont favorables à l'abrogation du tabou Don't ask don't tell.

Au cours des sept derniers mois, le Pentagone a élaboré de nouveaux manuels et préparé l’ensemble des forces armées à cette nouvelle politique. Le sujet a fait l’objet d’un débat passionné dans la société américaine avec l’intervention de personnalités telles que la chanteuse Lady Gaga en faveur de l’abolition du tabou gay, le qualifiant de discriminatoire. Mais certains élus, essentiellement républicains, et certains hauts gradés de l’armée comme le patron des Marines, le général James Amos, craignaient que cela ne nuise à l’efficacité des soldats au combat.

La nouvelle loi n’a finalement été votée en décembre qu’après la publication d’une étude montrant que 70% des 115.000 militaires et 44.000 conjoints de militaires interrogés étaient favorables à l’abrogation du tabou gay dans l’armée. La législation de 1993 était également attaquée sur le front judiciaire pour son caractère discriminatoire. Elle a conduit au renvoi de l’armée de quelque 14.000 soldats en raison de leur homosexualité, selon des sources associatives.

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