«Maman, papa, je suis lesbienne»


Chaque troisième lundi du mois, Violaine Couture anime l’activité Visibilité lesbienne, au Centre de femme l’Essentielle de Beloeil en Montérégie. Le but de l’exercice est d’aider les femmes qui se questionnent sur leur identité sexuelle à rencontrer d’autres femmes qui connaissent la même situation.

Même si 10 % de la population est homosexuelle, l’atelier ne semble pas attirer les femmes, qui se présentent peu nombreuses aux rencontres. L’animatrice, Violaine, vit très bien le lesbianisme. Bien sûr, elle a connu des moments plus difficiles, et c’est pour ça qu’elle veut aider celles qui ont besoin de modèles, qui est une lacune dans la réalité des lesbiennes.

«Sans dire que l’homosexualité est plus facile à vivre pour les hommes que pour les femmes, on peut quand même dire qu’il y a moins de modèle pour les femmes, pense-t-elle. Quand j’étais adolescente dans les années 80, nous n’étions pas exposées au lesbianisme. Même en 2008, nous connaissons peu de modèles».

Mais Violaine a quand même décidé, un jours de 1994, de se dire «ça suffit». «J’avais 26 ans et j’avais toujours caché mon homosexualité. J’avais eu des relations avec des gars, mais je n’avais jamais habité avec eux ou je n’avais jamais eu de longues relations. Je l’ai annoncé à mes parents et tout s’est bien déroulé.» Et même qu’aujourd’hui, grâce à l’insémination, elle est mère d’un garçon qui mène une vie comme celle de tous les autres garçons.

Encore difficile

Malgré une ouverture de plus en plus grande de la population envers l’homosexualité, tout n’est pas gagné. «Je trouve triste que nous soyons encore obligés de nous battre pour faire accepter l’homosexualité. C’est aberrant, pense Violaine. Même si le contexte semble plus ouvert, nous ne sommes pas tous absents de préjugés. Au Québec, on semble plus ouvert que dans le reste du Canada. Mais il faut encore mener le combat, comme par exemple sur le don de sang.»

Encore aujourd’hui, Santé Canada interdit les dons de sang et d’organes aux hommes qui ont des relations avec d’autres hommes, à cause de probabilités statistiques.

«Certaines personnes pensent encore que l’homosexualité est un désordre mental et que l’on peut guérir une personne homosexuelle. J’ai même déjà entendu des personnes dirent que les femmes sont lesbiennes parce qu’elles sont déçues des hommes et qu’elles attendent le bon.»Violaine Couture invite donc les personnes qui vivent des conflits avec leur identité sexuelle d’en parler, de rencontrer des groupes.

«Il faut briser l’isolement, pense-t-elle. Même si ça prend du courage. Plusieurs organismes permettent cette ouverture, comme la ligne Gaie Écoute, les CLSC, les psychologues ou infirmières dans les écoles. C’est sûr qu’il n’y a pas une règle d’or pour vivre son homosexualité, mais il ne faut pas se renfermer.»

Malgré les difficultés que vivent encore les homosexuelles aujourd’hui, Violaine pense que nous sommes quand même sur la bonne voie. «Quand des lois sont votées pour donner des droits aux homosexuels, nous faisons un bon pas en avant, même si une loi, ça reste fragile.»

La prochaine rencontre du groupe Visibilité lesbienne aura lieu ce lundi, à 19 h, dans les locaux du Centre de femme L’Essentielle. Les thèmes de la rencontre sont l’homophobie et aussi les vacances. Pour plus d’information, les femmes peuvent téléphoner au 450.467.3418


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