Droits LGBT: un monde plus ouvert, mais…


Inspiré par l’engage ment de sa rédactrice en chef invitée en faveur des droits des gais et des lesbiennes, Métro a dressé la liste des pays qui constituent un paradis pour la communauté LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels, transsexuels et transgenres) – et de ceux qui sont pour elle un enfer.

«Je me soucie des droits sociaux et humains, a déclaré Lady Gaga à Métro au cours de la préparation de la présente édition. Et ce, parce que ça touche mes fans.» Elle n’aurait pu choisir meilleur moment pour faire cette déclaration, puis qu’a lieu aujourd’hui la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie.

Afin de savoir quels pays ont besoin d’être davantage sensibilisés à la question, nous avons interrogé un homme de terrain, Cary Alan Johnson, directeur général de la Commission internationale des droits humains des gais et lesbiennes. Son organisation, présente sur tous les continents, milite à l’échelle locale pour faire progresser les droits des homosexuels.

Tout d’abord, la bonne nouvelle. Quand on lui demande ce qu’il a noté au cours des 20 dernières années, Johnson répond : «Des progrès considérables.» «Chaque pays européen assure la protection des droits de tous ses citoyens, et plusieurs assurent la protection des droits familiaux des gais, notamment les droits relatifs au mariage, expose-t-il. Et partout en Amérique latine, l’homosexualité a été décriminalisée. De plus, des progrès ont été enregistrés dans quelques pays africains.

Dans les deux tiers d’entre eux, l’homosexualité est toujours un crime, mais dans quelques-uns, comme au Mozambique, on commence à parler de respect à l’égard des homosexuels. Et l’Afrique du Sud a été jusqu’à intégrer à sa constitution, qui est la plus progressiste du monde, le droit au mariage et à l’adoption pour les homosexuels.»

Maintenant, la mauvaise nouvelle : même dans les pays progressistes, les violences persistent. En Afrique du Sud, le mois dernier, Noxolo Nogwaza, une activiste lesbienne de 24 ans, est décédée après avoir été poignardée avec un tesson de bouteille au cours de ce qu’on appelle localement un «viol correctif». Un condom usagé et une bouteille de verre brisée ont été retrouvés sur son cadavre.

L’Afrique du Sud est «un pays violent à l’égard des femmes en général», fait remarquer Johnson. Mais ce crime horrible est la preuve qu’il est difficile d’éradiquer la discrimination. Et de nombreux pays semblent même ne pas vouloir que ce phénomène disparaisse. «Les pays du Proche-Orient et de certaines régions d’Afrique sont toujours embourbés dans un conservatisme social qui favorise ce genre de violence», explique Johnson, avant d’ajouter que la pauvreté et la religion compliquent également les choses. Et, pire, les enfants qui sont «différents» se voient souvent interdire l’accès à l’école.

«En Ouganda, les lesbiennes sont renvoyées de l’école, illustre-t-il. Au Bélize et ailleurs dans les Caraïbes, les jeunes transgenres ne peuvent pas y aller eux non plus. Au Pakistan et au Bangladesh, les familles refusent de payer les droits de scolarité de leurs enfants jugés “anormaux”. Or, si vous ne pouvez aller à l’école, vous ne pourrez subvenir à vos besoins et vous ferez toujours l’objet de discrimination.»

Que peut-on faire? Militer. S’unir. Et être patient. Le remède que prescrit Johnson est à la fois simple et complexe : «Il faut du temps.» «C’est un phénomène générationnel», analyse de son côté Lady Gaga. Les gens accepteront les homosexuels quand ils comprendront que ce sont des personnes normales, comme leur postier, leur médecin ou… leur star préférée.

«Lady Gaga transcende la question, dit Johnson. Nous ne pouvons pas tous être aussi libres de jouer avec les concepts de genre, de sexualité, de spiritualité et de religion. Elle le fait pour nous et elle le fait contre vents et marées. Il faut savoir apprécier son militantisme à sa juste valeur. C’est, dans le sens fort du terme, une porte-parole.»

Des progrès récents…

Don’t ask, don’t tell
L’an dernier, aux États-Unis, après des années de débat, un projet de loi permettant aux Américains de se joindre à l’armée sans avoir à cacher leur homosexualité a été voté. La loi n’entrera pas en vigueur avant que de nouvelles études portant sur la possibilité d’actes de violence homophobe au sein des troupes soient réalisées.

 

 

Chaque pays européen assure la protection des droits de tous ses citoyens, et plusieurs assurent la protection des droits familiaux des gais, notamment les droits relatifs au mariage

 

Mariages à Mexico
Il y a deux ans, la ville de Mexico a légalisé le mariage entre conjoints de même sexe. La loi est entrée en vigueur l’an dernier, ce qui a incité d’autres régions du pays à faire de même. L’Argentine a imité Mexico au début de 2010, et d’autres pays d’Amé rique du Sud envi sagent de voter des lois similaires.

En Inde
En 2009, la Haute Cour de Delhi a décrimina-lisé l’homosexualité partout en Inde. Bien que cette mesure soit attaquée sur le plan légal, «elle a permis à des millions de personnes de sortir de l’ombre», se réjouit Cary Alan Johnson, de la Commission interna tionale des droits humains des gais et lesbiennes, qui espère que d’autres pays suivront l’exemple de l’Inde.

Au tour du Rwanda
«La guerre a enseigné aux Rwandais qu’il est très dangereux de monter un groupe de personnes contre un autre, explique Johnson. Le Rwanda a ainsi ratifié une déclaration de l’ONU portant sur la protection des droits des LGBT.»

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