Chapeau à Célébrations de la Fierté de Montréal : leur travail visant à faciliter l’inclusivité porte fruits!


Je m’en souviens comme si c’était hier. Dans le branle-bas qui a suivi l’annonce par Divers/cité, en 2007, qu’ils ne s’occuperaient plus du défilé et de la journée communautaire, la communauté LGBT s’est serré les coudes afin que cette tradition survive à Montréal. C’est alors que sont nées les Célébrations de la Fierté de Montréal.

Dans un désir de créer un événement vraiment inclusif, tout a débuté par la dénomination officielle de l’organisme qui allait être celle de Célébrations LGBTA, c’est-à-dire, une fête où tant les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transsexuelles, transgenres, ainsi que leurs alliés et amis, seraient les bienvenus et leur participation mise en valeur. Bref, en passant de la Fierté gaie et la Fierté LGBTA, on créait un événement où l’inclusivité serait à l’honneur et serait même célébrée.

Avec le recul, nous pouvons aujourd’hui dire à toute l’équipe de Célébrations de la Fierté de Montréal qu’ils ont accompli leur mission avec brio!

Prenons, à titre d’exemple, les personnes transsexuelles et transgenres qui n’ont jamais été aussi

photo: Carl Éthier – Célébrations de la Fierté de Montréal

présentes au sein de la journée communautaire et, surtout, au sein du défilé où, depuis deux ans, un contingent de personnes trans chapeauté par l’Association des transsexuel(le)s du Québec (ATQ) défile désormais fièrement avec l’ensemble des groupes.

Le fait que l’une des deux porte-paroles de l’événement, Michelle Blanc, soit issue de la communauté transsexuelle n’est sûrement pas étranger au fait que les personnes trans se sentent désormais plus que bienvenues.

Le fait également que le discours du président des Célébrations, Éric Pineault, soit également LGBTA y est sûrement aussi pour quelque chose. Comme dans cet excellent article de la journaliste Gwenaelle Reyt, du Devoir, « Nos pairs, ces héros – Des Célébrations de la Fierté dans un monde où rien n’est acquis » daté du 13 août dernier, où il était clair tout au long de l’entrevue qu’il n’était pas question de la Fierté gaie, mais de la Fierté LGBTA.

Bref, quand la lettre T n’est pas seulement accolée aux lettres LGB pour se donner bonne conscience, mais pour réellement travailler à l’inclusion de toutes nos communautés, cela donne des résultats

Le contingent Trans sous l’égide de l’ATQ
Photo: Carl Éthier – Célébrations de la Fierté de Montréal

surprenants. Les Célébrations de la Fierté de Montréal sont un puissant exemple qu’être inclusif, ce n’est vraiment pas difficile. Il ne suffit que de poser des gestes en conséquence et nous ne pouvons que leur lever notre chapeau!

De plus, les Célébrations ont réussi à faire un excellent travail d’éducation populaire. S’il arrive souvent d’entendre, pour justifier l’emploi de la Fierté gaie ou de la communauté gaie, qu’avec toutes ces lettres, les hétéros en perdent leur latin et n’y comprennent rien, en prenant 15 petites secondes pour expliquer que L=lesbienne, G=gai, B=bisexuel(le), T=trans-sexuel(le) et transgenre, A=alliés, l’équipe des célébrations fait en sorte que les médias et la population en général savent désormais de quoi il en retourne…

Profitons-en également pour saluer les efforts faits par Célébrations pour faire du défilé un événement de plus en plus « familial » et sachant attirer de plus en plus d’hétérosexuels. Les enfants accompagnés de leurs parents y sont de plus en plus nombreux, ce qui offre aux groupes participants à la parade une vitrine de sensibilisation hors-pair, notamment envers les futures générations. Selon les estimés, ce sont plus de 210 000 personnes qui assistent désormais au défilé de la rue René-Lévesque.

Espérons désormais que les gouvernements, et surtout le gouvernement fédéral, seront sensibles à tout le travail de sensibilisation, favorisant le bien-être, l’acceptation et l’inclusion des personnes LGBT qui est fait lors de ce week-end d’activités festives et sauront au cours des prochaines années offrir un financement adéquat à un événement qui le mérite amplement.


About Julie-Maude Beauchesne

Julie-Maude détient un diplôme d’études collégiales en communications, option journalisme, et termine actuellement ses études au baccalauréat en Études internationales à l’Université de Montréal. Après avoir travaillé six ans comme journaliste pour un quotidien des Cantons-de-l'Est, La Voix de l'Est, elle est aujourd’hui directrice des communications au Réseau québécois de l'action communautaire autonome (RQ-ACA). Impliquée au sein d'AlterHéros depuis 2004, elle a occupé multiples fonctions telles que la présidence de 2007 à mai 2010 et au cours de l'année 2011-2012. Elle occupe actuellement la fonction de trésorière au sein de l'organisme. Par le passé, elle a été coprésidente de la Table de concertation des gais et des lesbiennes du Québec (devenue le CQ-LGBT). En 2010, au Gala Arc-en-Ciel, elle a remporté le prix Bénévole par excellence.

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