Les cas d’homophobie se multiplient sur Internet


Les choses s’améliorent au travail mais se dégradent sur Internet et dans les lieux publics.L’an dernier, un millier et demi de cas de comportements homophobes ont été recensés.

L’homophobie est une aversion pour les homosexuels. « Elle se développe dans les contextes où l’anonymat est possible », constate l’association SOS homophobie dans son rapport annuel, publié hier. Partout où les homophobes pensent être à l’abri de poursuites judiciaires.

Internet est un espace particulièrement exposé. « C’est une arme redoutable », note le rapport. Un cas d’homophobie sur cinq provient d’un internaute qui s’exprime, sous pseudonyme, sur des forums ou qui laisse des messages sur des blogs d’homosexuels. Certaines victimes sombrent « dans la dépression à la suite d’attaques à répétition ».

Autres lieux à risques : les espaces publics, places, transports en commun, commerces… « Il y a une visibilité croissante des gays et des lesbiennes dans la société mais un durcissement de l’homophobie », explique Bartholomé Girard, président de SOS homophobie. Les endroits de rencontres sont régulièrement « visités ». Des bandes homophobes viennent y commettre des agressions, relève l’association.

Un cas d'homophobie sur cinq provient d'un internaute qui s'exprime, sous pseudonyme, sur des forums ou qui laisse des messages sur des blogs d'homosexuels.

Rayon de soleil dans cette grisaille, les actes diminuent légèrement sur les lieux de travail. En 2010, l’association a enregistré 1 483 cas, soit une hausse de 18 %. Le plus souvent, il s’agit d’insultes. Hélas, ce sont aussi des coups. L’an dernier, SOS homophobie en a recensé 142, soit 42 % de plus. Ces actes frappent les hommes (75 %), les femmes (23 %) et les transsexuels (2 %).

Prison avec sursis. Le tribunal pour enfant de Lyon a condamné, hier, une adolescente de 17 ans à trois ans de prison avec sursis. Elle avait insulté et blessé un homosexuel de 35 ans, qui faisait ses courses avec son compagnon, en mars 2010, dans la galerie d’un centre commercial.

Anniversaire. Quelques homosexuels rappellent que le 12 juin 1981, un mois après l’élection de François Mitterrand à la Présidence, le ministère de l’Intérieur supprimait le fichage des homosexuels etrayait l’homosexualité de la liste « des désordres mentaux ». Le 20 décembre 1981, le Parlement votait la loi qui « dépénalise » l’homosexualité.

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