Les antirétroviraux empêchent la transmission du VIH


Trente ans après le début de l’épidémie de sida, un essai clinique international publié jeudi aux États-Unis démontre qu’un traitement précoce avec des antirétroviraux élimine quasiment le risque de transmission par des personnes séropositives.

Des hommes et femmes contaminés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), responsable du sida, prenant assez tôt des antirétroviraux, réduisent de 96% le risque d’infecter un partenaire sexuel sain, montre l’essai.

L’étude a été menée auprès de 1763 couples, pour la plupart hétérosexuels, dans neuf pays dont l’Afrique du Sud, l’Inde, le Brésil et les États-Unis.

«C’est une excellente nouvelle», souligne le Dr Myron Cohen, de l’Université de Caroline du Nord, qui a dirigé l’essai, baptisé HPTN 052.

«Cet essai clinique montre de façon convaincante que traiter des séropositifs avec des antirétroviraux au plus tôt peut avoir un impact majeur pour réduire la transmission du VIH», s’est félicité le Dr Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses aux États-Unis, organisme qui a financé l’étude.

«Les précédentes données sur le potentiel des antirétroviraux pour réduire la contagion d’un séropositif provenaient seulement d’études observationnelles ou épidémiologiques», explique-t-il.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’ONUSIDA se sont réjouies de ces résultats.

«Cette percée scientifique change considérablement la donne et assurera l’avancement de la révolution de la prévention. Elle place le traitement anti-VIH au rang des nouvelles options de prévention prioritaires», a déclaré Michel Sidibé, directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA).

«Nous devons maintenant nous assurer que les couples ont la possibilité de choisir le traitement de prévention et qu’ils y ont accès», a-t-il ajouté.

Selon le Dr Wafaa el-Sadr, professeur de médecine à l’Université Columbia de New York et membre du groupe ayant mené l’essai, celui-ci «sera toujours considéré comme une étude phare qui pourrait bouleverser mondialement le traitement et la prévention du VIH».

«Des thérapies précoces avec des antirétroviraux sont la meilleure approche pour les personnes séropositives et leurs partenaires séronégatifs et nous encourageons vivement les efforts mondiaux visant à offrir ces traitements à tous ceux qui en ont besoin», insiste le Dr Sten Vermund, de l’Université Vanderbilt of Medicine, au Tennessee, un des principaux chercheurs de l’étude.

L'étude a été menée auprès de 1763 couples, pour la plupart hétérosexuels, dans neuf pays dont l'Afrique du Sud, l'Inde, le Brésil et les États-Unis. PHOTO: STÉPHANE DE SAKUTIN, AFP

Lancé en 2005, l’essai clinique devait se conclure en 2015. Mais les résultats ont été publiés plus tôt dans le cadre d’une analyse intermédiaire effectuée par un groupe indépendant d’évaluation.

Les sujets séropositifs sélectionnés (890 hommes et 873 femmes) devaient avoir une charge virale -nombre de copies du virus dans leur sang et mesure de la santé du système immunitaire entre 350 à 550 par millimètres/cube. Ils n’avaient de ce fait pas besoin de traitement pour rester en bonne santé.

Chez les couples dont le conjoint séropositif a pris des antirétroviraux, seul un cas de transmission a été constaté, contre 27 dans le groupe témoin.

Les chercheurs soulignent cependant que ces résultats interviennent dans des couples sérodifférents et «qu’on ne peut pas généraliser ces résultats à la population dans son ensemble», notamment chez des patients séropositifs «qui ont de nombreux partenaires et n’ont pas la même constance dans la prise de leur traitement».

Le sida a fait plus de 25 millions de morts et plus de 60 millions de personnes ont été contaminées par le VIH depuis le premier décès enregistré en 1981.


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