L’action communautaire LGBT du Québec entre dans les ligues majeures


En vertu de cette décision importante (et pour ainsi dire historique) qui a eu lieu le vendredi 15 septembre dernier, au cours d’une assemblée qui avait lieu au Centre Saint-Pierre à Montréal, l’action communautaire LGBT est désormais reconnue dans sa spécificité au sein du mouvement communautaire québécois, qui est l’un des plus dynamiques au monde.

 Il y a au moins trois aspects à souligner à cette importante nouvelle. Premièrement, par la création de ce secteur, l’action communautaire autonome LGBT s’intègre pleinement au grand mouvement communautaire du Québec (plus de 4 000 organismes). Cela suscitera, à n’en pas douter, un fructueux partage des solutions et… des problèmes.

Deuxièmement, nos différents organismes n’auront plus à « rogner » leur mission et mandat afin de s’intégrer au tout. En effet, jusqu’à vendredi dernier, faute d’un secteur LGBT dédié, nos groupes et organismes devaient faire une « gymnastique sémantique » afin de s’intégrer à l’un des 20 secteurs existants : action bénévole; autochtones; communications; défense des droits; éducation à la solidarité internationale, environnement; famille; femmes; jeunes; formation; logement; loisir; personnes handicapées; réfugiés, personnes immigrantes, communautés ethnoculturelles; coalition des Tables régionales d’organismes communautaires (TROC); Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MÉPACQ); Table nationale des Corporations de développement communautaire (TNCDC); Table des fédérations et organismes nationaux en éducation populaire autonome (TFONEPA); Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB). Cette « gymnastique » faisait en sorte qu’une bonne part de la mission réelle de nos organismes était mise de côté.

Troisièmement, en créant ce secteur LGBT, le Comité aviseur à l’action communautaire autonome enverra au gouvernement Charest, particulièrement aux responsables du Secrétariat à l’action communautaire autonome (SACA) et à la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, madame Michelle Courchesne, un message clair sur l’existence de nos réalités LGBT particulières et sur nos besoins de financement. Les budgets du SACA devront d’emblée être réévalués pour tenir compte de nos besoins financiers.

Un rôle politique important
Le Comité aviseur à l’action communautaire autonome – une coalition multisectorielle représentant depuis 1996 l’ensemble de l’action communautaire autonome au Québec – a joué un rôle primordial dans le processus d’élaboration de la politique gouvernementale de reconnaissance et de soutien de l’action communautaire (L’action communautaire, une contribution essentielle à l’exercice de la citoyenneté et au développement social du Québec, Québec, 2001).

À l’heure actuelle, les 4 000 groupes d’action communautaire autonome, chacun selon sa mission propre, travaillent à favoriser l’exercice d’une citoyenneté active : ils encouragent leurs membres à prendre la parole, à comprendre les enjeux sociaux, à se mobiliser ; ils éduquent, défendent les droits et libertés, soutiennent, accompagnent, orientent, réconfortent, hébergent, conseillent, informent, dépannent chaque année des milliers de personnes. Et ils le font depuis toujours avec des moyens extrêmement limités.

À la suite de cette décision, le président du CQGL, Steve Foster déclarait : « Afin d’investir plus efficacement ce vaste mouvement communautaire québécois, nous devons maintenant faire un travail de fond auprès de nos groupes et associations. Certains de nos organismes LGBT ne sont pas inscrits au Registraire des entreprises, d’autres n’ont pas d’outils de communication, d’autres encore ne connaissent ni l’existence du SACA ou celle du Comité aviseur… Nous entendons éduquer et sensibiliser nos groupes aux réalités gouvernementales. Au cours des mois à venir, nous travaillerons activement à une cartographie des groupes LGBT du Québec. »


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