Le défilé de la Fierté, un exercice encore pertinent? 1


Chaque année de nombreuses questions sont soulevées ici et là, avant, pendant ou après ces événements, particulièrement dans les médias, les lignes ouvertes ou les blogues, sur la pertinence ou non de telles manifestations publiques dites «de la fierté» : est-ce encore valable; est-ce toujours d’actualité; à quoi bon revendiquer puisque nous avons atteint l’égalité juridique?

À Montréal, alors que nous sortons à peine d’une quinzaine d’activités LGBT fort occupée, amorcée avec le festival culturel Divers/Cité et qui s’est poursuivie ensuite avec les Célébrations de la Fierté, celles et ceux qui auront assisté au défilé cette année rue René-Lévesque Est peuvent répondre à ces questions.

Elles auront remarqué, entre autres, la présence grandissante et organisée des jeunes mais aussi que la voix des communautés ethnoculturelles LGBT prend de l’ampleur.

Aider les groupes jeunesse
Les jeunes ont paradé cette année sous le slogan «pas de spectacle sans chapiteau », entendant par là leur besoin pressant d’avoir un jour prochain un lieu qui leur soit propre et qui leur permettra l’atteinte de tous les objectifs envers la jeunesse d’ici.

Les jeunes LGBT ont vraiment besoin d’un endroit, d’un espace physique où ils pourront accueillir au quotidien d’autres jeunes, un lieu qui assurera leur permanence dans l’espace public. En l’absence d’un tel espace, d’un local par et pour eux, des groupes aussi importants tels la Coalition jeunesse montréalaise de lutte à l’homophobie, Jeunesse Idem ou Jeunesse Lambda ne sont pas en mesure de remplir pleinement leur mandat.

Aider un jeune dans le besoin, ce n’est pas seulement par l’envoi d’un dépliant par la poste ou d’un courriel, ou l’inviter à consulter un site Web, etc., que le travail se fait, c’est aussi le rencontrer, prendre un café, être avec lui à ses côtés au moment voulu et, pour cela, il faut un endroit sécuritaire, accueillant.

Encore beaucoup de chemin à faire
Les membres des communautés ethnoculturelles quant à elles, avec le nouveau groupe juif LGBT Ga’ava, ont pour leur part crié haut et fort leur existence et dit qu’il reste un travail considérable à faire que ce soit en matière de lute à l’homophobie de manière générale ou au sein même de leur propre communauté en sol québécois, mais aussi plus largement au plan des droits de la personne à l’échelle de la planète.

Il ne faut pas oublier que l’homosexualité dans certains pays est encore passible de mort. On se rappellera ici les tristes images de la fierté gaie à Moscou où des groupes d’extrême droite s’en sont pris, sous l’œil complice de la police, à des gais.

D’autres groupes ont, pour leur part, parlé de sida et aussi de droits de la personne puisque l’un ne va pas sans l’autre. Plus de 20 000 Québécoises et Québécois sont atteints de cette terrible maladie. Ce défilé permet de ne pas les oublier, jamais!

Ces exemples démontrent assez bien que ces manifestations publiques ont encore leur place. Tant et aussi longtemps que les LGBT ne seront pas traités équitablement – et non comme des citoyens de seconde zone -, alors oui, il y aura encore des activités dites «de la fierté».


About AlterHéros

Depuis 2002, AlterHéros répond à vos questions en ligne au sujet de la diversité sexuelle, de la pluralité des genres et de la santé sexuelle en général. Nous organisons aussi des activités pour les jeunes LGBTQIA2S+ de 14 à 30 ans et leurs allié.e.s.


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One thought on “Le défilé de la Fierté, un exercice encore pertinent?

  • Julien G

    la gay pride est je pense un bon moyen d’exposer la culture LGBT !!! malgrés vos avancé juridique qui sont formidable il ne faut pas oublir que des gens son condané a mort pour suspition d’homosexualité de plus cela est un bon moyen de montré au jeune que la différence existe et pour rendre homage a toute les personne qui sont morte pour notre liberté

    PS : DSL pour les faute d’orthographe mais je suis dyslexique donc imcable d’écrire corectement mersi