Humour ou discrimination


Quelle est la limite entre l’humour et la discrimination? Alors qu’il est de plus en plus courant d’entendre des blagues ou de voir des sketches sur l’allosexualité en provenance de notre entourage ou dans les médias, l’organisme Jeunesse Lambda organisait récemment une discussion sur le sujet.

Ce qui est ressorti de cette discussion, c’est que tout est une question de contexte. Tout dépendant de l’endroit et des gens avec qui nous sommes, la perception que nous nous faisons des blagues peut grandement changer.

Un exemple pouvant illustrer la question du contexte est le fait que la plupart du temps, lorsque les jeunes sont dans un groupe d’allosexuels, il y a de bonnes chances pour qu’ils racontent plusieurs histoires qui passeraient beaucoup moins bien venant d’un groupe d’hétéros.

De plus, les participants ont pu constater que dans un groupe hétérosexuel, il arrive de voir l’un d’eux raconter une blague, en rire ou encore sortir une expression du genre « c’est gai » et il y a, par la suite, un malaise. Les autres personnes du groupe cherchent l’approbation de l’allosexuel, ne sachant pas jusqu’où ils peuvent aller, même si la plupart du temps, ce qu’ils ont dit est tout à fait acceptable.

L’avant et l’après coming out
Un autre contexte relevé pendant la discussion a été l’avant et l’après coming out. Les jeunes ont évoqué que la réaction positive des gens face à l’humour sur l’homosexualité est directement liée à leur acceptation des différences.

La plupart du temps, avant leur coming out, les jeunes allosexuels essaient de ne pas laisser paraître leur appréciation du sketch. Par contre, d’autres préférent calquer la réaction des gens qui les entourent.

Mais, en bout de ligne, ce qui ressort, c’est que, plus un jeune s’accepte, plus ils a tendance à rire de l’humour sur l’homosexualité et constate qu’il est très sain d’apprendre à rire de soi. De plus, puisque la majorité des blagues racontées le sont souvent par des amis proches, il ne s’agit donc pas nécessairement d’homophobie.

L’humour facile
Toutefois, les jeunes présents à la discussion ont souligné que les humoristes devraient faire preuves d’un peu plus d’imagination et de ne pas tomber dans les clichés avec des gags vieux comme le monde. Plusieurs faisaient remarquer que les numéros pouvaient tomber dans la répétition et le mauvais goût.

L’exemple soulevé par les participants : les sketches de Rock et belles oreilles lors du Bye Bye 2006 concernant les Outgames. Encore une fois, on a caricaturé les gais et lesbiennes de la même façon : des hommes efféminés ou bien travestis, et des femmes butch, masculines à l’extrême.

« Il est temps que les humoristes passent à autre chose », ont fait valoir plusieurs participants. Pour eux, il serait bon que l’on ait quelques modèles allosexuels positifs de plus pour contrebalancer le genre d’image que ces numéros peuvent transporter.


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