Bunbury : l'art de la double vie mise en scène


Mais qu’est ce qu’un Bunbury? Une invention purement fictive afin d’avoir une double vie, à l’abri des regards et des commérages. Voilà comment l’intrigue de cette pièce devient, grâce aux Bunburys, des plus accrocheuses et farfelues. Avec une touche anglo-montréalaise des années 1920, des numéros de danse, de l’absurde et des comédiens de talent, ce fut un ravissement d’assister à cette soirée.

Cette pièce présenté au Théâtre Sainte Catherine, au 264 Ste-Catherine est à Montréal, est une production bilingue du metteur en scène Davyn Ryall et elle était en présentation du 13 au 16 août dernier dans le cadre des évènements de la Fierté de Montréal.

Vivre deux vies
Dans un déluge de désirs provenant des personnages, qui sont parfois plus qu’incompatibles, le public est amené à déguster l’intrigue jusqu’à la conclusion. Deux jeunes hommes, Algemon Moncrieff (Chris Nachaj) et Jack Worthing (Marc-André Poulin), vivent chacun une double vie et désirent, pour l’amour de leurs dames, s’en défaire. Ils réalisent alors, qu’il n’est pas si facile de faire mourir leur vie fictive, qui, aux yeux de leurs conquêtes, l’Honorable Gwendolyn FairFax (Aleksandra Marquis) et Cecily Cardew (Kristine Sandev), est plus intéressante que leur réalité.

Ajoutez à cela une mère qui voit pour sa fille un meilleur parti (refusant le prétendant choisi de celle-ci), un curé beaucoup plus passionné pour la tutrice de la jeune Cecily et cette tutrice, qui a un rôle plus important dans l’intrigue que l’on ne pourrait le deviner, et vous obtenez un parfait mélange pour passer une bonne soirée à rire.

Le jeu des personnages est merveilleux. Je dois avouer avoir eu une préférence pour celui de Jessica Hill et Kristina Sandev. J’ai apprécié leur petite querelle et fraternité qui m’ont fait beaucoup rire. Elles ont réussi à approfondir l’absurdité de leur personnage, pourtant sérieux, avec leur regard et leur attitude des plus rigolotes.

Le rôle d’Algemon Mocrieff est interprété à merveille par Chris Nachaj, un personnage à l’accent anglais de la classe haute et qui profite de chaque occasion pour son profit personnel.

Abus de clichés gais
Par contre, j’ai moins aimé le personnage de Lane et celui de Grisby, que Jonathan Marquis interprétait d’une façon exagérée. La touche homosexuelle qui lui a été donnée ne cadrait pas avec la situation. Cette pièce avait beau être dans le cadre de la Fierté de Montréal, cela ne justifiait pas cette intrusion forcée d’un homosexuel qui en beurrait épais de clichés.

Cette pièce est, toutefois, un miracle de logistique. Avec neuf comédiens sur scène et des chorégraphies de danse, la troupe réussit à faire vivre ses personnages sur une scène à moitié plus petite qu’une scène standard. Cette promiscuité leur à permis de créer une sensation plus intime avec les spectateurs. Mais tout au long on ressent tout de même un manque flagrant d’espace.

Mes attentes ont été comblées, avec plus de fous rires que ce à quoi je m’attendais, surtout pour une pièce de cette envergure. Aussi, je souhaite que la qualité de celle-ci se répercute sur les prochaines représentations de théâtre lors de la Fierté, car je compte bien être au rendez-vous l’année prochaine. Je suis certaine que vous en serez aussi réjouis, pour un coût raisonnable de 10$ à 15$, tout en contribuant au développement d’artistes LGBT.
 


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