Ces bactéries qui nous défendent contre la vaginite et certaines ITS


Après quelques sujets plutôt légers, allons-y aujourd’hui les filles pour un sujet plus intime et important pour notre santé sexuelle. Voici les dernières découvertes en matière de santé vaginale…

Quand on parle de maladies transmises sexuellement, on s’attend à ce que les bactéries soient l’ennemi à abattre. Toutes les bactéries, sans exception. Mais il apparaît de plus en plus clairement qu’en fait, nous comptons aussi de précieuses alliées parmi elles, qui protègent les femmes contre la vaginite et, par la bande, contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Reste à comprendre comment…

Oh, certes, il n’y a pas que des «héroïnes» dans cette histoire. En fait, comme le soulignait hier la professeure de gynécologie de l’Université de Pittsburgh Sharon Hillier dans le cadre du congrès biannuel de la Société internationale de recherche sur les MTS (ISSTDR), qui se tient à Québec cette semaine, les femmes qui souffrent de vaginites bactériennes ont, selon l’étude, de 1,4 à 2,9 fois plus de chances de contracter le VIH que les autres. Elles courent aussi un plus grand risque d’attraper la gonorrhée et l’herpès – et il semble que ladite vaginite les rend aussi plus contagieuses… «Ce n’est vraiment, vraiment pas une bonne chose», dit Mme Hillier.

D’où l’intérêt de comprendre ce que ces bactéries font là. Comme pour les autres parties du corps (l’intestin surtout, mais aussi les poumons, les oreilles, etc.) qui abritent des colonies bactériennes, on en sait encore très peu sur nos relations avec ces bestioles. Mais quelques percées très récentes commencent à lever ce voile, à nous montrer lesquelles sont les vraies «héroïnes», les vraies «méchantes» et les «témoins passifs», exposait hier Mme Hillier.

Normalement, la paroi vaginale est tapissée de plusieurs espèces de bactéries, principalement des lactobacilles, une famille de bactéries en forme de bâtonnet qui sécrètent de l’acide lactique. «En rendant le milieu plus acide et en occupant l’espace disponible, elles gardent à distance les autres espèces de bactéries qui provoquent une réaction inflammatoire. Cela pourrait expliquer la protection contre le VIH car, par définition, l’inflammation attire les cellules immunitaires, ce qui donne plus de cibles au VIH», explique Mme Hillier.

Mais les lactobacilles sont une famille nombreuse dont les membres ne protègent pas tous également. Ainsi, on a longtemps pensé que c’étaient les lactobacilles qui, en plus de produire de l’acide, sécrétaient aussi du peroxyde d’hydrogène (H2O2, un puissant microbicide) qui avait les plus grandes vertus, mais ce n’est pas le cas. «Les fluides cervicovaginaux et le sperme bloquent l’activité du peroxyde», dit la chercheuse.

La paroi vaginale est tapissée de plusieurs espèces de bactéries protectrices.

Une lactobacille efficace
Dans une affiche présentée au congrès de l’ISSTDR, une autre équipe (dont Mme Hillier fait partie) a trouvé que la présence d’une espèce de lactobacille en particulier, L. crispatus, diminuait d’environ 2,5 fois le risque de vaginite. Trois autres espèces ont été examinées dans cette étude, mais ont semblé n’avoir aucun effet. «Alors L. crispatus semble bien être un action hero, je crois qu’elle a un effet réel, mais on ne sait pas pourquoi et il faudra l’étudier davantage», conclut Mme Hillier.

Sournoise, la chlamydia
Les femmes qui guérissent de la chlamydia ont environ une chance sur cinq d’être réinfectées dans les mois qui suivent, vient de trouver une étude australienne. Menée par la spécialiste en santé des populations de l’Université de Melbourne Jennifer Walker, l’étude a porté sur 1116 femmes, dont 55 étaient atteintes de cette maladie transmise sexuellement. Ces 55 patientes se sont fait envoyer un test de dépistage dans les mois qui ont suivi la fin de leur traitement, et leurs résultats ont montré que pas moins de 22 % d’entre elles avaient été infectées de nouveau.

Leave a comment